Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mercredi 26 août 2009 | Mise en ligne à 15h02 | Commenter Commentaires (7)

    Granby s’attaque aux castors bricoleurs

    Quand une situation dégénère ou est à un point de rupture, l’État a une obligation de mettre son pied dans le cadre de la porte. Surtout quand les conséquences sont sérieuses, comme avec la crise économique actuelle. Dans tels cas, l’interventionnisme a du bon.

    Malheureusement, nos politiciens prennent aussi goût à régler des problèmes mineurs en épaulant leur bazooka. Les législateurs dans nos hôtels de ville sont des champions dans ce domaine. Que penser d’une ville qui interdit à ses citoyens d’effectuer des travaux sur leur propriété le dimanche? C’est ce que la Ville de Granby vient de faire pour réduire le bruit. La carrière de plusieurs castors bricoleurs, avides de projets de rénovation, vient abruptement de prendre fin…

    Cet étrange règlement, plaide le maire secondé par une forte majorité de conseillers, vise à s’assurer que les citoyens puissent profiter en toute quiétude de leur terrain sans être importunés par des bruits agaçants provenant de chez leurs voisins. On comprend la logique. Ce n’est pas drôle de manger dehors par une belle journée ensoleillée pendant que notre Jean-Guy de voisin passe sa tondeuse ou s’affaire à couper avec sa scie circulaire les 2 X 4 de son futur deck.

    Cela dit, il est quand même paradoxal qu’une ville comme Granby, qui fait des pieds et des mains pour attirer des nouveaux résidants — surtout de jeunes familles, Dieu sait qu’elle en a grandement besoin! —, qui encourage les entrepreneurs en construction à lancer des projets résidentiels, légifère pour à toutes fins pratiques interdire aux gens de travailler sur leur propriété le dimanche. Le prix des maisons fait en sorte que plusieurs ménages font le choix d’effectuer eux-mêmes certains travaux pour économiser le plus possible d’argent pour réaliser leur rêve de devenir propriétaires. Même chose pour ceux et celles qui ne font pas appel à des professionnels pour rénover leur maison. On pénalise ces gens.

    Les gens favorables au règlement agitent leur argument passe-partout: ils n’ont qu’à faire leurs travaux les soirs de semaine, les a-t-on entendu à quelques reprises. C’est plus compliqué que ça. Il est certain que lorsqu’on est déjà bien installé chez soi, comme nul doute la plupart des élus granbyens, on passe ses dimanches à faire des trucs plus agréables. Mais lorsqu’on a un travail, des enfants à s’occuper, le souper à préparer, quand peut-on tondre le gazon, couper la haie, fendre le bois, réparer le patio ou le cabanon, terminer le terrassement, etc? Une réponse quelqu’un?

    Le pire est que ce règlement risque de créer plus de problèmes qu’il ne va en prévenir. On voit d’ici toutes les chicanes de clôtures qui vont naître, les gens sermonnant leurs bruyants casse-pieds de voisins, allant jusqu’à porter plainte à la police — sûrement les agents ont-ils mieux à faire de leur temps!

    Le règlement prévoit des amendes (de 150 $ à 1000 $) qui seront signifiées aux fautifs sur foi des plaintes reçues. De la délation, en d’autres mots. Déjà que plein de voisins ne se blairent déjà pas, imaginez après quelques mois d’application de ce règlement! Ça va gueuler, les amis!

    On s’éviterait tout ce merdier avec une petite campagne de sensibilisation et de franches discussions entre voisins portant sur le thème du civisme. Tiens! Pourquoi ne pas adopter un règlement obligeant tout le monde à saluer ses voisins le matin? On pourrait commencer par ça!

    ***

    J’aimerais revenir sur cette étrange déclaration de Réal Bernard. Le conseiller, qui ne sollicitera pas un troisième mandat à la table du conseil de Granby, souhaite que Yvan Duquette soit seul en lice pour lui succéder, et ce pour lui éviter une campagne électorale et pour permettre à la Ville d’économiser de l’argent.

    J’aime beaucoup M. Bernard, un homme bon, toujours disponible pour parler aux journalistes. Mais son souhait électoral est sans conteste l’une des âneries de l’année!

    Une élection avec un seul candidat, peu importe l’échelon, est le pire scénario dans une démocratie. Peut-être M. Duquette ferait-il un excellent conseiller. Mais on ne veut pas le savoir, on veut le voir, comme dirait Deschamps. Quelles sont ses expériences de vie? Quelles sont ses idées? Quels sont ses projets? Comment entend-t-il interagir avec ses commettants? Comment voit-il son rôle au conseil?

    En voilà un qui ne veut pas faire de… bruit.


