Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Lundi 30 mars 2009 | Mise en ligne à 14h35 | Commenter Commentaires (15)

    Les communistes du réseau de la santé

    Tenez-vous bien, car cette histoire est invraisemblable. Vraiment incroyable. Trois infirmières sur la liste de rappel du Centre hospitalier de Granby ont été récemment mises à pied parce qu’elles n’ont pas postulé un emploi à temps plein. Vous avez bien lu; elle ont été virées. Bonsoir!

    Ma collègue Chantal Vallée a sorti samedi cette nouvelle sans queue ni tête (lire son texte ici). J’ai dû relire son reportage trois ou quatre fois pour être certain d’avoir bien compris. La première fois, je me suis presque étouffé avec mon jus de pamplemousse et ce n’était pas en raison de l’acidité de l’agrume!

    Comment la direction a-t-elle pu flanquer à la porte trois infirmières d’expérience alors que l’établissement peine à attirer des professionnels dans ses rangs? Très simple. Elle suivait à la lettre un décret gouvernemental obligeant les centres de santé à sanctionner ses employés sur la liste de rappel qui refusent de passer à temps plein.

    Les mandarins du ministère de la Santé et des Services sociaux appellent ça un «exercice de titularisation». C’est leur grande trouvaille pour attribuer des postes aux infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes. Et pour «encourager» les professionnels sur la liste de rappel à sauter dans le bain du travail à temps plein, on les menace de les biffer de la liste de rappel s’ils lèvent le nez sur les postes offerts. C’est digne d’un ex-pays communiste!

    On comprend que tout le réseau de la santé est en manque de ressources spécialisées. Que les hôpitaux et centres de soins de longues durées publient à l’année longue des offres d’emplois. Que l’attribution de postes à temps plein soulage le réseau. Malgré tout ça, peut-on obliger — en fait pratiquer la coercition — quelqu’un à postuler un poste qu’il ne veut pas? La réponse est bien évidemment non. Mais allez expliquer ça aux génies qui ont imaginé cette mesure…

    Voici une suggestion pour eux:  ne perdez plus de temps à afficher des postes et à passer des entrevues; désignez immédiatement les personnes qui occuperont ces postes. Won’t take no for an answer, comme diraient les Soviétiques.

    Au lieu de tendre des pièges à leur personnel, les gestionnaires du réseau de la santé devraient s’interroger à savoir pourquoi autant d’employés sur la liste de rappel passent leur tour lorsque des postes à temps complet s’ouvrent. Probablement que l’attitude patronale malsaine qui règne dans le réseau y est pour quelque chose.

    Bravo aux professionnels de la santé qui acceptent d’entrer à temps plein dans nos hôpitaux et CHSLD pour offrir des soins à la population. Leur aide est précieuse et fort appréciée. En même temps, respectons celles et ceux qui préfèrent, et ce peu importe les raisons, continuer sur la liste de rappel. Et de grâce, que leurs patrons leur foutent la paix.

    Clairement, on n’a pas viré les bonnes personnes!


    • Vive le Québec…………………………………………………………………………………..pauvre.

    • Monsieur Laliberté,

      Je crois que vous avez mal interprété le propos de madame Vallée.
      Je suis une retraitée du CHG depuis 1995.
      J’y ai passé 20 ans, d’abord à temps PARTIEL sur la liste de RAPPEL, ce que ces 3 infirmières étaient, selon madame Vallée.
      Puis j’ai dû moi aussi postuler pour un poste RÉGULIER mais à temps PARTIEL, puisque je ne voulais pas faire un temps PLEIN.
      Alors ici ce n’est pas le temps PLEIN versus le temps PARTIEL comme vous semblez le croire qui est en cause, mais plutôt la liste de RAPPEL versus un poste RÉGULIER.
      Je ne crois pas que cet exercice de titularisation soit mauvais en soit, car l’hôpital s’assure que pour chaque temps PLEIN, elle à un temps PARTIEL pour pourvoir aux nombreux congés dont dispose un employé RÉGULIER.
      Vous savez il y a des postes RÉGULIERS sur l’équipe volante qui font le travail des listes de RAPPEL.
      Aussi je crois que pour faciliter la gestion du personnel se sont ces listes de RAPPEL qu’on veut abolir…
      Déjà dans les années 80-90 on tentait l’exercice de temps à autre… Peut-être ont-ils enfin les outils que nous n’avions pas pour le faire légalement…Vrai ou faux…RSVP…

    • Et voilà la source du problème. Le réseau de la santé est géré par un réseau d’incompétents qui prennent des décisions aussi stupides les unes que les autres bien assis dans leurs fauteuils. Jamais, mais au grand jamais, ils ne vont voir le résultat de leurs décisions sur place. Heureusement pour eux qu’ils n’y sont pas obligés, car je crois qu’ils se feraient lyncher.

