Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 26 mars 2009 | Mise en ligne à 15h03 | Commenter Commentaires (16)

    La déconstruction politique de Radio-Canada

    Radio-Canada/CBC perdra plus que 800 employés dans la vague des compressions de 171 millions de dollars annoncée hier par le grand patron de la boîte, Hubert Lacroix. Déjà fragile, la pertinence de la société d’État, souvent remise en question par le gouvernement Harper, continuera de s’éroder dans l’opinion publique. Dans ce contexte, quel avenir pour Radio-Canada/CBC?

    La situation n’a rien de réjouissant. S’il est vrai que les contribuables canadiens financent la SRC-CBC à hauteur de 1,1 milliard de dollars par année par le biais de leurs impôts, le télédiffuseur/radiodiffuseur leur rend au centuple grâce à la qualité et à la diversité de sa programmation. Une réalité que plusieurs ont tendance à oublier ou encore ignorent délibérément.

    Soyons sérieux. TVA, CTV ou Global, les trois grands diffuseurs télévisuels au Canada, n’accotent pas la SRC/CBC en matière de qualité du contenu. Ça inclus la qualité des émissions d’information (nouvelles avec des informations de l’international, affaires publiques, documentaires) et celle des télé-séries — êtes-vous capable de nommer une seule oeuvre émanant de TVA depuis dix ans pouvant rivaliser d’originalité avec Les Invincibles, Grande ourse, Minuit le soir?

    Et là on ne parle pas de la radio. La qualité du contenu de Radio-Canada est à des années lumières de celles des radios privées. Hormis la gang du FM parlé de Montréal (98,5), les grandes stations radiophoniques au Québec n’ont pas grand chose de substantiel (et d’intelligent) à offrir à leurs auditeurs.

    Tout ça s’explique par le fait que le premier poursuit un mandat tandis que la raison d’être des autres est la poursuite des profits. Radio-Canada est un service public. En ce sens, l’entreprise doit refléter la culture du pays et servir de tremplin aux jeunes créateurs et de tribune aux plus expérimentés. À l’inverse, ses concurrents du privé ne s’intéressent qu’aux cotes d’écoute, donc aux profits. Le malheur est que les cotes d’écoute des émissions ne sont pas toujours gages de leur qualité.

    Malgré ces énormes compressions, Radio-Canada/CBC continuera de se démarquer de ses concurrents — pas difficile, direz-vous. Ça pourrait malheureusement donner des munitions au gouvernement Harper, l’ennemi public numéro 1 de l’entreprise étatique. Pour affaiblir davantage la société d’État, on imagine le premier ministre plaider les vertus du faire plus avec moins. On assistera à une autre étape de la déconstruction de la SRC/CBC par des instances politiques.

    La beauté du faire plus avec moins est que cette grande philosophie économique justifie toutes les décisions, même les décisions idéologiques plus irréfléchies.


    • Entièrement d’accord avec vous.

    • Les T.V du Privé doivent affrontés la crise et faire des coupures alors que les payeurs de Taxes doivent secourir R-C,je suis sûr qu`il y a matière à dégraissage dans cette société d`Etat.En plus de recevoir de l`argent public,cette société vient pigé dans l`assiette publicitaire du Privé.

    • Je considère que le rapport qualité-prix fait de la radio et de la télé de la SRC de véritables aubaines.

      Le 98,5, privé, n’est pas à dédaigner, en ce sens qu’il informe, instruit et offre, comme la radio publique, d’intéressantes avenues de réflexion et de discussion.

      Je n’ai accès à cette radio que par l’intermédiaire du web. Alors que Radio-Canada, elle, s’est donné des antennes partout au Québec et bien au-delà. De Halifax à Vancouer, cette radio de qualité m’a accompagné partout.

      En matière de télévision, le privé parvient à informer, mais tout juste. Le privé n’offre pas ces moments de grâce que sont, par exemple, La Semaine verte, Second regard, Enquêtes, Zone Doc, toutes émissions dont la cote d’écoute famélique est inversement proportionnelle à l’intérêt qu’elles suscitent et au besoin de culture et d’information qu’elles viennent combler. Ou qu’offre Télé-Québec, avec Bazzo, ou même ce concept très intelligent, La Joute, animée par Bureau. Des débats. De l’info. De la réflexion… Merci.

