Le Grand Parleur

Archive, mars 2009

Lundi 30 mars 2009 | Mise en ligne à 14h35 | Commenter Commentaires (15)

Les communistes du réseau de la santé

Tenez-vous bien, car cette histoire est invraisemblable. Vraiment incroyable. Trois infirmières sur la liste de rappel du Centre hospitalier de Granby ont été récemment mises à pied parce qu’elles n’ont pas postulé un emploi à temps plein. Vous avez bien lu; elle ont été virées. Bonsoir!

Ma collègue Chantal Vallée a sorti samedi cette nouvelle sans queue ni tête (lire son texte ici). J’ai dû relire son reportage trois ou quatre fois pour être certain d’avoir bien compris. La première fois, je me suis presque étouffé avec mon jus de pamplemousse et ce n’était pas en raison de l’acidité de l’agrume!

Comment la direction a-t-elle pu flanquer à la porte trois infirmières d’expérience alors que l’établissement peine à attirer des professionnels dans ses rangs? Très simple. Elle suivait à la lettre un décret gouvernemental obligeant les centres de santé à sanctionner ses employés sur la liste de rappel qui refusent de passer à temps plein.

Les mandarins du ministère de la Santé et des Services sociaux appellent ça un «exercice de titularisation». C’est leur grande trouvaille pour attribuer des postes aux infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes. Et pour «encourager» les professionnels sur la liste de rappel à sauter dans le bain du travail à temps plein, on les menace de les biffer de la liste de rappel s’ils lèvent le nez sur les postes offerts. C’est digne d’un ex-pays communiste!

On comprend que tout le réseau de la santé est en manque de ressources spécialisées. Que les hôpitaux et centres de soins de longues durées publient à l’année longue des offres d’emplois. Que l’attribution de postes à temps plein soulage le réseau. Malgré tout ça, peut-on obliger — en fait pratiquer la coercition — quelqu’un à postuler un poste qu’il ne veut pas? La réponse est bien évidemment non. Mais allez expliquer ça aux génies qui ont imaginé cette mesure…

Voici une suggestion pour eux:  ne perdez plus de temps à afficher des postes et à passer des entrevues; désignez immédiatement les personnes qui occuperont ces postes. Won’t take no for an answer, comme diraient les Soviétiques.

Au lieu de tendre des pièges à leur personnel, les gestionnaires du réseau de la santé devraient s’interroger à savoir pourquoi autant d’employés sur la liste de rappel passent leur tour lorsque des postes à temps complet s’ouvrent. Probablement que l’attitude patronale malsaine qui règne dans le réseau y est pour quelque chose.

Bravo aux professionnels de la santé qui acceptent d’entrer à temps plein dans nos hôpitaux et CHSLD pour offrir des soins à la population. Leur aide est précieuse et fort appréciée. En même temps, respectons celles et ceux qui préfèrent, et ce peu importe les raisons, continuer sur la liste de rappel. Et de grâce, que leurs patrons leur foutent la paix.

Clairement, on n’a pas viré les bonnes personnes!

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Vendredi 27 mars 2009 | Mise en ligne à 11h58 | Commenter Commentaires (14)

Propagande politique d’incompétents

Retrouvé hier dans ma pile de recyclage cet étrange pamphlet reçu il y a quelque temps dans ma boîte aux lettres. Voici le recto et le verso.

pamphlet-devant.jpg

pamphlet-dos.jpg

Étrange pour deux choses:

1. Le marketing du message ainsi que son infographie sont nuls — un bungalow devant le Parlement (!!!).

2. L’expéditrice du pamphlet est la députée fédérale Josée Verner. Le hic: la circonscription de Mme Verner est dans la région de Québec, à plus de 300 kilomètres de la mienne.

Conclusion: Ottawa embauche des incompétents pour son marketing, son infographie et ses envois postaux. Ce genre de choses survient quand on gère trop d’argent. Surtout quand ce n’est pas le sien…

Bon week-end quand même!

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Jeudi 26 mars 2009 | Mise en ligne à 15h03 | Commenter Commentaires (16)

La déconstruction politique de Radio-Canada

Radio-Canada/CBC perdra plus que 800 employés dans la vague des compressions de 171 millions de dollars annoncée hier par le grand patron de la boîte, Hubert Lacroix. Déjà fragile, la pertinence de la société d’État, souvent remise en question par le gouvernement Harper, continuera de s’éroder dans l’opinion publique. Dans ce contexte, quel avenir pour Radio-Canada/CBC?

La situation n’a rien de réjouissant. S’il est vrai que les contribuables canadiens financent la SRC-CBC à hauteur de 1,1 milliard de dollars par année par le biais de leurs impôts, le télédiffuseur/radiodiffuseur leur rend au centuple grâce à la qualité et à la diversité de sa programmation. Une réalité que plusieurs ont tendance à oublier ou encore ignorent délibérément.

Soyons sérieux. TVA, CTV ou Global, les trois grands diffuseurs télévisuels au Canada, n’accotent pas la SRC/CBC en matière de qualité du contenu. Ça inclus la qualité des émissions d’information (nouvelles avec des informations de l’international, affaires publiques, documentaires) et celle des télé-séries — êtes-vous capable de nommer une seule oeuvre émanant de TVA depuis dix ans pouvant rivaliser d’originalité avec Les Invincibles, Grande ourse, Minuit le soir?

Et là on ne parle pas de la radio. La qualité du contenu de Radio-Canada est à des années lumières de celles des radios privées. Hormis la gang du FM parlé de Montréal (98,5), les grandes stations radiophoniques au Québec n’ont pas grand chose de substantiel (et d’intelligent) à offrir à leurs auditeurs.

Tout ça s’explique par le fait que le premier poursuit un mandat tandis que la raison d’être des autres est la poursuite des profits. Radio-Canada est un service public. En ce sens, l’entreprise doit refléter la culture du pays et servir de tremplin aux jeunes créateurs et de tribune aux plus expérimentés. À l’inverse, ses concurrents du privé ne s’intéressent qu’aux cotes d’écoute, donc aux profits. Le malheur est que les cotes d’écoute des émissions ne sont pas toujours gages de leur qualité.

Malgré ces énormes compressions, Radio-Canada/CBC continuera de se démarquer de ses concurrents — pas difficile, direz-vous. Ça pourrait malheureusement donner des munitions au gouvernement Harper, l’ennemi public numéro 1 de l’entreprise étatique. Pour affaiblir davantage la société d’État, on imagine le premier ministre plaider les vertus du faire plus avec moins. On assistera à une autre étape de la déconstruction de la SRC/CBC par des instances politiques.

La beauté du faire plus avec moins est que cette grande philosophie économique justifie toutes les décisions, même les décisions idéologiques plus irréfléchies.

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