Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 28 septembre 2010 | Mise en ligne à 15h42 | Commenter Commentaires (14)

    Des snobs à la SAQ?

    Photo SAQ

    La Société des alcools du Québec boude-t-elle les vins québécois? Les viticulteurs des Cantons-de-l’Est se posent la question. Rares en effet sont les succursales de la société d’État qui offrent des cépages québécois, a découvert le collègue Marc Gendron (son dossier ici).

    Des 17 vignobles que compte la Route des Vins (dans la MRC de Brome-Missisquoi), seulement sept ont réussi à placer des produits sur les tablettes de la SAQ. Et ce au prix de longues démarches et de maintes représentations.

    Léon Courville dénonce ce qu’il appelle le «snobisme» de la SAQ à l’égard des produits du Québec. Propriétaire du Domaine Les Brome à Lac-Brome, il estime que l’organisme qui détient le monopole de la mise en marché des vins et spiritueux dans la province nuit à l’essor de l’industrie du vin québécois. La SAQ n’en a que pour les produits étrangers, soutient-il.

    Ancien vice-président de la Banque Nationale, M. Courville ne met pas de gants blancs pour décrier la situation. «Autour de la SAQ et même au sein de la société d’État, il y a des gens qui aiment bien nous parler des grands vins du monde. C’est bien plus intéressant pour eux de se rendre en Argentine, au Chili, en Nouvelle-Zélande ou en France, que d’aller à Dunham et s’arrêter manger à Granby. Je ne veux pas faire de procès d’intention, mais je sais qu’il y a des sommeliers qui ont rabroué les vins québécois sans même y goûter. Il y a beaucoup de gens de la SAQ qui se déplacent partout dans le monde pour goûter du vin, mais on n’en voit pas souvent dans nos vignobles.»

    Les chiffres renforcent sa théorie. Des 10 500 produits offerts à la SAQ, 294 sont faits au Québec, dont 73 sont des vins québécois. Ça fait peu quand on considère que 59 vignobles sont présents au Québec. À l’inverse, les cidres sont très prisés par les acheteurs de la SAQ. On en dénombre 144 cidres.

    Bien entendu, la SAQ se défend de ne pas faire sa part pour promouvoir les vins d’ici. L’organisme est «au diapason avec les producteurs locaux», affirme la relationniste de presse Linda Bouchard.

    La SAQ est tellement au diapason avec l’industrie québécoise viticole qu’elle est incapable de donner des données précises sur ses ventes. On se borne à dire que les produits du Québec ont rapporté 13 millions de dollars.

    Et que fait la SAQ pour faire connaître les vins québécois? Avez-vous déjà vu une publicité à cet effet à la télé, dans les journaux, dans les publi-sacs, à la radio, sur internet? On sait par contre quand les grands cépages européens arrivent, et ce bien qu’ils n’aient plus besoin de battages marketing.

    Le rôle de la SAQ n’est pas seulement d’engranger des profits — 867,2 millions de dollars en 2009, quand même, en hausse de 7,5 % — pour injecter dans le fonds consolidé. Elle a une obligation de faire découvrir les produits québécois. Un peu comme il est de la responsabilité de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir dans nos entreprises.

    En Ontario, l’organisme étatique chargé de gérer la vente des bouteilles de vin s’y prend tout autrement. La Liquor Control Board of Ontario joue un rôle central dans la promotion des produits de la province. De grandes étagères leur sont réservées. Et pas dans le fin fond des succursales. Même le premier ministre Dalton McGuinty met l’épaule à la roue dans une vidéo sur le site web de la LCBO vantant la qualité des cépages ontariens. En français aussi, s’il-vous-plaît!

    En cette ère d’allégations de malversations, ce qui sous-entend des pots-de-vin, on imagine mal Jean Charest faire une telle promotion…

    Mais ça, c’est un tout autre dossier.

    photo Janick Marois

    Tags: ,


    • C’est sûr que la SAQ aime mieux les vins étrangers, car elle peut jouer avec les prix en raison du taux de change. Ce qu’elle ne peut pas faire avec les vins d’ici.

    • Mais batinse qu’ils font la promotion des vins francais: le festival ou la semaine des vins de France. Aaahhh! les beaux voyages en France pour nos vaillants fonctionnaires de la SAQ.

    • “l’organisme qui détient le monopole de la mise en marché des vins et spiritueux ”

      noooon, pour vrai ?

      y’a-t-il un seul domaine dans lequel un monopole a des avantages ?

      on se fait avoir sur le prix et le choix… mais on aime ca nous ici que le gouvernement s’occupe de tout

    • Tu devrais en parler a Rejean Tremblay…il va peut être penser que c’est un complot du Canadien

    • Pour un acheteur de la SAQ, c’est plus intéressant un voyage sur le bras de la société en Afrique du Sud, en France, Espagne, Italie ou Argentine que dans l’Estrie, sans rien enlever à cette région.

      C’est peut-être une piste de réflexion.

    • Une autre piste de réflexion: si les ventes de vins étrangers sont plus importantes que les vins locaux, ceci est peut-être dû à leur qualité supérieure, au même titre que les producteurs québécois de cidres de glace dominent sur les autres.

