
On souhaite un bon temps des Fêtes à Richard Goulet. On espère que le maire de Granby en profitera pour se reposer, retrouver sa bonne humeur et surtout ses esprits. Cela fait, on lui suggère ensuite d’écrire une petite lettre d’excuses à Denny O’Breham.
On pardonne habituellement les écarts de langage du bouillant politicien en mettant ça sur le compte de sa passion et de son caractère (parfois trop) combatif. Mais hier soir, le maire Goulet a dépassé les bornes de la civilité en manquant de respect envers le citoyen O’Breham à quelques reprises, le traitant à mots à peine couverts d’imbécile (voir le reportage). Ça manquait carrément de classe.
Aucun élu ne possède ce droit de ridiculiser un de ses commettants. En public comme ailleurs. Le maire, en tant que premier représentant de l’ensemble des citoyens, doit faire preuve de retenue, de politesse et de respect dans toutes ses déclarations et surtout dans tous ses échanges avec ses concitoyens.
Il est vrai que discuter avec M. O’Breham n’est pas l’activité la plus agréable. S’il pose des questions incisives sur les finances de la Ville et sur sa dette en plus de remettre constamment en question les projets de dépenses et d’investissements du conseil, son ton est parfois cassant. Nous le connaissons bien en raison d’échange de courriels où il n’est pas très tendre à l’endroit de mes collègues et moi. Cela dit, il a droit à ses opinions. Ce que nous respectons.
Que le maire désapprouve les questions, les propos et les écrits de M. O’Breham (il tient un blogue), qu’il voit en lui un emmerdeur, qu’il peste chaque fois qu’il le voit dans la salle du conseil ne change rien au respect qu’il doit démontrer à son égard en tous temps.
Lors des assemblées publiques du conseil, l’attitude du maire et des autres élus doit être empreinte de politesse. Une attitude d’ouverture doit émaner du conseil pour inciter M. Tremblay de la rue Court et Mme Bouchard de la rue Cabana à aller au micro pour poser des questions ou livrer ses commentaires sans crainte d’être rabroué ou insulté par des élus.
La démocratie, ce n’est pas seulement le droit de parole, c’est également le droit d’exprimer sa dissidence sans courir le risque d’être la cible d’attaques personnelles.
D’ailleurs, où étaient les autres membres du conseil lundi? Comment se fait-il qu’aucun des dix conseillers n’ait rappelé le maire à l’ordre suite à ses propos méprisants? On s’attend à plus de nos élus. À commencer par s’assurer que tous les citoyens soient traités avec tout le respect auquel ils ont droit. Les conseillers ont tous lamentablement échoué à cette tâche élémentaire.
Message à M. Goulet: il est possible de passer ses messages sans tomber dans la méchanceté. Vous vous demandiez si M. O’Breham était capable de comprendre vos explications sur les finances de la Ville. Nous nous demandons si vous comprendrez un jour que parfois votre attitude nuit à l’image de la Ville ainsi qu’à votre fonction.
photo Stéphane Champagne