Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mardi 31 août 2010 | Mise en ligne à 14h24 | Commenter Commentaires (7)

    Comment ruiner un sentier pédestre

    Voici le sentier La Randonnée du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin. Il part du stationnement du CINLB et amène les marcheurs de l’autre côté du marécage, puis sur la piste cyclable La Granbyenne près du réservoir Lemieux. Une belle marche de 6 kilomètres qui se fond dans la nature en vous faisant traverser des milieux humides et de denses forêts peuplées de conifères et de feuillus.

    CINLB2

    Si vous n’avez pas encore foulé ce sentier, dépêchez-vous car les dirigeants du CINLB sont en train, comment le dire de façon polie, de l’aseptiser.

    Voyez en quoi ils le transforment (le tiers du travail est déjà complété).

    CINLB1

    L’idée d’élargir le sentier (il passe de six à huit pieds), de l’aplanir et de le recouvrir d’un mélange de sable et de poussière de roche, est d’accroître son accessibilité, explique-t-on au CINLB. L’endroit n’est pas propice aux poussettes, cite en exemple le directeur général de l’organisme, Mario Fortin. «On veut essayer d’amener des gens sur l’ensemble du territoire», a-t-il indiqué en entrevue.

    Rares en effet sont les randonneurs qui s’y aventurent. Les autres sentiers du CINLB sont beaucoup plus fréquentés. Il faut dire toutefois qu’ils ne font qu’un ou deux kilomètres, des distances parfaites quand on traîne la marmaille ou quand la marche n’est pas notre fort.

    L’élargissement du sentier facilitera aussi le passage de la motoneige qui trace les pistes de ski de fond, signale M. Fortin.

    Comment s’y prenait le responsable des pistes avant?

    Il devait se reprendre à quelques reprises, répond M. Fortin. Il réussissait néanmoins.

    Petite question qui peut choquer: doit-on absolument rendre un sentier parfaitement accessible en sacrifiant une partie de l’aspect naturel du site?

    Le sentier est très bien comme ça, m’affirme un randonneur rencontré hier sur place. «C’est très beau quand c’est naturel.»

    Quelques sections de La Randonnée sont sur terre battue. C’est vrai que ça donne des trous de boue après quelques averses. Mais, rappelons-le, on n’est pas dans un centre commercial. Quand on marche en forêt, on doit s’attendre à salir un peu ses espadrilles.

    Il est assez paradoxal que le sentier serve à faire découvrir un milieu naturel exceptionnel, mais que le CINLB altère une partie de cette nature dans un processus d’encourager plus de gens à s’y rendre.

    Les 80 000 $ investis dans ce projet (gracieuseté d’une subvention d’Hydro-Québec) auraient pu servir à réparer le sentier existant dont certains coins, il est vrai, exigent d’être attentifs. Et avec un tel subside, on aurait même pu le rendre encore davantage accessible, sans rien chambouler. Mais bon, on préfère construire un petit boulevard!

    On n’a pas appris de nos erreurs. Manifestement, les gens du CINLB n’ont rien retenu des (grossières) erreurs de la Ville de Granby en matière d’aménagement de sentier. On se demande encore comment la Ville a pu gâcher les sentiers des Terres Miner en y déposant du gros gravier (très bruyant sous les pieds), tout ça pour les rendre plus accessibles, notamment aux camions de la Ville… On s’ennuie du temps où ces terres étaient encore du domaine privé.

    Ma collègue Chantal Vallée a trouvé une bonne comparaison pour illustrer cette vision des choses: c’est comme dans le temps où des gens faisaient abattre les arbres en face de leur chalet pour voir le lac! Désolant.

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    • “On s’ennuie du temps où ces terres étaient encore du domaine privé.”

      tout est là, dans cette phrase

      mais les gens vont continuer de croire le contraire

    • Je pense que les gens du CINLB manquent d’ambition.

      Ils auraient carrément dû paver le sentier avec de l’asphalte!

