Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 27 octobre 2010 | Mise en ligne à 13h17 | Commenter Commentaires (11)

    Garderies: mauvaise philosophie d’affaires

    Syndiquer les travailleuses des services de garde en milieu familial est une mauvaise idée. Non seulement les coûts pour financer tout le réseau des garderies à 7 $ exploseront, mais rien n’indique que les services offerts aux parents s’amélioreront. C’est pourtant là-dessus qu’on devrait investir des efforts.

    Le vrai problème des garderies en milieu familial subventionnées par l’État québécois se trouve d’ailleurs là, dans la qualité du service à la clientèle. La philosophie d’affaires n’est pas assez orientée pour répondre aux besoins des parents-clients. On cherche plutôt à répondre aux besoins des propriétaires de ces garderies.

    Remarquez la sémantique utilisée par les représentants syndicaux dans toute cette campagne de syndicalisation. Ils parlent sans arrêt de «responsables de services de garde en milieu familial». On imagine que c’est pour mieux faire passer dans l’opinion publique l’équité (salariale et en terme de conditions de travail) que ces travailleuses devraient bénéficier avec leurs collègues qui oeuvrent dans des centres de la petite enfance, les CPE.

    Les dirigeants syndicaux devraient en fait parler de propriétaires de garderies. Ça collerait plus à la réalité. Ces femmes opèrent en effet dans leur maison de petite entreprise. Le gouvernement leur verse 19 $ par enfant par jour. Les parents 7 $. Autrement dit, l’État achète des places dans une entreprise privée.

    Et ce statut d’entrepreneures ou de travailleuses autonomes leur confère des avantages fiscaux: déduction de leurs revenus d’une partie de leur loyer ou hypothèque, de leur frais d’électricité, de leur téléphone, de leur service internet, de leurs assurances, etc. Ce n’est pas négligeable.

    Un des arguments les plus entendus en faveur de leur syndicalisation a trait aux vacances. Elles ne s’en font pas payer. Une situation injuste, plaide-t-on du côté des syndicats. Mais combien de travailleuses autonomes ou de propriétaires de PME se font payer des vacances? Ils se les offrent à même leurs revenus ou profits. Ainsi va la logique d’être en affaires!

    Au fil des ans, Québec a multiplié les places à 7 $. Et puisqu’il est compliqué, long et très coûteux de construire des CPE, on a ouvert la vanne pour créer ces places dans des garderies en milieu familial. Des centaines de garderies en ont depuis profité.

    C’était les conditions qui existaient lorsque ces femmes ont choisi d’ouvrir une garderie. Si elles veulent les mêmes conditions que leurs consoeurs dans les CPE, elles devraient aller y travailler. Ce sont deux mondes différents.

    Les parents dont les enfants fréquentent des garderies subventionnées en milieu familial font les frais de cette lutte syndicale. En fermant leurs garderies à tour de rôle cette semaine pour faire pression sur le gouvernement, les propriétaires de ces garderies ne prouvent qu’une chose: elles ne travaillent pas pour leurs clients en leur compliquant ainsi la vie. Aucune vraie entreprise n’agirait de la sorte à l’endroit de sa clientèle. Ça défi toute logique d’entrepreneuriat!

    Cette attitude vis-à-vis leurs clients découle d’une perversion du système causé par le fait que les CPE et les garderies en milieu familial subventionnées contrôlent les places subventionnées. Le prix de 7 $ est tellement alléchant pour les parents que la demande pour ces places dépassent largement l’offre. Une situation où le client n’en sort jamais gagnant.

    Les «responsables de services de garde en milieu familial» se trouvent en position de force. Dans un tel contexte, pourquoi améliorer le service quand les clients cognent sans cesse à la porte pour inscrire leurs enfants?


    • J’ai fais les trois types de garderie. : CPE, milieu famillial à 7$ et milieu famillial non subventionné mais dont le parent peut avoir un crédit d’impôts

      Je crois que vous confondez les places à 7$ en milieu famillial et les crédits d’impôt accordés aux particuliers pour un enfant à la garderie en milieu famillial.

      La différence entre les deux contextes est énorme, sauf du point de vue du porte-monnaie puisqu’elles reviennent toutes les deux à environ 7$ par jour.