      J’aime bien TLMP, pour la gouaille de Turcotte, pour les discussions parfois inattendues ou déjantées qu’ont entre eux les invités. Mais si j’avais le choix, je prendrais un télé-théatre, de temps à autre, en emplacement de Guy A. et de ses invités. J’accepterais bien qu’on me serve de nouveau des grands films, précédés de commentaires intelligents.

      Le privé ne saurait combler ces besoins, car la présentation de ces grands dossiers n’est pas rentable, faute de cotes d’écoute.

      Depuis des décennies, les politiciens fédéraux forcent en quelque sorte CBC / SRC à devenir une télévision plus populaire, pour ne pas dire, parfois, populiste. Maintenant qu’elle ressemble à maints égards à la télé privée, on lui fait reproche de ne pas en être différente, de n’en être pas plus utile, et on sabre!

      Ce gouvernement est plus sensible à la CBC qu’il ne l’est à la SRC. Normal; il a été élu (avant tout) par des anglophones, ignorants des particularités du réseau français et du Canada français, pour ne pas dire du Québec…

      Combien d’émissions produites au Canada anglais, atteignent ces cotes d’écoute que nous constatons au Québec pour des productions québécoises, que ce soit au privé ou à la télé publique? Bien peu de productions canadiennes ont atteint les 3 millions auxquels on assiste parfois au Québec. Et pourtant, le marché anglo-canadien est quatre fois plus étendu. Trois millions au Québec, c’est comme si 11 millions de téléspectateurs étaient rivés au même écran dans le Rest of Canada.

      Le réseau anglais, CBC, a un degré de pénétration de son marché très inférieur à celui de la SRC. Normal, encore une fois. Les anglos, ils ont acc`s à CBS, ABC, NBC, Fox, PBS, à ses “Super-Stations”, à des centaines de chaînes spécialisés que la barrière de la langue empêche d’envahir le Québec.

      Ce que Harper a sous les yeux c’est l’échec relatif de la CBC, plutôt que le succès (touts proportions gardées) de la SRC.

      Ce gouvernement applique des politiques mur-à-mur; ce faisant, il risque d’être bien accueilli en Alberta, mais fort mal reçu au Québec.

      Les deux solitudes. Play it again, Sam…

    • “…on imagine le premier ministre plaider les vertus du faire plus avec moins.”

      On remarquera que cette approche est appliquée dans des secteurs précis soit la culture dans ce cas-ci. Qu’en est-il d’autres secteurs tels l’appareil gouvernemental et/ou les subventions versées aux entreprises étrangères venues siphonner nos ressources naturelles?

      Ne pourrait-on pas appliquer ce modèle à ces niveaux?

    • Copie du courriel que j’ai envoyé à mon député fédéral Claude DeBellefeuille cet après-midi:

      Bonjour!

      Depuis l’annonce des compressions à la Société Radio Canada hier. Je suis demeuré dégoutté qu’on sabre dans ce joyau de notre culture populaire.

      Aujourd’hui, j’apprends ce qui risque d’être coupé. SRC est la seule et unique source de nouvelle locale dans certaine région. Pour m’impliquer activement et quotidiennement à la radio locale chez moi. Je sais à quel point l’information locale est essentielle.

      J’ai l’impression que le gouvernement Conservateur cherche à faire passé ces coupures en culture de la dernière fois et qui ont échoué, en catimini sur le dos de la SRC.

      Je ne doute pas que TVA vas applaudir à 2 mains ces coupures. Mais il ne faut pas oublier que c’est l’industrie culturelle Québécoise au grand complet qui vas payé pour celas. On as un environnent culturel enviable. On s’est construit une télévision de grande qualité dans les 50 dernières années. J’ai peur que ces coupures ne soit que le début de la fin de la télé de qualité au Québec et le début de notre américanisation “made in USA”. Un emplois de journaliste local de moins est une porte qui se ferme sur la démocratie.