    • J’ai travaillé 6 ans à la SAQ, dont 1 été comme directeur de la succursale Terroirs d’ici du marché Atwater. À mon avis, la réponse la plus simple est que la majorité des produits québécois n’ont pas la qualité pour rivaliser avec les produits internationaux. Nous avions un frigo rempli de produits du Québec à faire goûter et des dégustations animés par les producteurs ou leurs employés et, à part quelques produits, les ventes n’étaient pas au rendez-vous.

      Et avant de condamner la SAQ de ne pas favoriser les produits québécois (lire “subventionner”), il faut se rappeler que nous devons respecter des règles commerciales internationales.

    • La SAQ donne pourtant une belle place aux produits québécois en général, comme les cidres, cidres de glace, alcools de fruits, etc. Pour le vin, la production est encore assez inégale, on n’a pas la maturité d’une région comme Niagara chez les producteurs. Ça va demander du temps et des efforts, mais je dirais que dans 5 à 10 ans les vins québécois vont faire une percée. La SAQ doit évidemment encourager les produits locaux, mais je les comprends de faire preuve de prudence, voire de retenue, dans l’état actuel des choses. On verra probablement quelques vignobles québécois se démarquer et obtenir une place permanente dans les étalages de la SAQ.

      Bonsoir M. Dufort,

      Plusieurs vins québécois sont déjà en mesure de rivaliser avec des concurrents internationaux. On peut penser aux produits de L’Orpailleur, du Domaine Les Brome, de La Mission.

      Le problème est que la SAQ ne semble avoir de plan de promotion pour les produits québécois. C’est pourtant une responsabilité qui lui incombe en tant que société d’État. Sinon, à quoi peut bien servir cet organisme outre de machine à imprimer de l’argent pour le gouvernement?

      Grand parleur

    • “Plusieurs vins québécois sont déjà en mesure de rivaliser avec des concurrents internationaux. On peut penser aux produits de L’Orpailleur, du Domaine Les Brome, de La Mission.” Désolé, j’ai fait des dégustations et ces vins n’arrivent pas à la cheville de vins d’ailleurs. Le seul vraiment bon vin au Canada, c’est en Colombie-Britannique. Et encore. Chacun ses goûts de tout façon. Il y en a trop qui ne font pas de différence entre un Piat D’Or et un Pomerol.

    • Peu importe la qualité, je crois que les vins québécois ou même canadiens ont leur place à la SAQ. Comme on peut toruver de la créme glacée à 3$ ou à 7$ au super-marché, et des manteaux à 800$ et à 100$ chez La Baie, etc. Je suis également d’avis que les voyages outre-mer pour les acheteurs sont plus séduisants qu’un tour en estrie, et aussi, je soupconne que les producteurs étrangers ont les moyens de faire de plus gros cadeaux….

    • Les vins Québécois? C’est d’valeur, mais le meilleur compliment que l’on peut leur faire est probablement BOF! Je sus amateur de vins. J’en ai essayés plusieurs (Orpailleur, etc.). Malheureusement j’ai renoncé. Avez-vous goûté le Chenin Blanc des Robertson’s Winerys ($8.50) qui vaut bien des français à $20? Vous comprendrez alors.

    • Je suis une grande “fan” de la fête des vendanges de Magog qui a eu lieu, comme chaque année, au début de septembre. À cette occasion, cette fête nous donne l’occasion d’essayer que des vins québécois. Cette année, mes amies et moi avons délibérément choisie d’essayer que des vins blancs. La raison, la voici: une bonne majorité de vins rouges québécois ne sont pas bons (ou peut-être devrais-je dire que mes papilles gustatives ne sont pas encore habituées aux cépages cultivés au Québec). Puisque nous, les québécois, sommes de grands buveurs de vin rouge, il faut comprendre que la SAQ veut vendre en rencontrant ses frais. Par contre, il n’a aucune raison pour ne pas vendre de bons vins blancs. Avez-vous essayé le vin blanc du vignoble du Marathonien ou celui de l’orpailleur? Que de bons vins. Alors, voici: avant de passer vos commentaires, s.v.p., faite la tournée des vignobles et ensuite vous comprendrez un peu plus pourquoi la SAQ ne veut pas vendre des produits qui ne plaisent pas toujours. À votre santé!

    • Il se vend du vin dans les dépanneurs et les épiceries qui couvrent un marché bien plus grand que la monopolistique SAQ …j’imagine que cette dernière met son véto pour la vente des vins du Québec et limite à de la piquette importé ces vins ”cheap” permis…

      Pourquoi ne pas laisser lire ce marché local et permettre aux vins locaux d’être distribué librement on verra bien qui le client choisira….et on cessera de demander a la SAQ de payer pour le marketing de producteurs qui semble incapable de le faire eux même efficacement trouvant plus facile de blamer le monopole…

      Si la SAQ est ausssi utile qu’elle le prétend qu’elle le prouve et qu’elle accepte une réelle compétition plutot que de nous emplir la moindre émission de plogueur de surplus de vin sous la forme déguisée de dégustation ,

      Pu capable de voir les conseils de ”Felipe LePourri” de 6 heure du matin et toute la journée à TV nous écoeurer avec ses voyages sur le bras et ploguer les mauvais choix de la SAQ… maintenant juste à voir une bouteille de vin j’ai le gout de vomir…

    • La SAQ adore nous vendre des vins français à 4 euros, 12 dollars la bouteille. Faites le calcul et vous comprendrez ce qu’est un monopole.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    août 2008
    L Ma Me J V S D
    « juil   sept »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Archives

  • publicité