      En ce qui concerne les garderies en milieu famillial non subventionné, vous en faites une description assez réel. Ces garderies n’ont pas de critère de rendement au sens qu’elles doivent répondent seulement aux besoins essentiels de l’enfant: manger, se vétir, se loger, être en sécurtié etc.

      Oublions le développement de l’enfant. Je ne dis pas que toutes ces garderies négligent le développement, mais seulement qu’il n’y a aucune obligation.

      Sur les conditions de travail, elles peuvent se permmettent des vacances pusiqu’elles les chargent comme des journées normales et c’est la même chose pour les journées de maladie. Malgré que pour les journées de maladie, certaines garderies ne les chargent pas aux parents.

      Pour les places à 7$, elles ont les même exigences que les CPE et en plus, les propriétaires, comme vous dites, doivent faire l’entretien de l’édifice, les repas et l’administration sans aucune aide comparativement au CPE qui ont majoritairement concierge, cuisinier, adjointe administrative etc.

      Finalement, pourquoi une personne assumant les même fonctions et responsabilités et même plus, devraient avoir des conditions de travail inférieure sous le seul prétexte qu’elle travail à domicile???

    • Une des raisons pour lesquelles le programme de garderies à $7 a été créé, c’était la création d’une nouvelle cohorte de fonctionnaires syndiquées avec sécurité d’emploi à vie, “équité salariale”, pension à vie, conditions de travail formidables, etc.

      Jusqu’ici, cet objectif n’a été réalisé qu’à moitié, avec la syndicalisation des CPE qui a bien entendu entraîné une gréve suivie d’une bonification extraordinaire des conditions de travail des éducatrices spécialisées dont la formation et l’expérience en changements de couches et distributions de collations est véritablement unique au monde.

      La syndicalisation des gardiennes d’enfants à la maison va venir compléter l’objectif de brillante façon.

    • Bonjour Monsieur le Grand Parleur,

      Manifestement, vous manquez d’information et vous me décevez.

      Ce n’est pas 35 $ que les garderies en milieu familial reçoivent, c’est environ 26 $ en tout
      (7 $ des parents et 19 $ du gouvernement) .

      Ensuite, elles ne sont pas vraiment des travailleuses autonomes, ce statut a facilement été débouté en cour. Un jugement a été rendu contre le gouvernement, qui avait adopté ce statut douteux sous baillon il y a longtemps. En réalité, juridiquement, leur statut est celui d’une relation employeur-employé. Je vous renvoie aux règles juridiques concernant ce statut.
      Elles ne font que tirer parti de ce jugement, et c’est ce qu’on appelle un droit.

      Si elles étaient vraiment des entrepreneures, la question ne se poserait même pas, elle géreraient leurs garderies comme des vraies entreprises et vivraient comme de vraies entrepreneures.

      Ce n’est tout simplement pas le cas. Le gouvernement ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Que le gouvernement prenne ses responsabilités ou qu’il mette simplement la hache dedans. Comme cela, elles seront vraiment des entrepreneures.

      Et non, je ne suis pas syndicaliste, je suis simplement pour le droit.

      Au plaisir.

      Bonjour,

      Merci pour la correction sur le tarif (le texte a été modifié).

      J’étais au courant du jugement. Mon argument porte sur le fait que nombre de garderies en milieu familial étaient auparavant strictement privés avant d’obtenir des places subventionnées. On avait donc affaire à des entreprises privées.

      Syndicaliser ces travailleuses équivaudrait à nationaliser leur garderie.

      Ce programme de places subventionnées, est-ce pour offrir un service aux parents où pour créer des emplois dans la fonction publique?

      Merci pour vos commentaires.

      Bonne journée!

      Grand parleur

    • En effet, juridiquement elles sont des employées. Elles ne peuvent imposer aux clients leur tarif, leur horaire, elles ne peuvent déterminer leur programme éducatif, etc., bref elles sont assujetties au pouvoir de surveillance et de contrôle des CPE.

