Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mardi 24 novembre 2009 | Mise en ligne à 15h26 | Commenter Commentaires (11)

    Les compagnies d’assurance = spécialistes du harcèlement

    Pour les compagnies d’assurances, souvent les personnes qui touchent des prestations de maladie sont soient de potentiels fraudeurs, soient des comédiens qui exagèrent leurs maux pour vivre à leur crochet. Et parce que leur raison d’être est de faire des sous, elles ne reculent devant rien pour limiter les prestations qu’elles versent à leurs clients. Cette philosophie leur permet d’engranger des millions de dollars de profit chaque année.

    Elles ont même recours à des techniques d’espionnage pour tenter de prendre leurs clients en défaut. On sait depuis longtemps, par exemple, qu’elles filment à leur insu certains assurés pour prouver qu’ils devraient retourner au travail. Voilà qu’elles raffinent leurs méthodes en explorant le web à la recherche d’indices pour coincer leurs clients. Et Facebook est un véritable filon pour elles.

    Compte tenu de la place qu’occupe maintenant internet dans nos vies, il est assez étonnant que le cas de Nathalie Blanchard ait pris autant de gens par surprise. Cette employée d’IBM est en arrêt de travail depuis près de 10 mois pour cause de dépression. Mais, selon la Granbyenne, sa compagnie d’assurance a cessé dernièrement de lui envoyer des prestations jugeant qu’elle était apte à reprendre le boulot. Ses photos sur son compte Facebook où on la voit s’amuser auraient convaincu la compagnie Manuvie de fermer le robinet des prestations.

    Bien entendu, Manuvie nie avoir pris cette décision sur ce seul motif. La décision repose sur une nouvelle analyse du dossier, explique-t-elle. Mais la compagnie reconnaît qu’elle est au courant de ce que contient le compte Facebook de Mme Blanchard.

    Plusieurs questions se posent. Comment Manuvie a-t-elle pu avoir accès au compte de Mme Blanchard? A-t-elle le droit de le faire sans son autorisation? A-t-elle le droit de tenir compte des informations obtenues sur Facebook dans son processus menant à la décision de verser ou non des prestations à Mme Blanchard? Et où est le droit à la vie privée dans tout ça? Et l’éthique de la compagnie?

    Le compte Facebook de Mme Blanchard n’est pas public. Autrement dit, seuls les internautes qu’elle a identifiés comme «amis» peuvent y avoir accès. Mais il appert que Mme Blanchard a quelque 500 «amis» sur son compte. Ça fait beaucoup d’amis. On peut penser que quelques-uns sont des compagnons de travail, des gens pas nécessairement très proches d’elle. La «fuite» d’information provient probablement de là. L’un de ses collègues, qui remet peut-être en question la dépression dont souffre Mme Blanchard, a vraisemblablement informé Manuvie du contenu de son compte Facebook en fournissant des pages imprimées de celui-ci. Le but est évidemment de lui occasionner des problèmes. Par jalousie. Par envie. Par méchanceté. Ce ressentiment s’explique par le fait que toutes les prestations de maladie sont financées à partir des primes payées par l’ensemble des employés de la boîte.

    L’avocat de Mme Blanchard conteste la décision de Manuvie devant la Cour supérieure. Bravo! Parfois, l’attitude de matamore des compagnies d’assurance intimide à ce point les personnes qui touchent des prestations qu’elles n’opposent aucune résistance et se plient à la décision en réintégrant le travail. En ce sens, les assureurs sont des spécialistes du harcèlement.

    Espérons que la juge ordonnera à Manuvie de justifier sa décision. Pas besoin d’être psychologue pour comprendre qu’une personne qui sourit ou qui s’amuse n’est pas nécessairement guérie de sa dépression.

    Revenons à Facebook. C’est un bel outil de socialisation. Malheureusement, plusieurs de ses adeptes font preuve d’une inquiétante naïveté en y mettant des informations trop personnelles. Déjà, les entreprises de tout acabit font des pieds et des mains pour recueillir toutes sortes d’informations nous concernant. Les imprudences commises sur Facebook ne font que leur faciliter le travail.

