Quand une situation dégénère ou est à un point de rupture, l’État a une obligation de mettre son pied dans le cadre de la porte. Surtout quand les conséquences sont sérieuses, comme avec la crise économique actuelle. Dans tels cas, l’interventionnisme a du bon.
Malheureusement, nos politiciens prennent aussi goût à régler des problèmes mineurs en épaulant leur bazooka. Les législateurs dans nos hôtels de ville sont des champions dans ce domaine. Que penser d’une ville qui interdit à ses citoyens d’effectuer des travaux sur leur propriété le dimanche? C’est ce que la Ville de Granby vient de faire pour réduire le bruit. La carrière de plusieurs castors bricoleurs, avides de projets de rénovation, vient abruptement de prendre fin…
Cet étrange règlement, plaide le maire secondé par une forte majorité de conseillers, vise à s’assurer que les citoyens puissent profiter en toute quiétude de leur terrain sans être importunés par des bruits agaçants provenant de chez leurs voisins. On comprend la logique. Ce n’est pas drôle de manger dehors par une belle journée ensoleillée pendant que notre Jean-Guy de voisin passe sa tondeuse ou s’affaire à couper avec sa scie circulaire les 2 X 4 de son futur deck.
Cela dit, il est quand même paradoxal qu’une ville comme Granby, qui fait des pieds et des mains pour attirer des nouveaux résidants — surtout de jeunes familles, Dieu sait qu’elle en a grandement besoin! —, qui encourage les entrepreneurs en construction à lancer des projets résidentiels, légifère pour à toutes fins pratiques interdire aux gens de travailler sur leur propriété le dimanche. Le prix des maisons fait en sorte que plusieurs ménages font le choix d’effectuer eux-mêmes certains travaux pour économiser le plus possible d’argent pour réaliser leur rêve de devenir propriétaires. Même chose pour ceux et celles qui ne font pas appel à des professionnels pour rénover leur maison. On pénalise ces gens.
Les gens favorables au règlement agitent leur argument passe-partout: ils n’ont qu’à faire leurs travaux les soirs de semaine, les a-t-on entendu à quelques reprises. C’est plus compliqué que ça. Il est certain que lorsqu’on est déjà bien installé chez soi, comme nul doute la plupart des élus granbyens, on passe ses dimanches à faire des trucs plus agréables. Mais lorsqu’on a un travail, des enfants à s’occuper, le souper à préparer, quand peut-on tondre le gazon, couper la haie, fendre le bois, réparer le patio ou le cabanon, terminer le terrassement, etc? Une réponse quelqu’un?
Le pire est que ce règlement risque de créer plus de problèmes qu’il ne va en prévenir. On voit d’ici toutes les chicanes de clôtures qui vont naître, les gens sermonnant leurs bruyants casse-pieds de voisins, allant jusqu’à porter plainte à la police — sûrement les agents ont-ils mieux à faire de leur temps!
Le règlement prévoit des amendes (de 150 $ à 1000 $) qui seront signifiées aux fautifs sur foi des plaintes reçues. De la délation, en d’autres mots. Déjà que plein de voisins ne se blairent déjà pas, imaginez après quelques mois d’application de ce règlement! Ça va gueuler, les amis!
On s’éviterait tout ce merdier avec une petite campagne de sensibilisation et de franches discussions entre voisins portant sur le thème du civisme. Tiens! Pourquoi ne pas adopter un règlement obligeant tout le monde à saluer ses voisins le matin? On pourrait commencer par ça!
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J’aimerais revenir sur cette étrange déclaration de Réal Bernard. Le conseiller, qui ne sollicitera pas un troisième mandat à la table du conseil de Granby, souhaite que Yvan Duquette soit seul en lice pour lui succéder, et ce pour lui éviter une campagne électorale et pour permettre à la Ville d’économiser de l’argent.
J’aime beaucoup M. Bernard, un homme bon, toujours disponible pour parler aux journalistes. Mais son souhait électoral est sans conteste l’une des âneries de l’année!
Une élection avec un seul candidat, peu importe l’échelon, est le pire scénario dans une démocratie. Peut-être M. Duquette ferait-il un excellent conseiller. Mais on ne veut pas le savoir, on veut le voir, comme dirait Deschamps. Quelles sont ses expériences de vie? Quelles sont ses idées? Quels sont ses projets? Comment entend-t-il interagir avec ses commettants? Comment voit-il son rôle au conseil?
En voilà un qui ne veut pas faire de… bruit.