      Toutefois, si elles sont des employées au sens du droit du travail, elles le sont également au sens du droit fiscal: elles ont perdu les avantages fiscaux découlant du statut de travailleuses autonomes (toutes les déductions que vous mentionnez). Il est loin d’être évident que le jeu en valait la chandelle et qu’elles seront gagnantes financièrement, même si elles obtiennent de meilleures conditions de travail. Le syndicat qui a mené la bataille pour les faire reconnaître comme employées se fout pas mal de savoir si elles sont gagnantes au bout du compte… elles paient maintenant des cotisations syndicales.

      Bref, ni les RSG, ni le gouvernement, ni les parents ne sont gagnants.

    • “Le gouvernement leur verse 19 $ par enfant par jour. Les parents 7 $”

      et les gens trouvent que 20$/jour(déductible d’impot) dans une garderie privée c’est cher….

      là on paie 26$ et ca va augmenter

    • Bonjour Grand Parleur,

      Quelle est votre source d’information? Car vraisemblablement, il manque de contenu et donc votre opinion est biaisée par ce vide. Je vis avec une garderie dans ma maison, je crois être en mesure de vous éclairer sur certains points.

      Premièrement, les RSG (responsable en service de garde) employés par les CPE ont passé à travers un processus d’embauche très rigoureux. Et tout tout au long de leur carrière, les RSG doivent repasser des évaluations, tant pour leur compétence (programme éducatif, ben oui!), leur menu, les normes de sécurité à la maison (visites surprises pour la plupart), vérifications sur le profil des autres membres de la famille vivant sous le même toit que la garderie, etc…

      Deuxièmement, pour justifier leur augmentation de salaire, vous devez savoir qu’une RSG ouvre ses portes 50 heures semaines minimum, excluant les heures supplémentaires dû aux retards des parents. De plus, pour faire manger cette petite marmaille, elles font à manger en dehors de ces fameuses 50 heures d’ouverture. Elles préparent leurs activités de la semaine aussi. Donc, le nombre total d’heure est plus ou moins 60 heures.

      Autre raison valable pour une augmentation, l’usure excessive du milieu de garde. Venez chez moi, vous verrez qu’il y a des trous qui apparaissent sur mes murs, qu’il y a des jouets qui se brisent, sans parler de l’entretien des lieux. Bref, des coûts que le gouvernement n’a pas à subir.

      Dernier point pour justifier cette fameuse augmentation de salaire, le travail lui-même. Avez-vous déjà passé une semaine, non juste une journée avec une RSG? Surement pas, car vos propos seraient très différents si vous l’aviez fait. Elles bougent beaucoup ces RSG dans une journée, pas vraiment de répis. Voilà quelques exemples de choses à faire dans une journée: changer des couches, moucher des nez, faire des bricolages, chanter des chansons, donner la collation, faire le diner, défaire la table, brosser les dents ( pour ceux et celles qui en ont!), habiller les petits ( pour certaines RSG, jusqu’à 2 poupons, moins de 18 mois, et jusqu’à 6 petits total) pour les sorties à l’extérieur, remplir l’agenda des parents (compte rendu de la journée), nettoyer un peu à travers tout ça, toujours avoir les mains propres, gérer les crises et les pleures, et encore plus…sans parler, je le répète, des retards qui eux retardent le retour au quotidien familial.

      Alors, le 6$ de l’heure, calculé par les représentants syndicaux, est vraiment très près de la réalité. Pas de vacances payées, pas d’assurance salaire. Feriez-vous tout ça vous, pour 6$ de l’heure? C’est vrai, elles sont autonomes, alors elles ne méritent que ça, pis en plus elles ont droit à des déductions d’impôt pour leurs dépenses…le 6$ de l’heure tient compte de ce fameux privilège.

      Ces garderies sont essentielles pour nos travailleurs (clients) et elles offres des services beaucoup plus personnalisés que les CPE. Les enfants voient toujours la même personne, peu importe la raison et le parents aussi, car l’éducatrice, la cuisinière, la concierge, la police, la directrice, ben c’est la même personne qui fait tout. On est loin du guichet automatique en?

      Pour en finir, je crois qu’elles (RSG) méritent cette augmentation, pour tout ce qu’elles font et continueront de faire. Et oui, elles font une grève, car avec le gouvernement, c’est le seul moyen d’obtenir un peu d’attention. (En passant, des infirmières qui font la grève a de plus grande conséquences que celle des RSG du Québec.) Et si cette grève fait mal, ben c’est la preuve qu’on parle d’un service essentiel!