    • Je disais justement à une connaissance dernièrement que le débat sur les accomodements raisonnables, d’abord introduit sur le plan des cultures, se retrouvera de plus en plus ailleurs, sur le terrain de la simple coexistence et tolérance entre voisins et usagers. C’était avant le projet de Granby pour ce règlement sur le bruit. Je me suis déjà, il y a quelques années, immiscé dans ce sujet hautement délicat de gérer le bruit (pas comme maire, pas encore!). C’était dans un milieu de bureau, où certains de mes employés se plaignaient de ne pouvoir se concentrer quand se produisaient des conversations de couloirs. Je me souviens m’être astreint à tenter de baliser la chose (pas plus de x minutes, sinon trouver une salle de réunion, etc.) dans une directive élaborée, qui se voulait diplomate… Le résultat? pas très probant, je le crains. N’étant pas citoyen de Granby, je m’abstiendrai de commenter plus avant, si ce n’est de dire qu’une boîte de Pandore semble avoir été ouverte…

      Je disais que je n’étais pas citoyen de Granby, étant en fait de Shefford, et me présentant de plus à la mairie du CANTON lors des prochaines élections. Cela fait donc que la fin de votre texte portant sur les prochaines élections m’a évidemment intéressé aussi. Notamment, votre mention à l’effet que “une élection avec un seul candidat, peu importe l’échelon, est le pire scénario dans une démocratie”. C’est dans cette optique que j’ai annoncé ma candidature contre le maire sortant, M. Yves Gosselin, avec qui je diffère d’opinion sur l’inocuité de parler de Shefford comme d’une VILLE, et tout ce qui va avec, dont le niveau d’effort en taxation résidentielle qui est susceptible d’en découler.

      Il me reste à espérer que les médias équilibrent la visibilité entre les politiciens en place et les candidats qui s’engagent dans cette démarche démocratique très demandante.

      Jean-Marc Desrochers
      Canton de Shefford

    • Mon voisin a un emploi qui l’occupe de 8 à 5, 5 jours par semaine. Jamais je chiâlerai s’il passe sa tondeuse le samedi ou le dimanche: c’est une affaire d’une heure tout au plus!

      Cette année, il a profité de l’aide des deux paliers de gouvernement pour changer le “clapboard” autour de sa maison et de son garage. Comme mon voisin n’est pas fortuné, il a dû exécuter ces travaux lui-même, avec l’aide de son beau-frère. Ça leur a pris trois fins de semaine pour faire le tout, de 8 à 5, beau temps, mauvais temps.

      Ça n’a duré que trois weekends, ces travaux-là. Même s’il avait fallu deux dimanche de plus… So what! C’est pas toute une vie, ça! J’aurais bien voulu entendre un de nos voisins chiâler contre lui! On aurait trouvé le moyen de le faire se sentir reject, le chiâleux!!!

      Notre maire Goulet vient de se tirer dans le pied bin correct avec ce règlement qui protège les moumounes contre les travaillants honnêtes, trovez pas?!

    • Saviez-vous que le nouveau règlement de Granby qui fait tant de bruit existe ailleurs ? Par exemple à Paris, la réglementation fixe des horaires pour les travaux bruyants et gênants pour le voisinage. Ils sont interdits, en tous lieux, à l’intérieur des immeubles comme sur le domaine public, la nuit et le dimanche toute la journée.

      En général, je trouve la France en retard sur beaucoup de point (recyclage, règles sur le tabac, et j’en passe) mais pour une fois, je trouve qu’ils ont de l’avance. Si une ville de plus de 2 000 000 d’habitants arrive à vivre avec un tel règlement et permet à leur citoyen de vivre une journée par semaine avec moins de bruit, probablement que Granby peut y arriver aussi.
      Certains diront qu’un tel règlement n’est pas nécessaire à Granby mais que ce soit à Paris ou à Granby, entendre un marteau-piqueur ou une scie mécanique (j’admet que la scie mécanique c’est plutôt rare à Paris), ce n’est pas agréable à aucun endroit. Avoir ainsi ne serait-ce qu’une journée calme dans la semaine, ce n’est finalement peut-être pas beaucoup demandé ?

      Ensuite, lorsque je lis certains commentaires et encore de plus de phrase de ce type « Les voisins sont censés s’accorder. Ma devise, moi, c’est vivre et laisser vivre » – Diane Racicot
      Avec ce genre de raisonnement, j’ai l’impression qu’on me propose de rien faire. En gros, les gens peuvent bien se débrouiller entre eux pour régler les problèmes. A ce rythme, aussi bien supprimer toute forme de réglementation puisque les gens n’en ont pas besoin. Et ne pas règlementer en disant simplement qu’on veut éviter l’abus (ici l’abus de dénonciation), c’est laisser la porte complètement ouverte à une autre forme d’abus, qui est ici le bruit excessif.