    • Bonjour vintage41,

      Vous avez absolument raison. J’ai confondu temps partiel avec liste de rappel… quoi que les deux situations se valent pas mal.

      Ça ne change toutefois en rien l’invraisemblance de ce système. Licencier des professionnels de la santé parce qu’ils ne veulent pas travailler à temps plein frise la folie. On comprend pourquoi autant d’infirmières se laissent tenter par un emploi dans le secteur privé. Là au moins on les respecte.

      Merci de la précision (j’ai modifié mon texte pour en tenir compte).

      Grand parleur

    • Pour avoir sieger sur un CA d’un etablissement hospitalier pendant 6 ans, en passant les CA sont des jokes en soi, car il n’ont pas grands pouvoir anyway, et les membres sont tous copains-copains, a l’exception de quelques gens du prive (on nous regarde de haut car on est pas de la fonction publique donc on ne peut pas comprendre), et je ne suis pas surpris de lire ce genre de nouvelles, les CA et Directeurs d’etablissement hospitalier sont tres loin des usagers, leur decision sont by the book et au grand jamais ils ne voudront prendre le risque d’essayer de changer quelque chose meme si la decision est absurde en soi.

    • Le patron, ou tout bon gestionnaire, d’une entreprise se doit d’aller “flâner” sur l’étage de la production. Pas pour espionner, mais pour bien comprendre comment ça fonctionne là-dedans. Pour bien voir où il y a place à amélioration(s). Ou tout simplement pour mieux connaître et son entreprise, et les besoins de celle-ci. À date, je n’ai jamais vu un administrateur “flâner” sur les étages du C. H. G., sauf en compagnie de visiteurs de marque…

    • Fonctionnaire depuis 35 ans, à 6 mois de la retraite, je vais pouvoir écrire un livre sur la bêtise… Ce que vous venez de nous dire ne m’étonne pas du tout.

      Il y a une phrase que je ne veux plus JAMAIS entendre : Vous devez suivre les procédures….

      La fonction publique compte une multitude de travailleurs compétents, intelligents, imaginatifs et dévoués (à la clientèle).

      Le ”By the book” étouffe toutes ces qualités dans l’oeuf !

      J’ai très hâte de faire de l’air !

    • À ma connaissance, il s’agit du seul milieu ou les employés décident de travailler quand bon leur semble et cela, en dépit des besoins du service. On dénigre le milieu de la santé mais avec un tel système de partiels, de plein temps, de temporaires et j’en passe, comment peut-on gérer une telle entreprise ? Syndicat, quand tu nous tiens.

      Ces personnes reçcoivent-elles du chômage et si oui, leurs prestations sont-elles coupées si elles refusent de travailler ? J’en doute et c’est la raison pour laquelle ces personnes refusent de travailler quand on leur demande. De toute manière, la poche gouvernementale paie quand même. Le modèle québécois s’intitule « Vvre au dessus de ses moyens ». En passant, le régime d’assurance parental est dans le trou de 300 millions de $$$.

    • QUI sont LES champions du néo-libéralisme???
      QUI sont LES spéculateurs de la bourse de wallstreet???
      QUEL groupe minoritaire détient une grande part des actifs des NATIONS, les mettant au profit d’une seule nation sur le respirateur artificiel???

      …je pense sincèrement que nos pères se sont fait bernés dans la 2e guerre mondiale et que l’on était du mauvais coté. Non pas de la liberté individuelle, mais celui de ”l’entreprenaria”( et que les PME ne se sentent visé ici, loin de ça!!!). Ils sont mort pour le droit de ce faire vendre à des intérêts étrangers!!! Et aujourd’hui on est dans la m rde jusqu’au coup, et les élites pensant qu’il y a moyen de tout ‘’squeezer” le jus qu’il ne reste même plus en nous, vont engendrer le chaos en les nations!!!

