Le gâchis chez Via Rail nous a donnés les deux déclarations les plus hypocrites de l’année (les caractères en gras sont de moi):
«Ce qui a précipité l’entente, c’est la volonté partagée par la compagnie et le syndicat de remettre le service sur les rails, de mettre un terme à la grève et de trouver une autre façon de régler les différends que de causer des inconvénients à nos clients et aux Canadiens à ce moment si important de l’année.» — Malcolm Andrews, porte-parole de Via Rail
«Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il n’y avait pas d’entente possible à court terme. (…) Après avoir évalué la situation en détail, nous avons décidé que la meilleure décision était d’impliquer un arbitre dans le dossier.» — Daniel Shewchuk, président de la Conférence ferroviaire Teamsters Canada
Clairement, on prend les gens, surtout les clients de Via Rail, pour des imbéciles! Pourquoi n’en sont-ils pas arrivés aux mêmes conclusions vendredi, avant que la grève ne soit déclenchée? Rien n’a changé au cours du week-end, si ce n’est que des milliers de voyageurs ont été forcés de trouver une alternative pour se rendre à destination. On peut soupçonner que la direction de Via Rail a cédé à des pressions politiques pour agiter le drapeau blanc. N’oublions pas qu’une élection fédérale automnale pointe.
Pas croyable qu’on laisse, en pleine récession et en pleine période de pointe des vacances, des dinosaures chez Via Rail et au syndicat représentant ses cheminots négocier une convention collective. C’était écrit dans le ciel que cela déboucherait sur un désastre.
Pour se faire pardonner, Via Rail entend offrir des rabais de 60 % sur ses billets d’ici mercredi. Voici une autre déclaration teintée d’hypocrisie:
«Nous sommes vraiment désolés de tous les inconvénients que cela a pu causer à nos clients», a affirmé Claude Arsenault, une autre porte-parole de l’entreprise. «On va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous racheter.»
Tout ça pue les relations publiques pour faire accepter l’inacceptable!
Je ne sais pas ce qui est pire: les inconvénients causés à des milliers de personnes qui ont fait confiance à Via Rail ou les plates excuses du transporteur ferroviaire à leur endroit?
Comment une entreprise, subventionnée à tour de bras par les contribuables canadiens — dont des milliers n’ont même pas accès à ses services, et ses employés peuvent-ils ainsi traiter leurs clients? Une telle attitude ne fera qu’ajouter aux arguments de ceux qui prônent la privatisation de Via Rail. Peut-être est-ce la seule façon de nettoyer les moeurs qui gangrènent cette société d’État.

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mael333ca
27 juillet 2009
12h00
vous blâmez le syndic??? faut le faire sérieux ou être malveillant tout simplement!
ramses2.1
27 juillet 2009
12h26
L’hypocrisie est à la base même des communications des syndicats et des patrons avec le public.
Combien de fois on entends ça (des 2 bords) : “Nous sommes ouvert mais la partie adverse refuse de négocier”.
On prends le public pour des imbéciles ? Rien de nouveau sous le soleil.
omni-tag
27 juillet 2009
14h39
@ Ramses2.1
“Rien de nouveau sous le soleil” ???!!!??? QUEL soleil t…
lagrincheuse
27 juillet 2009
17h22
So on retourne en arrière, l’aviation, l’automobile et l’autobus on tué le chemin de fer? Mon c..!! C’est le syndicat des cheminots qui a tué l’entreprise!
Avec l’avènement des locomotives au diesel, la rapidité du service est apparue. L’ “ingénieur” qui prenait 2 jours pour un aller-retour Montréal/Ottawa voyait son horaire réduit à une journée pour ce même trajet, de même que son “boiler man” et le conducteur (celui qui criait “tickets please! Vos billets s.v.p.!”).
Alors, le syndicat des cheminots a exigé que ses employés soient payés 2 jours pour ce trajet. Et le pro-rata pour les autres lignes! C’est ça surtout qui a empêché l’industrie de mener une saine concurrence aux autres moyens de transport. J’avais 11 ans au moment de la grève qui s’est étendue sur une période interminable lorsque les cheminots ont exigé ces salaires. Ils ont gagné, et là, t’as vu Canadien Pacifique Railways réduire ses lignes, réduire ses services pour finalement s’éteindre. Et on peut faire le même résumé pour Canadien National Railways…
Le patron est hypocrite, j’en conviens. Mais il n’a pas le choix dans cette guerre de forces: face aux syndicats, il doit se montrer aussi perfide. C’est une question de survie.
souverain
27 juillet 2009
22h11
Ben voyons donc, cessez de vous plaindre; n’habitez-vous pas dans le plusss meilleurrre pays du monde !
Les rocheuses et le ROC veulent vous voir en train ou …à genoux , comme vous voulez.. !…
rogiroux
28 juillet 2009
13h56
“So on retourne en arrière, l’aviation, l’automobile et l’autobus on tué le chemin de fer? Mon c..!! C’est le syndicat des cheminots qui a tué l’entreprise!!”
C’est évident que la voiture accessible à la grande majorité et l’essence à prix modique – même aujourd’hui! – ce n’est pas la raison principale pour laquelle le train de passager ne s’est pas développé comme en Europe au Canada et aux États-Unis…
C’est la faute au syndicat et aux travailleurs!
@ souverain ~ Une obsession maladive comme la vôtre, ça se soigne!!
phuot
28 juillet 2009
15h01
Deux groupes pourris à l’os. Des fonctionnaires qui protègent leur POSITION et un syndicat qui protègent ses REVENUS(membres). Qui protège les UTILISATEURS (payeurs)?
louwi
7 août 2009
09h43
Si on compare Via Rail avec le transport sur rail en Europe, il y a de quoi pleurer!
L’infrastructure est complètement obsolète, le matériel roulant dépassé technologiquement. Il n’y a que peu de destinations car les petites lignes en régions ont été abandonnées dans la majorité des cas. Le gouvernement a cessé de croire au transport sur rail il y longtemps et a laissé Via sans ressources réelles. Les canadiens voyageraient en train si on leur offrait un service décent.