      Bien à vous, M. le Grand Parleur.

      Bonjour M. Robert,

      Premièrement, je n’ai jamais remis en question la compétence ou le dévouement de ces éducatrices. Elles jouent un rôle essentiel dans notre société. Et vous avez de très bons arguments pour justifier une hausse de leur salaire. Mais vous passez à côté du débat. Je me demande pourquoi ces femmes ont ouvert des garderies en sachant le montant de la subvention versée par enfant?

      En syndicalisant ces travailleuses, cela n’a-t-il pas pour effet d’étatiser ces garderies? Et du coup cela ne risque-t-il pas d’augmenter les coûts du programme des places à 7 $?

      Pendant ce temps, qui se soucie des clients?

      Merci de vos commentaires.

      Grand parleur

    • Bonjour M. Grand Parleur,

      Je reviens sur votre réponse, les conditions acceptées datent de quand? L’inflation touche même les éducatrices, tout coûte plus cher, on le sait tous. Alors il est normal, comme pour tous les travailleurs de cette province, d’avoir à l’occasion, une mise à jour du salaire. De plus, il est clair que même les conditions initiales étaient non adéquates avec la réalité de ce type de travail. Les bases de ce programme gouvernemental sont excellentes, mais demandent des ajustements pour qu’il soit conforme à la réalité et qu’il y ait équité entre autre avec celles qui font un travail sembleble dans les CPE. Elles en font plus, pour moins de salaire, c’est un non sens. Tous autant que nous sommes, voulons être payés à notre juste valeur, en reconnaissance de tout ce qui peut être impliqué: diplôme, expérience, difficulté du travail exécuté, dépenses encourues, les heures,etc… Le syndicat veut juste normaliser la situation. En passant, ça coûtera plus cher, mais il y a moins de travail au noir depuis ce programme, plus d’impôts payés et une qualité du service rendu qui est supervisée selon les normes du gouvernement. Bref, c’est un peu comme l’éducation gratuite pour tous, c’est une question de choix de société! Si le gouvernement nous a donné ce service, c’est que quelqu’un, quelque part en a fait la demande. D’ailleurs, ça explique le fait que ce soit le gouvernement qui paie une partie du salaire de ma conjointe, donc le premier pas vers l’étatisation est fait depuis longtemps!

      Bien à vous M. Grand Parleur

    • Il me semble que ce n’est pas compliqué: les éducatrices n’ont qu’à retourner au privé, ne plus accepter la subvention, comme cela elles pourront exiger le tarif qu’elles veulent demander.

    • votre article est une insulte pour tous ceux qui travaillent en garderie .
      vous débutez en ayant des doutes sur les services a la clientele offerts et pensez que le systeme” cherche plutot a répondre aux besoins des propriétaires de garderies ”.
      les garderies familliales sont essentielles puisque le gouvernement prend du temps pour donner des permis de CPE , l investissement pour ouvrir de tels centres est énorme financierement .
      les parents ont besoins de garderies familliales plus petites et personnalisées .
      il coute aux parents 35$ PAR SEMAINE pour 50 heures de garde , un CADEAU!
      il est possible d augmenter les revenus des ÉDUCATRICES DIPLOMÉES DE L UNIVERSITÉ , monsieur , sans ruiner le peuple .
      un service aussi important , ca mérite plus que 9$ l heure en salaire .
      les femmes se battent encore pour l équité salariale et des hommes comme vous ne font que detruire nos efforts de justice .
      MME Pronovost , employée en garderie , en greve ce matin…

    • Si vos conditions ne vous satisfont pas, faites comme tout le monde et changer de job!!! Vive le privé!!!

    • @Grand parleur
      “Je me demande pourquoi ces femmes ont ouvert des garderies en sachant le montant de la subvention versée par enfant?”
      Alors, selon votre raisonnement, vous ne demanderez JAMAIS d’augmentation de salaire et vous ferez jamais la grève avec votre syndicat car vous connaissiez déjà votre salaire lors de votre embauche.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    décembre 2011
    L Ma Me J V S D
    « nov   jan »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité