Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mercredi 30 décembre 2009 | Mise en ligne à 16h23 | Commenter Commentaires (8)

    Tri-compostage: la MRC fait-elle fausse route?


    La MRC de la Haute-Yamaska est probablement la plus dynamique et active au Québec pour protéger son environnement. Alors que nos élus fédéraux et provinciaux nous ont habitués à des palabres sans fin lorsqu’il s’agit d’environnement, ceux de la MRC ont opté pour l’action.

     

    Depuis quelques années, surtout sous le leadership de son ex-préfet, Paul Sarrazin (on se demande vraiment ce qui s’est passé dans la tête des électeurs de Ste-Cécile-de-Milton pour qu’ils lui aient montré la porte de leur hôtel de ville), les maires ont posé des gestes concrets.

     

    1. Inspection des fosses septiques, réparations exigées si défectueuses ou non conformes, vidange obligatoire aux deux ans

     

    2. Inspection des bandes riveraines en milieux agricole, forestier et urbain, invitations aux propriétaires fautifs de remédier à la situation

     

    3. Collecte sélective étendue aux commerces, institutions et industries (les ICI ne faisaient pas grand chose jusque-là en cette matière)

     

    4. Utilisation par les citoyens de bacs de recyclage de 240 litres et de 360 litres (exit les petits bacs rectangulaires de 64 litres)

     

    5. Collecte des résidus verts (feuilles mortes, branches, restes de plates-bandes, etc.) pour être transformés en compost

     

    6. Collecte des sapins de Noël (pour en faire de la biomasse)

     

    À cela, rappelons que la MRC prête main-forte financièrement depuis quelques années aux organismes qui pilotent des projets de renaturalisation des bandes riveraines de nos lacs et rivières.

     

    C’est un bilan impressionnant. On félicite nos maires pour leur courage — plusieurs de leurs concitoyens s’opposaient à certaines de ces mesures. Beaucoup reste à faire, toutefois, pour que le nouveau slogan de la MRC, Prospère de nature, reflète bien la réalité dans la région.

     

    Deux dossiers doivent connaître un dénouement dans la nouvelle année: l’implantation de deux éco-centres (un à Waterloo, l’autre à Granby) et le traitement de nos matières résiduelles (nos poubelles, en d’autres mots).

     

    Les citoyens sont prêts à fournir des efforts pour améliorer leur rendement de recyclage et de revalorisation de objets qu’ils tiennent à se débarrasser. Pour ça, il faut que la MRC leur en donne les moyens. Les éco-centres ont prouvé leur utilité dans plusieurs villes du Québec. On doit seulement s’enlever de la tête que de telles installations peuvent s’autofinancer. Exige-t-on que les arénas fassent leurs frais? Non. Il faut considérer les éco-centres au même titre que les autres services municipaux.

     

    Le projet de l’usine de tri-compostage est plus complexe. Et controversé. La MRC mise-t-elle sur le bon cheval pour atteindre son objectif de détourner de l’enfouissement 60 % des déchets produits sur son territoire? Réussira-t-elle à transformer nos matières résiduelles en compost de qualité? En dépit de toutes les assurances offertes par le promoteur, toute la preuve reste à faire.

     

    Y’a pas de mal à se distinguer des autres. Mais quand on est la seule des 90 MRC au Québec à choisir la voie du tri-compostage pour atteindre les objectifs exigés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, on devrait se poser des questions. Pourquoi opte-t-on presque partout ailleurs pour le bac brun (les restes de table) pour réduire le tonnage de déchets destinés aux sites d’enfouissement?

     

    Les dirigeants de la MRC travaillent à mettre au point leur appel d’offres pour la construction de l’usine de tri-compostage. Peut-être devraient-ils refaire leurs devoirs avant de se commettre.

     

    On leur souhaite une bonne année de réflexion.


    • @ M. Laliberté

      Ne soyez pas si étonné de la défaite d’un maire visionnaire (Paul Sarrazin). Les “visions” des politiciens municipaux ont souvent mauvaise réputation, ou réputation de provoquer des hausses de taxes. J’ai moi-même affronté l’électorat et fait du porte-à-porte, ce qui m’a permis de tâter le pouls de mes commettants et de connaître leurs préoccupations.

      Et l’électeur moyen se préoccupe bien davantage des coûts que de protection de l’environnement. Pour le séduire, il faut lui démontrer son intérêt à séparer ses rebuts et à recycler. Malheureusement, le marché des matières recyclées s’est effondré, et dans ma MRC, il a été nécessaire d’entreposer des milliers de tonnes de matériaux récupérés des bacs de recyclage. D’où une certaine grogne… il n’y a plus de marché pour les plastiques reOn nous a reproché d’investir dans l’élimination de dépotoirs sauvages en milieu forestier.

      Comment convaincre de la nécessité de faire l’effort, dans les circonstances?

      Dur, le métier de politicien municipal. Surtout en milieu rural.

      = = =

      Je crois comprendre du “tri-compostage” envisagé ici qu’il exigera des contribuables un tri plus sophistiqué; si tel est le cas, je crois que l’initiative est vouée à l’échec. Trop complexe pour être compris de la même manière par tous les intéressés.

      C’est un peu comme les “sacs de plastique”. Certains sont bio-dégradables. D’autres, non. Parmi ceux qui ne sont pas bio-dégradables, certains peuvent être recyclés. D’autres, non. Parmi les bio-dégradables, certains le sont davantage que les autres. Ce qui crée une confusion que doivent gérer les centres de recyclage.

      Je m’attends, pour les mêmes raisons, à une certaine confusion dans une MRC dont les habitants seront soumis à des directives dans des médias qui s’adressent d’abord à des citoyens qui ne sont pas soumis aux mêmes règles. La télé ne vient pas de Granby; elle vient de Montréal! Et elle traite des manières utilisées à Montréal.

      Ce qui me fait dire que l’efficacité passe par une certaine uniformité…

      Bref, le tri-compostage, oubliez-ça! Même si c’est peut-être LA solution la plus prometteuse.

    • Lorsqu’on lit les commentaires de votre dernier blogue, les gens semblent vous dire que vous ne parlez pas de sujets sérieux et ici vous en avez un beau et personne n’a d’opinion. Alors laissez-moi vous encouragez en commentant ce sujet.

      À mon avis, il n’y a qu’un seul problème d’ordre technique à éliminer pour s’assurer que le tri-compostage donne les rendements espérés: Le tri des rebuts domestiques dangeureux (RDD) à la source. S’il n’y a pas de RDD dans nos déchets, il semble évident que le tri-compostage donnera les résultats escomptés. En ce moment, le problème est que nous allons bâtir cette usine et par la suite nous nous attaquerons au problème du comment on s’assurera que la population n’ira pas jeter ses RDD dans la poubelle. Ce qui est pour moi prendre le problème à l’envers. Nous devrions créer et roder un système pour retirer les RDD efficacement (ce qui n’est pas une mince tâche) et, une fois ce seul inconvénient éliminé, construire une usine de tri-compostage qui produira assurément un compost de qualité. Même si, dans le futur, nous changerions d’idée à propos du tri-compostage, nous n’avons rien à perdre à avoir un système de tri efficace pour les RDD.

      Autre problème, celui-là d’ordre administratif: Je n’aime pas l’idée que la MRC ait une usine beaucoup trop grosse pour ses besoins. Il paraîtrait qu’il faut un minimum de déchets pour assurer la rentabilité. Si tel est le cas, mon choix va à l’entreprise privé. Qu’une compagnie veuille construire une telle usine sur notre territoire, soit. Que nous participions conjointement avec cette compagnie à l’élaboration d’un système de tri des RDD, soit. Que nous travaillions conjointement avec cette compagnie pour publiciser le tri-compostage, soit. Mais que nous soyons obligé de fournir des clients pour faire rouler l’usine pour les 25 prochaines années, je trouve ça inconcevable et totalement en dehors du mandat des élus municipaux. Surtout lorsqu’on sait que, en ce moment, ce système est renié par pratiquement tout le restant du Québec et qu’il y a d’autres gros joueurs, beaucoup plus expérimentés que nous dans le domaine, qui veulent avoir les vidanges du Québec (voir le projet de www.estrie-enviropole.com).

    • @Denny O’Breham

      Vous écrivez: “que nous soyons obligé de fournir des clients pour faire rouler l’usine pour les 25 prochaines années, je trouve ça inconcevable et totalement en dehors du mandat des élus municipaux. Surtout lorsqu’on sait que, en ce moment, ce système est renié par pratiquement tout le restant du Québec et qu’il y a d’autres gros joueurs, beaucoup plus expérimentés que nous dans le domaine, qui veulent avoir les vidanges du Québec”

      Une précision: la gestion des déchets fait partie du mandat des élus municipaux, qu’ils soient régis par Loi des cités et villes ou par le Code municipal.

      En revanche, et parce qu’ils gèrent des fonds publics, les élus municipaux sont investis d’un devoir de diligence.

      Vous écrivez: “il paraîtrait qu’il faut un minimum de déchets pour assurer la rentabilité”. Je confirme. Plusieurs MRC pourraient se regrouper et ainsi assurer la rentabilité d’une usine de traitement dont la gestion serait confiée à l’une d’entre elles. Mais puisqu’il n’y a semble-t-il qu’une seule MRC intéressée au tri-compostage et puisqu’il sera difficile de susciter le réflexe du tri dans une MRC qui va à contre courant, le projet est voué à l’échec, à mon avis.

      Voilà où intervient le devoir de diligence des élus…

    • @papitibi

      Pour vous informer à propos du projet de tri-compostage qui nous concerne, l’usine en question aura une capacité qui sera, de mémoire, 3 fois la quantité de déchets produite par la MRC. Notre MRC sera la seule responsable de la facture finale de cette usine et c’est elle qui devra dénicher d’autres MRC ou villes (ce sont les clients dont je parle) pour abaisser les coûts. Qu’on regarde ça d’un point de vue de gestion des déchets des autres MRC ou de celui de se servir des fonds publics pour faire du commerce, je considère ça en dehors du mandat des élus.

      Mais je suis d’accord avec vous, si notre MRC pouvait s’associer avec d’autres MRC ou villes AVANT de construire l’usine avec un contrat de 25 ans (comme nous le ferons) ou tout simplement en copropriété, nous aurions une solution acceptable.

    • @Denny

      ” Notre MRC sera la seule responsable de la facture finale de cette usine et c’est elle qui devra dénicher d’autres MRC ou villes (ce sont les clients dont je parle) pour abaisser les coûts”

      Voilà où le bât blesse. Puisque cette MRC semble vouloir adopter une solution à laquelle le reste du Québec ne semble pas vouloir adhérer, je conclus que la construction de l’usine serait un geste irresponsable. Ce serait une faute, et les élus pourraient même, en poussant à l’extrême, être disqualifiés pour avoir posé un tel geste malgré les avis contraires des spécialistes!

      Ce qui me ramène encore une fois au devoir de diligence des élus.