    Ce n’est pas parce qu’on autorise des internautes à consulter le contenu de sa page qu’on contrôle sa diffusion. Mme Blanchard l’a appris à ses dépends. Vous pouvez parier que d’autres personnes se feront piéger ainsi.


    • Normalement, quand vous travailler pour une compagnie qui possède un nombre d’employés
      imposant ( en nombre ) ils vous laisseront la paix, considérant que la prime qu’ils recoivent de
      l’employeur et de l’employé(e) mensuellement est importante et que quand vient le temps de renouveler le contrat d’assurance, la compagnie prend en considération la satisfaction de son personnel et les services reçus. Si votre maladie dépasse deux ans, souvent vous n’êtes plus
      à l’emploi de la compagnie et là, le harcellement commence avec des demandes, comme voir
      des spécialistes dans un bref délai pour justifier votre maladie. Ces demandes deviennent courantes et vous frappe moralement, vous vous retrouvez seul, devant une compagnie qui
      a les moyens et un conseil juridique pour vous faire sauter les plombs, souvent en coupant le
      chèque mensuel, en vous disant de voir un autre spécialiste pour l’entré des autres chèques.
      Malade et dépressif à cause de la situation vous abandonnez. Ou il vous offre un petit chèque
      comme montant final pour clore votre cas. Plusieurs ne savent pas que le gouvernement peut
      prendre votre cas en main pour rendre une décision dans un tel cas. Un de mes amis a remis le
      dossier au gouvernement et ce dernier a exigé de la compagnie d’assurance de continuer les
      paiements pour une période d’un an avec revision de son cas une fois l’année passée il a été
      en mesure de faire cracher la compagnie pour une autre année, avec les déclarations des médecins spécialistes. Chaque année, il doit se présenter devant le gouvernement et plaider
      sa cause, il gagne année après année, mais à quel prix. Si vous travaillez pour une petite entreprise, ils vous auront après quelques mois, sachant que vous n’avez pas les moyens de
      vous défendre et la pression qu’il mettront sur vous et votre famille donnera des résultats
      pour eux. C’est le cas pour la classe moyenne et non célèbre, ce qui est triste.

    • @louise52 – je ne sais pas à qui, au “gouvernement”, votre ami s’est adressé pour une histoire d’invalidité, mais la seule possibilité qui vient à l’idée est que c’était soit la SAAQ, la CSST ou plus que probablement la RRQ (ou peut-être l’aide sociale). Le reste de ce que vous dites a beaucoup de bon sens. Ce que la majorité des gens ne savent pas – et que j’ignorais aussi jusqu’au jour où les assureurs m’ont coupé les vivres et que j’ai fait une demande à la RRQ – c’est que dans un cas d’invalidité permanente, même si une personne s’est payé des assurances qu’elle s’attendait la couvrir jusqu’à 65 ans, la RRQ se considère comme le “premier payeur”. Je sais, je sais, ça n’a aucun bon sens. J’aimerais bien que quelqu’un n’importe où “au gouvernement” m’explique de quel côté du lit la RRQ couche avec les assureurs, car c’est ce qui doit se passer. Pourquoi des organismes publics assumeraient-ils les dettes des assureurs autrement? Grâce à ce système débile, j’ai passé à deux poils de mettre fin à mes jours car quelques jours avant un décembre du début des 2000, j’allais me retrouver avec seulement 5$ en poche après avoir payé le loyer…