      Je tien à nos télé-série et téléroman Québécois. Je tien aussi aux émissions culturelle à la SRC et je tien surtout aux nouvelle régionale même si j’habite la rive sud de Montréal.

      Je refuse de resté à rien faire et de regardé notre télévision publique se dégradé tranquillement à cause de notre indifférence collective et d’un gouvernement Conservateur plus intéressé à son idéologie qu’a la défense de notre télévision d’états.

      J’ignore ce que je peut faire, concrètement, pour soutenir la SRC. Mais je peut offrir mes services pour allé manifesté dans la rue. Comme je l’es fait pour soutenir la coalition. Je peut aussi faire du porte à porte pour faire signé une pétition.

      Ignorant par où commencé, j’ai décidé d’écrire à mon député fédéral pour débuter. Si une action est en préparation. Je répondrais présent!

      J’ai trop peur que ces coupures ne soit qu’un début et je ne désire pas resté les bras croisé…

    • Excellent papier. Je le mettrai dans mon Ebook.

    • êtes-vous capable de nommer une seule oeuvre émanant de TVA depuis dix ans pouvant rivaliser d’originalité avec Les Invincibles, Grande ourse, Minuit le soir?

      Facile voyons, La Poule, Dieu Marci, Occupation Double très (cul)turel ça. Le Banc.. quier… et Tord Académie.

      Et voila pourquoi que le niveau d’intelligence des québécois baisse.

    • Nivellement par le bas ! Profit contre qualité. Les Jeff Filion se vendent mieux que Christiane Charette…. hélas ! Parfois j’ai honte d’être née ici.

    • Nathalie Petrowski a une bonne article aussi ce matin, sans etre un fan de Harper, les liberaux de Chretien avait fait pires,

      Que l’on laisse les pubs au prive que RDI et SRC fusionnent pour devenir un PBS 100 fois meilleures, que l’on rapatrie les subventions accorde au Prive (credit d’impot pour produire Star Academie etc…) donc le prive aura les revenus de la pub et la SRC aura le rapatriement des subventions sans revenus de Pub

    • Ce Gouvernement n’en est pas un d’ouverture alors il ne faut pas se surprendre de ces coupures. Pourtant il n’y a que Radio-Canada qui peut nous offrir de l’information de qualité et ce tant à la radio qu’à la télé. C’est une décision afin de plaire à la base ” réformiste” de l’ouest Canadian!!!

      Tout simplement désolant.

    • La série Nos étés à TVA, quoique pas spécialement originale, était excellente.

    • @ jackwood

      Vous dites : «En plus de recevoir de l`argent public,cette société vient pigé dans l`assiette publicitaire du Privé».

      Développez votre argumentaire car je ne vous suis plus. Que tentez-vous de d’expliquer ??

      Je suis bien d’accord avec Grand Parleur concernant la qualité du contenu à la SRC. Pu capable de TVA, de Larocque, de Séguin et de leurs reportages populistes. Surtout de leurs sondages et enquêtes bidons maisons, légers marketing. Pfff, encore du n’importe quoi !!!

      Et, je suis bien décu de la réflexion de certains commentateurs. D’après ce que j’ai lu et entendu, mis à part Le Devoir, que je n’ai pu lire, personne. Ainsi, seule Petrowski, dans un paragraphe de fin d’article, fait mention, et critique en même temps, le fait que la direction de CBC/SRC ait décidé de supprimer les 800 emplois de facon égale. C’est PRESQUE du 50/50. La CBC fonctionne avec un budget beaucoup plus élevé que la SRC, sans parler de la taille (nombres d’employés) de ces deux entités (CBC emploie plus de gens). La direction aurait dû tenir compte de ces deux critères et cela m’outre grandement. Je ne la comprends pas. On dirait que cela passe toujours plus facilement quand le grand «boss» est un francophone. TSSéé, la bonne veille stratégie du Canada anglais. APrès Cartier, St-Laurent, Trudeau, Mulroney, Chrétien, Dion, vas-y mon Hubert, laisse toi aller, gâte toi. Oh mon Dieu que j’en ai ma claque de ce pays et de ses facons de faire !!!