      On devrait aussi peindre des lignes, mettre des stops et des dos d’âne, indiquer longtemps avant les virages. Afin que le citadin ne se sente pas trop dépaysé, je suggère aussi l’éclairage nocturne et des panneaux publicitaires.

      Comme ça ils auraient une belle médaille d’accessibilité à tous, je dis bien tous : fauteuils roulants, quads, 4×4, vélos, skate, trottinettes, patins à roues alignées, etc.

      Ainsi, nous aurons une nouvelle preuve que notre civilisation peut triompher de la nature, sans péril et avec gloire! Rien n’arrête la niveleuse!

      PS Il y a encore plein de gens qui abattent les arbres pour avoir une belle vue. C’est normal, c’est l’aboutissement logique de notre culture démocratique; au sens où démocratiser c’est permettre l’accès à tous, sans discrimination aucune, surtout pas envers les caves!

    • Tout à fait d’accord avec Goupil !

      Think Big !

      Comme dirait l’idole de tous les Québécois, Elvis Gratton.

      La prochaine étape sera certainement l’ajout d’un service de transport pour la clientèle à mobilité réduite… et quelques restaurants et arcades, histoires que tout cela s’autofinance…

    • Comment ruiner un sentier pédestre?

      En tentant de solutionner les problèmes avec de l’argent.

      Donner de l’argent à un être humain, c’est le récompenser et le valoriser. Donnez-lui sans qu’il ait fait ses preuves et vous pouvez vous attendre à ce que cet argent soit gaspillé.

      Les montants d’argent qui sont semés à tous vents sans qu’il y est un travail de réflexion sérieux exigé de la part de nos élus ne peut que mener à de mauvaises décisions.

      J’invite vos lecteurs à relire votre précédent blogue sur le CINLB qui, malheureusement, n’a pas soulevé beaucoup de commentaires. C’est pourtant NOTRE bien commun et NOTRE argent provenant des taxes.

      En ce qui concerne les pistes de ski de fond, je n’ai jamais compris le besoin d’avoir de la machinerie. Lorsque j’étais jeune, j’allais faire du ski de fond dans le boisé Miner. Chaque fin de semaine, il y avait toujours foule. Pourtant, c’était un terrain privé – sans aucune signalisation ou autre bidulo-machin urbain – et personne n’avait eu d’autorisation officielle. Qui alors traçaient les pistes? C’étaient les passionnés, qui faisaient du ski de fond “sauvage”, tôt le matin. Lorsque les petites familles arrivaient en fin d’avant-midi, elles avaient de superbes circuits. Idem pour le parc Terry-Fox qui appartenait à la Ville.

      Parlant de Terry-Fox – où là aussi on a fait des sentiers “urbains” – , lorsque j’étais jeune, on s’en servait comme “piste de motocross” avec nos bicyclettes et on s’imaginait être des “Evil Knievel” en effectuant nos “cascades” à “haute vitesse”. Aujourd’hui, ce parc est transformé en club de marche de “p’tit vieux” (de coeur et non de corps) qui chialent lorsqu’un jeune est à bicyclette dans les sentiers car “il y a un règlement pour l’interdire”. On doit donc dépenser des million$ pour aménager des terrains où les jeunes seront si bien encadrés qu’ils n’auront plus besoin de leur imagination.

      Pour le boisé Miner, on voit que la “meilleure décision prise en 100 ans” commence à montrer ses faiblesses: La nature est urbanisé, les développements sensés rentabiliser le projet ne sont toujours pas là (selon les plans, les premières maisons apparaissaient un an après l’achat) et le golf, on en parle le moins possible puisqu’il faudrait des investissements majeurs et que les profits ne sont pas au rendez-vous pour la population (en argent ou en accessibilité).

    • Cessez d’écocapoter

      C’est une bonne idée qu’ils ont. J’irais jamais avec la poussette au centre d’interprétation, mais si les chemins s’améliorer j’irais surement.