      Les questions qu’il faut se poser ici sont plutôt : est-ce que le bruit excessif (c’est de ça qu’il est question, on parle de marteau-piqueur et non de tondeuse à gazon) est une pollution ? Si oui, souhaitons-nous nous attaquer à ce problème ? Et si oui, est-il possible de laisser les gens tranquilles une journée par semaine ? Si vous répondez oui à toutes ces questions, le règlement ne devrait pas poser de problème.

      La société a généralement besoin de règlement pour évoluer et ainsi vivre dans des milieux plus agréables et sereins. Il faut généralement passer par là pour faire évoluer les mentalités d’une société. Pensez au tabac dans les bars, qui ont fait couler beaucoup d’encre à l’époque, l’Irlande à l’époque a lancé le bal et leur règlementation a été reprise par la suite dans nombreux endroit. Pourquoi ça ne pourrait pas être la même chose avec ce règlement ci ? Semble-t-il qu’on en parle à travers de nombreux journaux du pays, ne sait-on jamais, Granby ne serait pas plutôt un précurseur ? J’ose l’espérer !

      Un ex et futur granbyen

    • Je vis en “ville”. C’est un choix. Qui comporte bien des avantages, dont la proximité des services et la vie qui bouge autour de moi. Il y a les inconvénients qui vont avec: la proximité avec les autres et les bruits qui bourdonnent autour de moi.

      Y’a des véhicules qui circulent. Des jeunes qui s’amusent. Des gens qui s’activent sur leur propriété. C’est VIVANT!

      On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre! Si je veux le silence, la paix, la quiétude, l’isolement, j’irai demeurer dans le bois! Au fin fond de la “quimpingne”. J’y serai seule, tranquille…et isolée!

      Granby est, de moins en moins, une ville où on VIT, où on s’active, où on étudie, où on travaille, où on se divertit. Granby est de plus en plus une ville où on vieillit, où on magasine, où on vient dormir. Il n’en manque pas beaucoup pour que ça devienne simplement un gros village où on vient finir ses jours…et mourir. Dans le silence…

    • « vivre et laisser vivre »

      C’est expression est une formule apparue durant la Première Guerre mondiale lors de fraternisations entre soldats de lignes ennemies. L’exemple le plus connu est la trêve de Noël 1914 entre Français, Britanniques et Allemands.

      Après des combats terribles et sanglants rien ne laissant envisager une fin de la guerre imminente. À Noël 1914, la fibre humaine a été plus forte que les ordres et l’horreur. Les Français, les Allemands et les Britanniques s’interpellent, quittent leurs tranchées, échangent des cigarettes, leurs souvenirs et… organisent, semble-t-il, un match de football. Cette trêve spontanée entre les soldats français, britanniques et allemands a duré au moins une semaine.

      Quand ils ont appris ce qui se passait, les Hauts Commandements de part et d’autre de la ligne de front ont fait relever leurs troupes pour les remplacer par des soldats plus aguerris. De sérieuses sanctions ont été infligées aux pacifistes, certains officiers ont même été passés par les armes.

    • @ lagrincheuse- Le cas auquel vous faites référence n’est assurément pas le genre de situation que cherche à prévenir le réglement car de toute évidence il y a une bonne entente entre les voisins. l’entrevue du maire Goulet au 98,5 (émission de Paul Arcand) explique clairement l’objectif visé.

      @ Michel Laliberté- Il est effectivement regrettable que les élus aient à intervenir mais dans la vraie vie le nouveau réglement aura un impact limité et ce même pour ceux qui devront faire des travaux le dimanche car les gens comprennent qu’ils auront eux aussi, un jour, à refaire la toiture ou construire un cabanon. Combien de plaintes légitimes le premier WE ?

      Savez-vous qu’il y a prolifération d’auto-constructeurs qui prennent 1-2-3 ans pour construire une maison qu’ils habiteront le temps minimal prescrit par le Min du Revenu (1 an) pour la revendre avec un maximum de profit et qu’ils recommencent leur manège…Tu te fais donc chi…pendant 2-3 ans et c’est même pas le gars en question qui sera ton voisin.

      Savez-vous que certaines personnes ont aménagé des pistes de motocross sur leur terrain, que d’autres ont comme hobby de scier du bois à la tronçonneuse et que d’autres concasse de la roche au marteau pneumatique…

      Finalement, toute cette histoire semble bien servir les opposants traditionnels car jusqu’à maintenant il était bien difficile de mobiliser les troupes à l’approche des élections.

    • Je vous recommande tous de lire le blog de Lucie Lavinge ‘La tondeuse et le chien du voisin’. Vous y trouverez une solution qui éliminerait une grande partie de ces problèmes. Au delà des actions proposées, je suggères une intervention des authorités soit par une visite du conseiller de ce district en premier lieu.

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