    • Bonjours jolico,
      Il y a quelques années que cette injustice s’est produite. Ce n’est pas les services du gouv. que
      vous avez nommez. Je crois que c’est un tribunal du travail qui existe au gouvernement,mais
      peu connu de la population, cette information est sous toute réserve. Ils ont obligé l’assureur
      à faire les paiements avec promesse à mon ami de reviser son cas au début de janvier de chaque année. Un employé du gouvernement croit, qu’une invalidité permanente lui assure un 70 % ou plus de son salaire jusqu’à ses 65 ans, ce qui est faut dans 95% des cas. Si vous faites
      un retour au travail après 6 mois (exemple), au bout de quelques semaines votre compteur est remis à zéro et après quelques mois vous retombez malade, pas de problème, ils devront vous payer à nouveau, plusieurs font ce stratège pendant plusieurs années. Exemple, celui ou celle qui fait une dépression à chaque année, le syndicat est là pour vous protéger. Pour une une personne qui tombe invalible à cause d’une maladie très sévère avec un rapport
      médical de spécialistes qui atteste que vous ne pourrez jamais faire un travail à nouveau, un cas comme la sclérose ou l’amputation de membres, là, ils font leur deuil du cas et se verront
      dans l’obligation de payer, ils ont tout contre eux. Mais si vous tombez malade à cause d’une dépression, pour un mal de dos et que vous êtes absent du travail pour 24 mois + un jour, vous n’êtes plus sur la liste des employés permanents, quelques soit le ministère ou la compagnie, vous devenez le client de l’assureur et là, ils vous ont à l’oeil et prennent tous les moyens pour vous retourner faire un travail, qu’ils pensent, que vous seriez en mesure de faire et ceci peu importe votre grief. Vous devenez un numéro dans un boulier. L’ami que je
      vous décrivais, faisait une dépression très grave et n’était aucunement capable de reprendre
      son travail selon les spécialistes, plus aucun contrôle sur sa vie. Ses frères et soeurs devaient s’occuper de lui, il était complètement perdu. Vous, vous avez passé à deux poils de mettre fin à vos jours, lui, après quatre ans de harcellement, il l’a fait au grand désespoir de nous tous. Il avait 42 ans. La seule façon de constater le comportement d’un assureur, c’est quand vous avez besoin d’eux, spécialement dans le cas d’une maladie à long terme.

    • BONJOUR,
      DANS CETTE HISTOIRE IL NE FAUT PAS OUBLIÉ QUE L`EMPLOYEUR PAIE

      ET AUSSI LES TRAVAILLEURS ET LORSQU`UN TRAVAILLEUR EN VOIS UN

      AUTRES ABUSÉ PEUT ETRE DU SYSTEME ET QUE LUI L`AN PROCHAIN

      DEVRA PAYÉ DÉBOURSÉ PLUS IL N`AIME PAS CA,ET AVEC RAISON

      CAR CELA LORSQUE JE TRAVAILLAIS M`EST ARRIVÉ.IL A FALLU COUPÉ

      CERTAIN BÉNÉFICE POUR CELA.

    • Les compagnies d’assurances de tous genres exigent des dossiers en béton parce que la fraude à l’assurance coûte cher, aux compagnies et aux assurés. Et il y en a, des fraudeurs. Dans le cas qui nous occupe, je crois que les gens ne se méfient pas assez des médias sociaux comme Facebook, et que l’intéressée n’a pas fait preuve de jugement. Si Manuvie prétend ne pas avoir fondé sa décision de couper les prestations sur les photos, il faut alors demander à voir la justification. Je doute que ce soit une atteinte à la vie privée car, en s’affichant sur Facebook, on renonce à une partie de sa vie privée. Consciemment ou non.

    • Loin de vouloir défendre les compagnies d’assurance, il appert que votre commentaire est plutôt gratuit :« Pour les compagnies d’assurances, toutes les personnes qui touchent des prestations de maladie sont soient de potentiels fraudeurs, soient des comédiens qui exagèrent leurs maux pour vivre à leur crochet. » Une telle hypothèse devrait être accompagnée d’une étude sérieuse sur la question. Pourquoi étaler un ou deux particuliers pour en faire une règle générale et conclure comme vous le faites? J’ose croire que bons nombres d’individus ont été ou sont satisfaits des prestations ou rentes d’invalidités qui leur ont été versées pour une incapacité.

      Il est tout fait normal qu’une entreprise commerciale ou gouvernementale effectue des vérifications auprès de bénéficiaires qui reçoivent une quelconque prestation et s’assurer qu’ils y ont droit. Des fraudeurs ou des voleurs sont présents mais peut-être pas au point de conclure qu’ils le sont tous. les gens sont foncièrement honnêtes.

    • Quand on est dépressive, on n’a pas le goût de faire la fête sur Facebook semaine après semaine. On n’a pas vraiment le goût de voyager au loin, dans un pays qui ne parle pas notre langue de surcroît.