      Si vous voulez de la vrai nature, allez vous perdre dans un parc de la SEPAQ en VRAI foret. On est à Granby, une ville qui s’urbanise. On est pas en 1970. Avec notre démographie, aussi bien prévoir un chemin praticable en chaise roulante!

      Bonjour,

      Ça doit faire un bail que vous n’êtes pas allé au CINLB. Les deux principaux sentiers accueillent, été comme hiver, les marcheurs, avec ou sans poussette, et sans problème. Même les gens en chaise roulante peuvent y accéder.

      La beauté du sentier La Randonnée est qu’il est encore, en partie du moins, dans un état très naturel. Bref il se fond bien dans la nature. C’est ça qu’on est en train de perdre.

      Grand parleur

    • Ca fait très “SEPAQ” comme raisonnement. Je n’ai pas encore pardonné à ces ronds de cuir d’avoir complètement massacré le sentier de l’Acropole des draveurs au parc des Hautes gorges il y a quelques années. De beau défi, la piste est maintenant d’une ennuyeuse facilité

    • Je suis totalement en accord avec vous. C’est désolant. La gestion de nos parcs et pistes cyclables se fait selon des critères semblables à ceux de la voirie. Dégager, couper, élargir, abattre, travaux imaginés par des gens qui sont mus par une volonté touchante de démocratisation mais qui ne semblent pas apprécier ce qu’ils ont sous les yeux. Le résultat: la banalisation des sentiers, des lieux, des paysages et un gaspillage de précieux fonds publics. Tout le monde peut les visiter mais il n’y a plus grand chose à voir sinon le beau travail de voirie bien propre. Qu’est-ce qu’on peut faire contre ça? Souvenez vous que l’an dernier, on a procédé au CINLB à un coupe presque à blanc de la forêt naturelle, au nom d’une éventuelle repousse d’arbres d’essences plus nobles dont on pourra profiter dans un quart de siècle. En attendant, on marche sur une «belle» piste encadrée de bout de bois dans un paysage dévasté.

      Le Parc de la Yamaska n’y échappe pas, pas plus que la piste la Campagnarde. Un sentier intimiste et charmant accédant du réservoir Choinière, dans sa partie la plus sauvage, où viennent se réfugier oies blanches et outardes, a été élargi drastiquement en coupant des centaines d’arbres, détruisant ainsi ce que la nature avait mis une quarantaine d’année à construire, pour permettre à la machinerie qui entretient les pistes de ski de fond de passer, et cela aussi sur une longue section où ne passe pas la piste. Tant qu’à commencer le travail , finissons le jusqu’au bout! Les sentiers sont donc conçus pour les véhicules du parc, pas pour les randonneurs. Ailleurs on plante là où on devrait maintenir la vue dégagée. Sur la piste autour du réservoir Choinière, il y a un endroit unique où la piste passe au milieu de champs anciens, qui rappellent l’ancienne vocation de ces terres avant leur expropriation. Et bien on a planté trois rangées de conifères de part et d’autre de la piste pour être bien sûr que la vue des champs sera obstruée. La vraie raison, à mon avis, est que les pistes de ski s’enneigeaient trop rapidement à cause du vent, au goût de ceux qui les entretenaient. Encore un aménagement fonctionnel, type voirie.

      Quant à la Campagnarde, ça fait 2 ans que je réclame qu’on laisse pousser les fleurs sauvages le long de la piste et que l’on fauche à la fin de la saison. Résultat 2 fauchages au milieu de l’été, qui entrainent une réduction de la biodiversité en empêchant les plus belles plantes indigènes de se reproduire. À la place, on a du trèfle commun, du plantain, quelques autres mauvaises herbes et de l’herbe à poux.

      Et surtout qu’on ne vienne pas se plaindre. On est taxé d’ignorance. On ne comprends pas les contraintes du service d’entretien. On nous fait sentir que l’usager n’a pas voix au chapitre, alors que c’est nous qui payons ces gens là. Et ce sont les usagers qui justifient l’existence du parc.
      Jean-Thomas Bédard

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