Le Grand Parleur

Archive, janvier 2009

Vendredi 30 janvier 2009 | Mise en ligne à 14h10 | Commenter Commentaires (19)

Une chimère, la collecte sélective?

Le gouvernement du Québec a décidé de venir en aide aux centres de tri en leur garantissant des prêts dans des institutions financières. Cela devrait leur permettre de traverser la crise qui sévit dans cette industrie en raison de l’effondrement des prix des matières recyclables (papier, carton, aluminium, plastique).

Les centres de tri, bien entendu, en voulaient plus. Ils demandaient des subsides pour moderniser leurs équipements pour améliorer la qualité des matières recyclées qui sortent de leurs installations. Québec a préféré injecter 4,8 millions de dollars dans un programme de développement de l’industrie et de prospection de nouveaux marchés.

Subventionner les centres de tri serait une erreur. S’ils peinent à garder la tête hors de l’eau, ils n’ont qu’eux à blâmer. Pendant des années, ils ont engrangé de gros profits, la demande pour leurs produits étant forte et en croissance. Arrive une récession, entraînant une chute des prix des matières recyclables, et ces mêmes entreprises crient à l’aide gouvernementale. Irresponsables?

N’est-ce pas le propre d’un entrepreneur de prévoir les jours difficiles, faisait remarquer Alain Lemaire en entrevue jeudi avec Pierre Maisonneuve à la radio de Radio-Canada? Le président de Cascades a parfaitement raison. L’entrepreneur assume tous les risques, mais — faut-il le rappeler — encaisse tous les profits. Ainsi va la vie dans le privé!

Deux problèmes minent les centres de tri: la qualité de leurs produits (surtout le papier et le carton) et leur vulnérabilité extrême aux fluctuations des prix du marché. Le premier se résout avec des investissements, le second se solutionne en instaurant un prix plancher pour traiter les matières recyclables.

Des 38 centres de tri au Québec, une poignée seulement exige de leurs clients un coût minimal pour chaque tonne traitée. Ces revenus leur assurent un coussin financier lors de périodes difficiles. Les autres centres de tri acceptent gratuitement les matières recyclables — ils se rattrapent sur les coûts occasionnés lors de la vente de leurs produits. C’est la tendance observée ces dernières années, conséquence pernicieuse de la forte demande pour les matières recyclables.

Les municipalités — les plus importantes clientes des centres de tri — sont en grande partie responsables de la déficience du système. En cherchant toujours à payer le plus bas coût possible, non seulement signent-elles des ententes avec des entreprises à haut risque, elles menacent de plus leur programme de collecte sélective.

Le danger est bien réel. Nous avons tous vu ces derniers temps les images de ces entrepôts où s’entassent d’immenses ballots de carton et de papier. Vont-ils finir par prendre le chemin du dépotoir si le marché ne se redresse pas? Même si la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Lyne Beauchamps, se fait rassurante à ce sujet, ça ne suffit pas. Les gens se rappellent encore trop bien ces camions chargés de matières recyclables déverser leur contenu dans un site d’enfouissement, il y a une quinzaine d’années, me disait récemment un recycleur. «Ça été la pire chose qui est arrivé dans notre industrie; on m’en parle encore», affirmait-t-il.

Québec devrait imposer un coût minimal pour traiter chaque tonne de matières recyclables. Un peu comme il le fait pour chaque tonne de déchets enfouis. Vrai que les municipalités — les contribuables en fait — paieront plus cher. C’est toutefois le prix à payer pour assurer la viabilité du programme de collecte sélective et, surtout, pour convaincre les citoyens, qui chaque jour consacrent des efforts à recycler, que tout ceci n’est pas en fait une chimère.

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Mercredi 28 janvier 2009 | Mise en ligne à 12h13 | Commenter Commentaires (3)

Les bonnes personnes aux bons postes

L’important en politique ou en affaires, c’est d’avoir les bonnes personnes aux bons postes. Ça donne des décisions réfléchies, une administration efficace, des projets qui se concrétisent. C’est presque le monde idéal.

Deux nominations importantes ont été annoncées cette semaine. Une à Montréal, l’autre à Washington. Toutes deux touchent l’environnement.

Le maire de Montréal Gérald Tremblay a nommé Michel Labrecque à la présidence de la Société de transport de Montréal (STM). Le fait d’armes de M. Labrecque: il n’a pas de permis de conduire, étant non seulement un adepte du transport en commun et du vélo, mais aussi un militant de longue date de ces moyens de transport.

