Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Lundi 29 juin 2009 | Mise en ligne à 17h23 | Commenter Commentaires (5)

    Pourquoi on déteste (parfois) les gens d’affaires

    Aménager dans une maison neuve est sûrement un moment excitant pour tout ménage. Mais imaginez que vous arrivez tout heureux avec votre camion de déménagement devant votre maison, payée entre 140 000 $ et 200 000 $, et que vous constatez que l’électricité n’a pas été branchée. Puis qu’on vous informe que ça pourrait prendre un mois… Le rêve transformé en cauchemar!

    Ça ne se passe pas à 150 kilomètres au nord de Baie-Comeau. Ça se passe à Granby où une dizaine de ménages, fraîchement installés depuis quelques jours dans leur maison des Faubourgs du Séminaire, un nouveau quartier résidentiel à Granby, broient du noir.

    Ils doivent se passer de leur frigo, de leur cuisinière, de leur laveuse, de leur réservoir d’eau chaude, de leur climatiseur, de leur piscine. Certains ont recours à une génératrice. Mais ça fait du bruit, ça pue et ça coûte cher! Le barbecue dépanne bien, mais il n’a pas d’option douche!

    Une vingtaine d’autres ménages s’ajouteront à cette colonie de tristes campeurs urbains dans les prochains jours alors qu’ils prendront eux aussi possession de leur maison. Tout ça en raison — et là on reste très, mais vraiment très poli parce qu’on est bien élevé — d’un manque de communication entre l’entrepreneur Michel Ducnesneau et Bell, l’entreprise responsable de l’installation des poteaux dans ce secteur de la ville.

    Faisons une histoire courte: l’entrepreneur a oublié d’informer Bell que les dénivellations des terrains faisaient en sorte que certains poteaux devaient être d’une longueur de 45 pieds et non pas de 40 pieds. Info importante, me semble-t-il. Et quand on traite avec une grosse boîte comme Bell, incapable de se virer de bord sur un 10 ¢, c’est le genre de détails qui fait que l’échéancier ne peut être respecté.

    Une erreur, ça arrive, vous vous dites. Oui. Mais quand le responsable de la bourde refuse de le reconnaître… Pire, qu’il se considère presqu’un bon samaritain dans cette affaire puisqu’il dédommage ses clients (un gros 25 $ par jour)! Et tenez-vous bien: il claironne qu’il n’a pas à le faire puisque les contrats le liant à ses clients le dégage de responsabilité devant une telle éventualité! Ça laisse pantois, non?

    Ce n’est pas parce qu’une telle clause est écrite dans un contrat que c’est nécessairement légal. Et entre vous et moi, un projet clé en main n’inclut-il pas à tout le moins l’électricité? Qu’en dirait un juge?

    Excusez le cliché go-gauche, mais on comprend pourquoi certains gens d’affaires peinent à s’attirer le respect.

    * * *

    Ça nous amène à parler de Jean-Claude Duchesneau, le frère de l’autre. L’ancien conseiller municipal recevra 123 000 $ de la Ville de Granby en guise de dédommagement pour l’expropriation d’un terrain pour reconfigurer la rue Simonds Sud.

    Le hic: M. Duchesneau, un conseiller municipal défait en 2005, a acheté le terrain un an auparavant au coût de 57 635 $. Or, au nom de la Ville de Granby, c’est lui qui a négocié à l’époque avec les anciens propriétaires du terrain.

    Cette affaire a toutes les apparences d’un conflit d’intérêts. De un, M. Duchesneau était directement impliqué dans le projet de reconfiguration de la rue. De deux, en tant que conseiller municipal, il détenait des informations privilégiées sur ce projet d’expropriation (intentions de la Ville, montants discutés, etc.).

    Écarté démocratiquement du conseil, l’éthique la plus élémentaire commandait à M. Duchesneau de rester à l’écart de cette transaction. Son geste n’est pas illégal. Toutefois, il nourrit la méfiance des gens envers la classe politique. Désolant!


    • Si mon fils de 14 ans volait un paquet de cigarettes au dépanneur il serait traité en délinquant et le système l’avalerait. Mais pas ces deux monsieurs, pas plus que l’ex ministre de la santé qui a reçu presqu’une sorte de pot de vin rétroactif sous forme d’emploi rémunéré par ceux qui ont bénéficié des mesures votés une semaine avant son départ. Toute comparaison reste boiteuse, je sais…

    • C’est bien une des rares fois où ce n’est pas la faute de Bell…

      Mais, sans trop gratter, on a vu pires promoteurs-contracteurs. Sur l’Île-Soeurs il y a quelques années, une tour à condos qui menaçait de s’effondrer. Au même endroit: les égoûts des tours à condos qui se vidaient directement dans le Fleuve. On a également vu le phénomène des fondations de pyrite dans des dizaines de développements à différents endroits dans Montréal et sur la Rive-Sud…

      C’est “platte” pour les proprios des nouvelles habitations du Séminaire, mais c’est moins coûteux que d’avoir à refaire les fondations dans cinq ou six ans d’ici. Non?

      Je crois aussi que les Entreprises Michel Duchesneau offrent un bon produit à leurs acheteurs. Je connais plusieurs ménages qui ont acheté une maison de ce contracteur et ils se disent enchantés de leur demeure, que ce soit une maison ou un condo.

    • @gato

      Il n’y a pas que ce ministre… Voir aussi Couillard qui se recycle aux cliniques privées après avoir fait passer plusieurs lois et/ou amendements leur étant favorables. Où donc est rendue l’enquête pour conflit d’intérets, déjà? Avec Charest majoritaire, elle est surement tablettée, maintenant… Et Couillard se la coule douce dans un poste qu’il s’était négocié alors qu’il était ministre. Hum… En effet, rien pour aider la confiance du public.

    • @haro et @rysen24
      Vous êtes loin du sujet, les filles. M. Laliberté a lancé une discussion sur les agissements de Bell et des Entreprises Michel Duchesneau. Ça n’apporte aucun éclaircissement d’ajouter des magouilles de politique à ce problème d’homme d’affaires et d’entreprise privée. Vos idées seraient pertinentes dans un blogue portant sur les magouilles de politiciens.

    • Une petite pensée et un clin d’oeil à m. Goulet. Je me permet de sourire en coin pour lui en pensant que m. Duscheneau et ses amis font les paons dans les tribunes publiques en lui faisant la morale pour sa présumée mauvaise gestion et ses dépenses. Tiens toé Duschesneau!!!! et j’espère ce ces pauvres gens qui ont fait le plus gros investissement de leur vie penseront a un recours collectif. L’entrepreneur a une responsabilité légale. C’est lui le professionnel. Il y a de bons avocats a Granby!

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