      Mme Blanchard a tout simplement été dénoncée à son assureur par un(e) ami(e) qui n’appreciait probablement pas de la voir profiter du système. Car ça finit par être nous tous qui payons à cause de quelques uns qui exagèrent.

    • @louise52 – vous me voyez désolée que vous ayez perdu votre ami. Vous avez entièrement raison de dire que rares sont ceux qui se retrouvent avec 70% du revenu qu’ils avaient. Souvenez-vous aussi qu’une grande partie des travailleurs ne sont pas du tout protégés par des syndicats (je travaillais pour des avocats … race crasse s’il en est! Ils m’ont congédiée au bout de 9 mois de congé de maladie). Malgré le fait que j’avais quelques médecins qui avaient fait rapport que je ne pourrais jamais plus travailler, ma bataille juridique m’a coûté plus de 50000$ car il n’y a pas d’assureur qui fait si vite son deuil. Il espère que la personne va lâcher et se mettre sur le B.S. ou se suicider. Et c’est maintenant plutôt 20 mois que 24. Vous auriez dû entendre la petite madame Blanchard à l’émission de Denis Lévesque à LCN…
      @popo14 – vous êtes sûrement assez nouveau sur internet car vous semblez ignorer qu’utiliser des majuscules (peut-être appelez-vous ça des CAPITALES), ça équivaut à crier: donc, s’il-vous-plaît, baissez le ton. Au cas où vous l’ignoreriez, c’est une très petite minorité qui fraude les assureurs de tous acabits, mais c’est celle dont on parle le plus. On parle beaucoup moins de la quantité de gens qui sont floués par leurs assureurs. Pourtant, on en a vus à La Facture et à J.E. au cours des années.
      @babylone – en passant, que des assureurs quels qu’ils soient (compagnies privées ou gouvernementales) fassent des vérifications et demandent des rapports médicaux, pas de problème. Mais si ça vous arrivait un jour, vous verriez qu’ils ne se limitent pas à ça. La plupart font du harcèlement éhonté – et souvenez-vous qu’il s’agit de personnes malades et vulnérables. En sus, c’est comme si personne n’avait un médecin vu que les rapports de nos médecins ne comptent pas pour grand-chose.

    • C’est à cause des Abus passé que les regles des compagnie d’assurance sont plutot stricte. Par exemple pour la SAAQ une personne travaillant à son compte ou un propriétaire/boss déclaré inapte a travailler peut arréter de toucher son indemnité de remplacement de revenu si il a le malheur de se présenter sur les lieux de son travail pour regarder les livres de compte.

      Mais pour toutes personnes n’étant pas contente il faut tout d’abord demander une révision de la décision( peut etre revu à la hausse, baisse, ou inchangé) et finalement si la décision de la révision ne fait toujour pas il reste le TAQ( tribunal administratif du québec)

      Mais dans l’ensemble la majorité paye a cause des abus d’une minorité, et je crois qu’il est préférable d’avoir un systeme plus strict afin de diminuer les profiteurs.

    • Je reçois des prestations d’invalidité depuis près de 10 ans pour une maladie chronique et dépression chronique. Pour ce faire, j’ai fait exactement tout ce que la compagnie d’assurance m’a demandé : voir tel spécialiste, tel autre, fournir un autre rapport médical, voir tel autre spécialiste, revenir au travail à temps plein progressivement sur l’ordre d’un médecin qui ne m’avait jamais vue et puis obtenir de mon médecin un rapport indiquant, preuve à l’appui, que je ne peux vraiment pas travailler à temps plein. Ça m’en a pris du temps pour me remettre de cette dernière expérience, mais le jeu en a valu la chandelle : j’ai maintenant la paix. Et je ne suis pas sur Facebook, et je n’ai pas l’énergie d’aller voir les danseurs avec des amies.

    • Et l’éthique de la compagnie? Quelle farce tous ces Organistes qui ce cachent derrière”l’Éthique” :ensemble des règles de conduite propres à une société, à un groupe. Éthique professionnelle
      Morale — bien, moeurs, conscience, déontologie, devoir, droit chemin, morale, moralité, obligation (morale), prescription, principes, règles de vie, vertu.

      Penser que la vie au 21 siècles est basée sur l’éthique est rêvé.

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