On commence sérieusement à se demander quel est l’avenir du parc national de la Yamaska. Surtout depuis l’annonce mardi que la plage du réservoir Choinière ne sera plus surveillée tous les jours de semaine par des sauveteurs (reportage ici). Un problème de recrutement, nous dit-on.
Les journées sans sauveteurs, les employés à la guérite du parc informent les visiteurs que «la baignade est à vos risques». La belle affaire! On ne peut en effet empêcher les gens de se baigner. Sauf que pour bien des familles, c’est l’équivalent de fermer la plage; peu de gens laisseraient leurs enfants se baigner sans la présence de sauveteurs. Malgré toute la vigilance déployée par les parents, un accident est si vite arrivé. En ce sens, les sauveteurs s’avèrent un filet de sécurité supplémentaire. On n’est jamais trop prudent!
Quand on se pointe au parc pour une seule journée, on a toujours le choix de s’en aller. Mais que fait-on lorsqu’on s’est installé pour quelques jours sur un des 144 sites de camping du parc? On est baisé! Une plage surveillée, n’est-ce pas un service de base lorsqu’on paie entre 22 $ et 35 $ la nuit pour séjourner? Méchante carte de visite!
C’est quand même incroyable qu’un parc de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) ne puisse garantir la présence de sauveteurs lors des heures de baignade! On ne parle pas ici d’un camping le long d’une autoroute. On parle d’un parc national — non sans ironie, la publicité pour le parc de la Yamaska mentionne presque toujours la plage comme attrait! Ça frise la publicité trompeuse.
On comprend que les sauveteurs se font rare. Et qu’ils sont fortement sollicités. Surtout dans notre région où l’Amazoo (piscine à vagues du Zoo de Granby) et Ski Bromont (glissades d’eau) en embauchent plusieurs chaque année. Mais telle est la réalité du marché pour cet emploi. Aux gestionnaires de la Sépaq de s’ajuster. En commençant par offrir de meilleurs salaires. Pour l’heure, les 47 sauveteurs à l’emploi de la Sépaq dans sept de ses 22 parcs (Yamaska, Orford, Oka, Tremblant, St-Henri-de-Taillon, Aiguebelle, Frontenac) gagnent 12 $ de l’heure. Clairement, c’est insuffisant.
On s’est souvent bombé le torse à la Sépaq de la hausse de l’achalandage au parc national de la Yamaska. Depuis trois ans, on est plus réticent à aborder le sujet. La réalité est que le parc perd maintenant des visiteurs. Les fermetures fréquentes de la plage en raison de l’éclosion d’algues bleues ont contraint des habitués de l’endroit de trouver un autre oasis.
Les problèmes du parc de la Yamaska ne sont pas qu’estivaux. L’hiver, c’est le ski de fond qui pose problème. En fait, la Sépaq a réglé le problème en 2007: elle a cessé d’entretenir mécaniquement les pistes, transférant l’équipement au parc du mont Orford.
Le nombre de fondeurs au parc de la Yamaska était insuffisant, avait-on alors expliqué. Remarquez bien, la Sépaq s’était fait plutôt discrète côté publicité pour promouvoir le parc de la Yamaska comme destination de ski de fond…
Il est grand temps que la Sépaq donne un coup de barre pour renverser la vapeur au parc national de la Yamaska. Elle pourrait commencer par le doter d’une direction. Le parc national de la Yamaska est administré à partir d’Orford, une situation décriée avec raison par plusieurs intervenants dans la région. Ça en fait presque un parc satellite. Un satellite qui gravite loin des préoccupations de ses dirigeants.