      J’ai l’air d’insister la-dessus? C’est que dans une autre vie et même dans un autre millénaire (!), j’avais été désigné pour dispenser une formation aux nouveaux élus municipaux… Ça laisse des traces qui, heureusement, sont bio-dégradables ;)

    • Depuis le début de ce projet que je tente de convaincre le plus de gens possible que cette usine sera un boulet financier pour notre MRC. Quelqu’un peut-il être juste rationnel pour une fois et se demander pourquoi une compagnie privée investirait 42 millions dans ce projet et nous donner l’usine après 25 ans. Une usine que TerrEeau n’a jamais construite ni opérée avant celle envisagée, une usine qui n’a pas fait ses preuves au Québec car celle de Sorel-Tracy qui ressemble le plus à ce projet est presque venue en faillite. Une usine dont les négociations ont faillies être ne jamais dévoilées en raison de la formation d’un OSBL, le COGEMRHY et après cela il faudrait leur faire confiance…Comme vous l’avez mentionné M. Laliberté, seule notre MRC a opté pour ce genre de traitement de nos matières résiduelles. Je pense que dans toutes les MRC, uniquement celle des Bois-Francs a réussi l’objectif de réduire de 60% ces matières du site d’enfouissement. Aucune n’a été sermonnée ou mis à l’amende. Qu’est-ce donc cet empressement pour notre MRC? Le gouvernement nous promets plein de chose qu’il ne respecte pas lui pourquoi faudrait-il qu’il en soit autrement dans le cas des matières résiduelles? Devons-nous pour autant nier le fait que nous enfouissons trop? La réponse est non mais comme dans toute décision, il faut offrir et examiner différentes alternatives. Le bac brun a été éliminé du plan de gestion car il fallait aller porter les déchets compostables à Bury en Estrie. Personne n’a pensé à ouvrir un site de compostage approuvé par le ministère dans notre MRC? Pourquoi adopter la solution la plus risquée pour les contribuables? Lors des audiences publiques toutes les questions n’ont pas été répondues car M. Sarrazin prétendait être au stade des négociations et devoir attendre l’appel d’offre. Lui il savait qu’avec l’OSBL il n’y aurait jamais de réponses. Pourtant le projet était assez avancé pour savoir les risques et pénalités prévues pour chacune des parties mais on veut tellement tout cacher au citoyen…À la question Qu’elle sera la pénalité au cas où notre MRC ne trouve pas le tonnage supplémentaire suffisant auprès des autres MRC, réponse faite, cela fera partie des négociations une fois l’appel d’offre ouverte. Mon oeil oui. Examinez bien vos prochains comptes de taxes pour les vidanges et vous verrez une augmentation d’environ 100$ à ce chapitre. L’usine n’est pas en construction mais on prévoit déjà amasser de l’argent alors qu’en principe elle ne nous coûtera rien. M. Sarrazin disait à ce sujet: de toute façon les coûts d’enfouissement vont continuer d’augmenter. À ce que je sache tout fonctionne par appel d’offre et nous ne sommes pas tenus d’aller chez Rolland Thibault si celui-ci nous chargerait trop cher. Regardez le dernier contrat de la collecte du recyclage. Une compagnie extérieure a obtenu le contrat pour aller vider à Chambly alors que nous avions une compagnie ici pour le faire et qui a même dû dépanner le contracteur qui avait obtenu la soumission. Moi je vous dis que ce dossier ne sent pas bon depuis le début et c’est aux citoyens à surveiller la MRC. D’ailleurs je crois qu’avec toutes les décisions que la MRC prend depuis quelques années, nous devrions avoir le droit d’élire ces dirigeants au même titre que nos municipalités. Le fait d’avoir opté pour des nominations entres eux alors que les MRC n’avait qu’un rôle mineur dans nos affaires, est un choix qui doit être repensé.

    • Le gouvernement s’entête à faire de la récupération, du compostage pour en arriver à l’enfouissement.
      Processus extrêmement “COUTEUX”.
      POURQUOI ne pas utiliser le “FEU” pour éliminer les déchets semblable au smelter de Rouyn-Noranda qui en plus de traiter le minérais, brule d’autres matériaux qui viennent d’un peu partout dans le monde.

    • Quel vision que ce Paul Sarrazin, il n’avait pas vu Bromont partir….
      Nous voulions que Bromont paie sa part du Bioréacteur, ce n’est pas juste que la Haute-Yamaska soit pris avec ce projet qui voué à un retentissent échec !!!

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