Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 26 novembre 2010 | Mise en ligne à 16h42 | Commenter Commentaires (4)

    Les hommes de paille municipaux

    Devrait-on interdire les partis politiques sur la scène municipale? On pose la question parce que les quatre maires sur qui pèsent des soupçons de malversation sont tous à la tête d’une formation politique. Coïncidence?

    Cette culture politique pousserait-elle des élus à s’accoquiner avec des gens d’affaires? Les campagnes électorales coûtent cher aux partis politiques. Cette réalité n’échappe pas aux entreprises à la recherche de contrats municipaux. D’où leur grande générosité — par l’entremise d’un système de prête-noms impliquant des cadres et des employés — à contribuer financièrement à leur campagne.

    Non seulement les quatre maires visés par des allégations de corruption et de conflits d’intérêts (ceux de Laval, Terrebonne, Mascouche et St-Jérôme) dirigent-ils un parti politique, on peut dire qu’ils règnent en tant qu’oligarque. L’opposition, très peu pour eux.

    La Ville de Laval compte 21 postes de conseiller. Tous ses élus sont membres du Parti PRO lavallois, la formation du maire Gilles Vaillancourt. Tous!

    À Terrebonne, 14 conseillers siègent à l’hôtel de ville. Tous ont été élus en novembre l’année dernière sous la bannière de l’Équipe Robitaille, le regroupement du maire Jean-Marc Robitaille. Tous!

    La représentation politique est un brin moins homogène à Mascouche et à St-Jérôme. On est bien loin cependant d’une opposition forte et structurée.

    Dans la capitale des Laurentides, St-Jérôme, le maire Marc Gascon peut compter sur l’appui de 12 conseillers sur 13. Un siège est occupé par un indépendant alors qu’un autre est vacant depuis le décès il y a quelques temps d’un autre conseiller, membre de l’Équipe Gascon.

    Des huit postes de conseillers à Mascouche, six sont détenus par des membres de l’Équipe Richard Marcotte Ralliement Mascouche, la formation du maire du même nom. En fait, ils ne font plus équipe avec le controversé maire. Ils lui ont récemment indiqué la porte, biffant bien entendu le patronyme de M. Marcotte du nom du parti (faut être conséquent, quand même!).

    L’unanimité en politique est plus souvent qu’autrement nuisible à la démocratie. La quasi-absence d’opposition l’est également. C’est vrai à l’échelon national, c’est tout autant vrai dans le monde municipal.

    Sans opposition, tout se passe à huis clos. La critique la plus souvent entendue de la part des citoyens est l’absence de débats entre les élus lors des assemblées du conseil. Peut-être débat-on derrière des portes closes, mais ça les conseillers municipaux ne peuvent le prouver. Et débattent-ils des vraies affaires? Impossible de le savoir. Conséquence: chaque décision prise et chaque contrat accordé peut laisser planer un doute sur sa légalité ou sur son aspect éthique.

    Habituellement, on se regroupe en politique par idéologie, pour mettre de l’avant sa vision de la société et les projets pour la développer. Au niveau municipal, c’est moins évident. Les municipalités ont beau avoir toutes sortes de responsabilités, on doit admettre qu’elles s’occupent essentiellement de services assez terre à terre (déchets, recyclage, parcs, loisirs, etc.). Les chocs profonds d’idéologies sont assez rares à la table du conseil.

    Donc pourquoi des partis politiques municipaux?

    Et si le seul but de certains n’était que de s’emparer du pouvoir et l’exercer le plus longtemps possible? Tout ça avec la complicité de contributeurs plus intéressés par les contrats de voirie et de services professionnels (droit, génie, comptabilité) que par l’amélioration de l’offre de services aux citoyens. Suffit de regarder les budgets des villes pour comprendre l’attrait des gens d’affaires pour le monde municipal; plusieurs dépensent des dizaines de millions de dollars pour construire et pour réparer des rues, des réseaux d’aqueduc, des arénas et pour représenter des villes devant des cours de justice.

    Dans le dictionnaire Larousse, un terme résume bien le rôle des membres de partis municipaux, c’est l’homme de paille: «personne que l’on met en avant dans une affaire douteuse, une escroquerie qui se fait pour le compte d’autrui».

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    • Je suis vraiment décu Grand parleur. Voulez-vous insinuer dans notre monde démocratique qu’il y a derrière tout ca un beau monde d’hypocrites et de magouilles? Qu’il y aurait des gens qui tirent les ficelles? Ne trouvez-vous pas que vous exagérez fortement? Après cela quoi? vous allez dire qu’il y a des enveloppes blanches ou brunes remises à plusieurs de nos politiciens? Vous allez dire par la suite qu’il y a des nominations partisanes et quoi encore? Que des élus participent à des décisons sans se retirer ou déclarer leurs intérêts? Franchement comme quelqu’un a déja dit récemment: vous allez me faire tomber en bas de ma chaise… :)

    • Heu, on peut pas dire que les campagnes électorales coutent ben ben cher à laval, y’en a pas.

    • C’est bien beau de parler de scandale, je ne discrédite en aucun cas votre travail. Cependant, il serait important de savoir, êtes-vous vraiment un roux? Et si oui, avez-vous une âme? Merci de me publier.

      Bill Buckner – Neufchâtel – Québec

      Bonjour,

      Drôle de question. Mais voici: plus jeune, oui le roux dominait mes cheveux. Mais avec les années, le teint est passé à blond-roux. Je crois avoir quand même réussi à conserver mon âme.

      Grand parleur.

    • Je ne m’attendais jamais à ce que vous me répondiez, mais merci d’avoir pris le temps de répondre à un imbécile dans mon genre, et de prendre soin de votre lectorat, aussi stupide puis-je être parfois.

      Vous apporté un très bon point cependant. Mais en gros, je peux me tromper, mais un parti ne sert-il pas à donner de la visibilité et les moyens financiers à un candidat? Donc, si demain, tous les partis mourraient, la lutte pour un poste ne serait-elle pas plus équitable? Et que dire de l’abolition de la ligne de parti, les politiciens pourraient vraiment y aller avec leurs propres convictions. Cependant, croyez-vous vraiment que la corruption serait moins présente? J’ai des réserves.

      En second lieu, la corruption semble être présente depuis toujours en politique. Bien que je n’étais pas présent du temps de César, j’ai lu énormément sur ce sujet. Je me demande s’il est vraiment possible d’avoir un gouvernement impartiale. Et je ne crois pas que chaque politicien soit un ”crosseur” de nature, je crois que la machine finit souvent par avaler les gens. Vous savez, l’enfer est rempli de bonnes intentions.

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