      À quand un pays ???????????????

    • Avez-vous regardé la Soirée des Jutra dmanche soir dernier? Entre vous et moi, c’était une émission terne et sans vie… Il en va de même pour tout ce que la SRC touche: décors ternes, animateurs/reporters sans charisme… Et ils font ça avec nos impôts, en plus. Il est plus que temps qu’un gouvernement y voit!

    • @ lagrincheuse

      Madame, il m’arrive, bien malgré moi (hihihi), de m’emporter et de généraliser, comme vous le faites dans votre dernier commentaire, Mais là, je suis complètement en désaccord avec vous. Oui, les journalistes – et les auditeurs – ont varlopé et trouvé terne ce gala, que je n’ai pas vu, en passant. Mais votre équation ne tient tout simplement pas la route. Vous vous situez, bien malgré vous, cette fois, dans le champ gauche, Madame.

      La SRC fait de la bonne TV, bien plus intéressante que ce que TVA nous propose, par exemple. Sans compter l’information de qualité que l’on y diffuse …

      Cependant, on peut toujours faire mieux, s’améliorer.

      Dans quelle catégorie d’âge vous situez-vous ??

    • @buggly
      Je ne révèle mon âge à personne. Suffît de dire que j’ai eu lachance d’aller à l’école chapeautée par le “département de l’instruction publique”. J’ai donc connu l’ère des “Bonjour monsieur l’inspecteur”. Cela a comme avantage que j’ai appris avant les réformes!
      La SRC, c’est vrai, a de bonnes émissions d’information. Mais leurs bulletins de nouvelles manquent en quelqe part: souvent, losqu’il se produit de graves incidents (tuerie de Dawson), TVA est sur place en premier et nous fait part des derniers dévelopements en premier. Ce fut aussi le cas lors de la crise de Kanawaghe, vous souvenez-vous? Et la fois que Bernard Derome a annoncé la défaite du PLQ en 2003?… WOW! Quelle rigueur…
      Les téléromans maintenant, parlons en! De la chicane! Du mélodrame! Le dernier bon téléroman de la SRC remonte aux années ‘80, avec Le temps d’une paix. Depuis ce temps, c’est la décadence côté téléromans.
      Et je paye des taxes (et mes produits de consommation plus cher) pour subventionner ce qu’il ne m’intéresse plus de regarder.

    • Ouais…

      On peut aussi souligner la médiocrité assommante de Virginie qu’on nous rabache quotidiennement depuis plus de 1 000 ans. Les reprises doublées de National Geographic avec un petit commentaire introductif pédant à 200 mille dollars par année. Ou l’absence totale de retenue et de respect des journalistes pour toute autre opinion que la leur. Par exemple, en 7 ans de présence militaire en Afghanistan, avez-vous entendu UN SEUL reportage qui soulignait certains succès de l’armée canadienne ? est-ce que ça veut dire que ce sont tous de parfaits colons nos militaires et que rien de bon n’est sorti de leur intervention ? Qu’aucun de leur objectifs n’a été atteint ? qu’aucun bénéfice n’existe ? ou est-ce qu’il y a comme un problème ?

      Le même problème qui permet a René Homier-Roy et bien d’autre de vomir jour, après jour, après jour, sur les conservateurs, sans la moindre tempérance, la moindre objectivité et sans le moindre respect pour le % significatif de contribuables qui ont voté a droite ?

      Il y a a boire et a manger…

      Je comprends que la société d’État contribue de par certaines qualités, mais elle pêche aussi par de nombreuses médiocrités et se montre très complaisante envers elle même.

      Et même si le gouvernement n’a pas à dicter l’opinion, Radio-Canada non-plus n’a pas à dicter l’opinion et à un moment donné ça commence à bien faire : devant autant de parti pris, il est normal que les conservateurs réagissent.

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