    • Il faut se mettre de l’autre côté de la médaille, moi si j’ai une entreprise pour lequel j’ai des employés sur appel, mais que désormais, j’ai besoin d’une personne temps plein, je vais proposer le poste à ceux sur appel, s’ils refusent, et bien, j’engage une personne temps plein et je coupe le ou les poste sur appel, et donc oui, la ou les personnes sur appel ont perdu leur job parce qu’ils ont refusé le poste à temps régulier.

      C’est tout simplement de la bonne gestion, une ressource sur appel qui fait du plein temps coûte plus cher qu’une autre personne régulière, c’est tout.

      Comme le mentionn vintage41, il pouvait prendre un poste régulier à temps partiel s’ils ne voulaient pas faire du temps plein, la raison de refuser un poste régulier et tout simplement pécunier dans ce cas.

    • @ demchris

      En principe, vous avez raison. Mais la problématique se situe au niveau d’une pénurie. Pénurie que notre bon gouvernement nous brandit à toutes les sauces afin d’expliquer le manque de service. Alors, si vous aviez une entreprise et que vous ne trouviez aucun preneur pour un poste à temps plein, est-ce que vous couperiez vos postes sur appel? D’ailleurs, ces postes sur appel, c’est bien vous le chef de l’entreprise qui les avez créé. Et pourquoi les avez-vous créé? C’est bien parce que vous ne vouliez pas créé des postes à temps plein à ce moment-là et que vous vouliez une source de personnels diponibles pour remplacer des absences ou autres raisons.

    • Le gros problème que j’ai avec Radio-Canada, c’est que certains gens qui pronent plus d’investissements dans cette tumeur est qu’ils oublient de mentionner qu’ils interviennent dans différentes émissions (radio ou télé) et on donc un parti prix. Pourquoi ce manque d’intégrité? Pour ce qui est de la qualité du produit, il faillait voir la Galipeau déraper lors de l’entrevue avec le premier ministre pour constater qu’il y a place à plus de compression sans trop affecter la qualité!

    • @rnolin

      Oui bon point, effectivement, tu prends ce qu’il y a sous la main (je suis moi même consultant, et même si tous mes clients voudraient bien m’avoir comme employé permanent, c’est toujours non mais ils me gardent car ils n’ont aucun façon de me remplacer). Par contre, j’ai parfois des clients qui refuse de continuer avec moi car je leur reviens trop cher, et je respecte ça.

    • Bonjour, c’est ma première visite sur un blogue, je crois qu’il faut s’y mettre si on veut demeurer dans la ¨game¨.
      Je suis en grande partie en accord avec les opinions exprimées. Un centre hospitalier ne devrait pas remercier une infirmière qui offre une disponibilité si petite soit elle, tant que cela ne vienne brimer les droits des autres employés. J’ai aussi fait parti d’un conseil d’administration d’un centre hospitalier où les aberrances ne manquaient pas. Par contre si on laissait choisir à chaque travailleur ses conditions de travail alors là nous serions soumis à la disponibilité personnelle de chacun et croyez-moi nous n’aurions pas beaucoup de volontaires pour travailler les dimanches, les quarts de nuit ou du soir ainsi que les jours de fêtes. Mais n’est pas là la vraie question. Comment utiliser intelligemment nos ressources professionnelles? Une infirmière d’expérience pourrait faire beaucoup d’actes qui lui sont actuellement permis par les nouvelles lois mais il est trop difficile de rendre ses lois opérationnelles, donc les infirmières en sont réduites à faire certaines tâches qui ne requiert pas nécessairement toute la formation dont elles disposent au détriement de tâches pour lesquelles elles ont été formées. De plus, c’est un bon moyen de maintenir des temps et des listes d’attentes inacceptebles. La plupart des professionnels vous confirmeront la sous ut ilisation des compétences professionnelles dans les soins de santé. Je suggérerais que l’on fasse un projet pilote qui démontrerait bien ce que j’avance…
      Merci

    • Il ne s’agit que d’une illustration supplémentaire du fait qu’une organisation administrative ne peut pas fonctionner correctement, faute de pouvoir être gérée correctement.
      Au lieu de répondre aux besoins concrets, une telle organisation déploie l’essentiel de son énergie à respecter des règlements dont la complexité est proportionnelle à leur taille.

      On ne compte plus les exemples d’absurdité rencontrées dans les écoles, les armées, les hôpitaux et tous les “services publics”, qui s’expliquent très bien quand on connaît les cadres réglementaires dans lesquels les gestionnaires ont dû agir.

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