Le Grand Parleur

Archive, août 2009

Jeudi 6 août 2009 | Mise en ligne à 13h27 | Commenter Commentaires (4)

Les ministères et le marketing politique

Avez-vous remarqué comment les gouvernements changent parfois le nom de certains de leurs ministères? On ajoute des bouts, on en modifie, on en enlève. On s’inspire des modes.

Longtemps au Québec, notre ministère qui s’occupait des trucs liés à l’environnement s’appelait le ministère de l’Environnement. Puis on s’est dit que les parcs faisaient partie de ces trucs environnementaux. On a donc refilé cette responsabilité au ministère. On a alors appelé ça le ministère de l’Environnement et des Parcs. Ensuite, il est devenu populaire de parler de développement durable dans les officines du pouvoir, un terme fourre-tout pour dire que l’environnement doit être pris en considération dans les projets de nature économique. Qu’ont fait nos leaders politiques? Ils ont décidé de faire tendance en l’ajoutant au nom du ministère. Ça nous a donné le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.

L’un des nouveaux dadas du gouvernement Charest, suite à l’obtention d’une majorité de sièges en décembre dernier, a été de parler du développement économique du Nord du Québec. On a décidé qu’un ministère s’en occuperait. Et, marketing politique oblige, on a montré le sérieux de l’enjeu en renommant le ministère concerné pour qu’il reflète cette nouvelle responsabilité. C’est ainsi que le ministère des Affaires municipales et des Régions est depuis devenu le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire. L’acronyme est affreux: MAMROT.

Cette vanité politique a coûté 27 205,31 $, apprend-t-on de documents obtenus par l’entremise par la Loi d’accès à l’information. On a dépensé des sous pour de nouvelles cartes d’affaires pour le personnel politique et les fonctionnaires, de nouvelles enveloppes, de nouvelles lettres, de nouvelles enseignes. Ça, ce sont les factures trouvées; le montant est probablement plus élevé. Pire, d’autres dépenses pour des cartes d’affaires ont dû être effectuées puisqu’un nouvel élu, en l’occurrence Laurent Lessard, a hérité du ministère. Et il a amené toute son équipe avec lui… Encore des $$$!

Fait intéressant, le MAMROT n’a aucun document, analyse, étude, lettre ou quoi que ce soit pour expliquer pourquoi un changement de nom était justifié… Rien. On approuve donc des dépenses sans les justifier!

Encore plus intéressant est le fait que bien qu’on s’amuse à changer le nom des ministères pour leur donner du panache, on omet de leurs donner les moyens ($$$) pour assumer leurs responsabilités.

Tout est image en politique. Pour le contenu, hélas, c’est le vide.

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Mardi 4 août 2009 | Mise en ligne à 11h44 | Commenter Commentaires (10)

Comment vos députés gaspillent votre argent

Recevez-vous le bulletin parlementaire de votre député fédéral? C’est cette espèce de brochure vantant les faits et gestes de leur parti politique respectif. Nos représentants à Ottawa ont le droit d’en envoyer à tous leurs commettants quatre fois par année. Tout ça payé aux frais de la princesse. De vos poches, autrement dit.

Leurs privilèges ne s’arrêtent pas là. Non seulement peuvent-ils s’adresser gratos à leurs commettants, ils ont également l’autorisation de communiquer par écrit avec des électeurs dans d’autres circonscriptions. À raison d’une fois par mois, en autant que ça n’excède pas 10 % du nombre total d’électeurs dans leur propre circonscription. C’est ce à quoi les députés conservateurs s’emploient depuis le début de l’année, inondant les boîtes aux lettres des Québécois. Le député Peter Kent, de la circonscription de Thornhill en Ontario, est un des plus actifs à ce chapître. En quatre mois, il a envoyé trois brochures dans des chaumières de Granby.

brochures-ottawa.jpg

Si les brochures des députés visaient à les «informer des activités et des dossiers parlementaires», comme le stipule le règlement du Président de la chambre des communes, on ne traiterait pas du sujet ici. Toutefois, leur contenu fait une apologie exagérée des actions gouvernementales et critique gratuitement les partis d’opposition. Cela dit, les brochures des députés d’opposition ne prêchent pas par honnêteté intellectuelle non plus.

C’est ça la politique, direz-vous! D’accord. Mais pourquoi peuvent-ils faire de la propagande en puisant dans des fonds publics? Si leurs messages sont si importants, pourquoi ne financent-ils pas leur diffusion eux-mêmes?

Ils ne le font pas parce que ça coûte beaucoup de sous ces «campagnes d’information». L’an dernier, nous apprend le rapport des dépenses du Président de la Chambre de communes, nos 308 députés ont dépensé 9,4 millions de dollars pour faire imprimer leurs brochures et nous les envoyer par la poste. Sûrement aurait-on pu trouver une cause plus utile avec cet argent.

Des contribuables commencent à en avoir marre que leurs représentants abusent de ce privilège. «Plusieurs plaintes» ont été formulées depuis le début de l’année, rapporte Colette Déry, du bureau du Président de la Chambre des communes. Beaucoup du Québec, nous dit-elle sans donner de précision.

Mme Déry m’explique que les députés sont encouragés à ne pas tomber dans la partisannerie. Manifestement, peu d’élus en font de cas.

On suggère donc de serrer la vis. Par exemple, que les contenus des brochures soient autorisés par un comité neutre avant leur publication.

Ça prend des règles pour contrôler ceux qui abusent un système. Nos députés ne devraient pas y échapper!

photo Alain Dion

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