L’arrivée d’un vrai utilisateur du transport en commun à la tête de la STM est une petite révolution en soi. L’organisme a enfin un leader convaincu de la pertinence d’accroître l’offre de services de la STM et surtout un leader convaincu de la nécessité d’investir dans de nouveaux moyens de transport, notamment des voies réservées aux autobus, des trains de banlieue et des tramways.

On ne veut pas juger trop sévèrement les prédécesseurs de M. Labrecque, mais combien d’anciens présidents de la STM savaient combien coûtait un billet pour prendre le métro ou l’autobus? Combien d’entre eux se rendaient régulièrement au travail en métro?

On applaudit aussi la décision de la secrétaire d’État Hillary Clinton de nommer Todd Stern au poste d’envoyé spécial pour le changement climatique. C’est M. Stern qui dirigeait à l’époque les négociations sur le Protocole de Kyoto dans l’équipe du président Bill Clinton.

Le président Clinton avait approuvé le Protocole de Kyoto, mais son successeur, George W. Bush, avait refusé de signer le traité, confirmant que son ère allait être celle de l’irresponsabilité environnementale.

Espérons que M. Stern aidera l’administration Obama à faire que les États-Unis prennent le leadership de la lutte mondiale aux changements climatiques.

Il existe bien des façons de défendre un dossier ou un projet auprès de décideurs. La meilleure façon est toutefois d’y croire jusqu’au fin fond de ses tripes.

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Lundi 26 janvier 2009 | Mise en ligne à 14h05 | Commenter Commentaires (36)

Maudit syndicat

Chaque lundi, pour le bénéfice de nos lecteurs, La Voix de l’Est publie un blogue et quelques commentaires d’internautes. Aujourd’hui, nous avons publié le blogue intitulé Le colonialisme du citoyen Wal-Mart où il est question de la fermeture du magasin de Jonquière en 2005 pour cause de syndicalisation de ses employés.

Un lecteur m’a appelé ce matin pour s’inscrire en faux contre le texte. Il n’y va pas avec le dos de la main morte, comme dirait Jean Perron. Voici le verbatim de son message:

«J’ai lu votre petit article ce matin concernant Wal-Mart. Je ne sais pas pourquoi vos ressortez ça dans l’actualité. Ça fait au moins 3, 4 ans de ça. Ça m’avait bien fait rire, M. Laliberté. Écoutez, Wal-Mart ce n’est peut-être pas la compagnie exemplaire. Mais quand on s’en va travailler chez Wal-Mart, on sait que ce n’est pas syndiqué et il faut s’attendre à ne pas être syndiqué.

Quand je vois de petits niaiseux du Lac-St-Jean essayer de combattre une multinationale qui fait 200 milliards de chiffre d’affaires, plus que la moitié des pays dans le monde, je pense qu’il faut être un petit peu naïf. C’est un petit peu la mentalité des gens du Lac-St-Jean. Encore la mentalité colonisée. Ça me fait penser à la lutte dans les années 60. Il y avait toujours le gars chaud qui pesait 120 livres qui voulait s’attaquer à Abdullah the Butcher. C’est très ridicule.

Vous dites qu’ils ne respectent pas les lois du travail. Peut-être. Est-ce que les syndicats sont mieux? Moi je suis de la FTQ et laissez-moi vous dire que la FTQ déroge à peu près à la moitié des lois dans le monde du travail, surtout dans la construction. Ça fait qu’ils n’ont pas de leçons à donner.

Si vous ne voulez pas aller magasiner chez Wal-Mart, ça ne me dérange pas pantoute. Les citoyens corporatifs comme Wal-Mart qui ne sont pas tellement édifiants, il y en a une tonne: Sears, La Baie. On appelle ça du capitalisme sauvage. Il n’y a personne qui fait de l’argent à coups de milliards qui est propre. Alors cibler Wal-Mart, c’est seulement de l’acharnement, M. Laliberté.

Bonne journée!»

Deux choses:

1. Notre lecteur a des carences en géographie, Jonquière ne se trouvant pas au Lac-St-Jean, mais bien au Saguenay (une importante distinction, insisteraient nos amis du Royaume).

2. Comment peut-on accepter qu’une compagnie, toute puissante et riche multinationale soit-elle, fasse ainsi fi de nos lois?

Pourquoi tant de gens détestent-ils les syndicats? Mauvaises expériences ou jalousie?

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