Le Grand Parleur

Archive du 31 août 2010

Mardi 31 août 2010 | Mise en ligne à 14h24 | Commenter Commentaires (7)

Comment ruiner un sentier pédestre

Voici le sentier La Randonnée du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin. Il part du stationnement du CINLB et amène les marcheurs de l’autre côté du marécage, puis sur la piste cyclable La Granbyenne près du réservoir Lemieux. Une belle marche de 6 kilomètres qui se fond dans la nature en vous faisant traverser des milieux humides et de denses forêts peuplées de conifères et de feuillus.

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Si vous n’avez pas encore foulé ce sentier, dépêchez-vous car les dirigeants du CINLB sont en train, comment le dire de façon polie, de l’aseptiser.

Voyez en quoi ils le transforment (le tiers du travail est déjà complété).

CINLB1

L’idée d’élargir le sentier (il passe de six à huit pieds), de l’aplanir et de le recouvrir d’un mélange de sable et de poussière de roche, est d’accroître son accessibilité, explique-t-on au CINLB. L’endroit n’est pas propice aux poussettes, cite en exemple le directeur général de l’organisme, Mario Fortin. «On veut essayer d’amener des gens sur l’ensemble du territoire», a-t-il indiqué en entrevue.

Rares en effet sont les randonneurs qui s’y aventurent. Les autres sentiers du CINLB sont beaucoup plus fréquentés. Il faut dire toutefois qu’ils ne font qu’un ou deux kilomètres, des distances parfaites quand on traîne la marmaille ou quand la marche n’est pas notre fort.

L’élargissement du sentier facilitera aussi le passage de la motoneige qui trace les pistes de ski de fond, signale M. Fortin.

Comment s’y prenait le responsable des pistes avant?

Il devait se reprendre à quelques reprises, répond M. Fortin. Il réussissait néanmoins.

Petite question qui peut choquer: doit-on absolument rendre un sentier parfaitement accessible en sacrifiant une partie de l’aspect naturel du site?

Le sentier est très bien comme ça, m’affirme un randonneur rencontré hier sur place. «C’est très beau quand c’est naturel.»

Quelques sections de La Randonnée sont sur terre battue. C’est vrai que ça donne des trous de boue après quelques averses. Mais, rappelons-le, on n’est pas dans un centre commercial. Quand on marche en forêt, on doit s’attendre à salir un peu ses espadrilles.

Il est assez paradoxal que le sentier serve à faire découvrir un milieu naturel exceptionnel, mais que le CINLB altère une partie de cette nature dans un processus d’encourager plus de gens à s’y rendre.

Les 80 000 $ investis dans ce projet (gracieuseté d’une subvention d’Hydro-Québec) auraient pu servir à réparer le sentier existant dont certains coins, il est vrai, exigent d’être attentifs. Et avec un tel subside, on aurait même pu le rendre encore davantage accessible, sans rien chambouler. Mais bon, on préfère construire un petit boulevard!

On n’a pas appris de nos erreurs. Manifestement, les gens du CINLB n’ont rien retenu des (grossières) erreurs de la Ville de Granby en matière d’aménagement de sentier. On se demande encore comment la Ville a pu gâcher les sentiers des Terres Miner en y déposant du gros gravier (très bruyant sous les pieds), tout ça pour les rendre plus accessibles, notamment aux camions de la Ville… On s’ennuie du temps où ces terres étaient encore du domaine privé.

Ma collègue Chantal Vallée a trouvé une bonne comparaison pour illustrer cette vision des choses: c’est comme dans le temps où des gens faisaient abattre les arbres en face de leur chalet pour voir le lac! Désolant.

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