Le Grand Parleur

Archive, décembre 2008

Mercredi 24 décembre 2008 | Mise en ligne à 11h08 | Commenter Commentaires (6)

Leur premier Noël au Québec

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Belle histoire que celle de la famille Ly-Sall. Oumar Ly, son épouse Kadiata Salll et leur quatre garçons,  Saidou, Mamadou, Saydo et Mouhamadou, vivront leur premier Noël au Québec.

Je vous invite à lire l’histoire de cette famille mauritanienne racontée par ma collègue Karine Blanchard. Très touchant. Ça nous rappelle comment il fait bon vivre au Québec et pourquoi tant de gens ailleurs dans le monde nous envie. N’en déplaisent aux pourfendeurs des immigrants, ça nous démontre surtout que nos nouveaux compatriotes, peu importe leur confession religieuse, veulent s’intégrer à notre société.

Un beau Noël à vous tous!

Photo Stéphane Champagne

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Mardi 23 décembre 2008 | Mise en ligne à 11h03 | Commenter Commentaires (16)

Quand l’État donne aux riches

Reportage incroyable en provenance de Washington. On y apprend que les hauts dirigeants de 116 banques ont reçu l’an dernier 1,6 milliard de dollars en salaire, primes et autres avantages financiers. Le hic: ces institutions obtiendront 116 milliards de dollars du gouvernement américain pour rester à flot.

On comprend l’opinion publique américaine de rester de glace devant les difficultés financières de leurs banques. On comprend surtout pourquoi une majorité d’États-uniens s’opposent à ce que Washington utilise l’argent de leurs impôts et de leurs taxes pour les renflouer.

Il est vrai que la rémunération et primes accordées aux grands patrons des banques n’expliquent pas le gouffre financier dans lequel elles sont plongées depuis près d’un an. Toutefois, ces généreux avantages financiers nourrissent le cynisme de Monsieur et Madame Tout-le-monde. Dans ces conditions, il est difficile de leur faire accepter un plan de sauvetage.

Selon la logique capitaliste, le jeu de l’offre et de la demande s’applique pour tout. Incluant les salaires des grosses gommes. Cela dit, quand la rémunération du patron est de 40 à 50 supérieur à celle d’un employé, on peut conclure à l’exagération. Et cette indécence a des conséquences. Elle mine la crédibilité des patrons, mine la motivation des employés, mine la confiance des ménages dans le système économique. Bref, rien pour construire de solides fondations économiques.

Il est tout à fait normal que les dirigeants des PME et des grandes entreprises privées encaissent les profits. Normal parce qu’ils assument tous les risques financiers lorsque leur compagnie va mal.

Ce n’est pas le cas des dirigeants des banques. Ce sont des entreprises publiques, cotées en bourse. Ici, ce sont les actionnaires qui assument les risques. Le seul risque qui pend au-dessus de la tête des patrons est celui d’être viré. Mais on n’a pas à se faire de soucie pour eux; leurs contrats prévoient des grosses primes de départ (et de licenciement). Dans le milieu, ils appellent ça des parachutes dorés.

Pendant ce temps, Monsieur et Madame Tout-le-monde travaillent sans parachute.

Ne serait-il pas temps de prévoir un système de rémunération plus décent?

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Vendredi 19 décembre 2008 | Mise en ligne à 16h31 | Commenter Commentaires (14)

Le cadeau de Noël de Bachand

Les Québécois pourront magasiner le 2 janvier prochain. Sans faire de bruit, Québec a donné récemment le feu vert aux commerces au détail pour ouvrir le lendemain du jour de l’An. Les grands commerces applaudissent cette décision cependant que les petits la maudissent.

Voilà un beau cadeau de Noël qu’offre le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Raymond Bachand, aux grands du commerce au détail, les Wal-Mart, Canadian Tire, Sears et Zellers de ce monde. Qui a dit que le lobbyisme ne rapportait pas?

Le ministre Bachand assure avoir pris en considération l’opinion des entreprises et des gens concernés. On voudrait bien le croire, sauf que… Voici ce que le communiqué émanant de son bureau disait (les caractères gras sont de moi):

«Afin de répondre notamment aux préoccupations exprimées par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) et certains grands détaillants, le gouvernement a choisi de permettre à tous les commerçants d’ouvrir désormais sans restriction le 2 janvier, durant les heures légales d’ouverture, si ceux-ci le souhaitent.  Ce qui signifie que les employés de ce secteur pourront bénéficier d’une journée additionnelle de travail alors qu’aujourd’hui, il s’agit d’une journée chômée mais non payée.  Rappelons que dans les autres provinces du Canada, les commerces sont autorisés à ouvrir sans aucune restriction le 2 janvier.»

Beaucoup d’informations dans ce paragraphe. Beaucoup de poudre aux yeux aussi.

Lorsque le communiqué mentionne que les commerces pourront ou non se prévaloir d’heures d’ouverture plus libérales, c’est tomber dans l’angélisme. La vérité est que les commerçants, surtout ceux dans les centres commerciaux ou qui se trouvent dans des quartiers commerciaux (du genre 10/30 et autres Carrefour Champêtre qui essaiment un peu partout), n’auront d’autres choix que d’ouvrir leurs portes. De un, ils voudront profiter de l’achalandage des consommateurs; de deux, ils ne voudront pas payer d’amendes aux propriétaires de leurs locaux (les baux prévoient de telles amendes, histoire de faire pression sur les commerçants pour qu’ils garantissent une offre aux clients).

D’un point de vue strictement économique, cette décision est à classer dans la filière des stupides idées pour mousser l’économie. Aucune, mais vraiment aucune étude sérieuse ne prouve que les consommateurs dépensent plus d’argent lorsque les périodes d’ouverture des commerces sont libéralisées. Le résultat est que les consommateurs ne font qu’étaler leurs dépenses.

Nous avons eu réponse à toutes ces questions il y a quelques années suite à l’ouverture des commerces le dimanche. Si les consommateurs disposent depuis d’une septième journée pour effectuer leurs emplettes, on peut affirmer que cette mesure a surtout eu des conséquences malheureuses sur la qualité de vie de milliers de travailleurs. Et pendant ce temps, nos dirigeants politiques trouvent toujours le moyen de glisser dans leurs discours l’importance de concilier travail et famille. Belle hypocrisie!

Augmenter les heures d’ouverture des commerces ne sert la cause que des magasins à grande surface. Ceux-ci disposent du personnel pour occuper ces heures dont personne ne veut. Ce n’est pas le cas des petits commerces qui ne comptent souvent que quelques employés. Pris au piège, ils doivent travailler à contre-coeur.

Heureusement, il existe un baume pour ces travailleurs, selon la logique du ministre Bachand: ils «pourront bénéficier d’une journée additionnelle de travail» (comprendre payée). Avez-vous remarqué? On ne leur demande pas s’ils préfèreraient être en compagnie des leurs.

Quant à l’argument que les commerces ouvrent le 2 janvier ailleurs Canada… Big deal! Depuis quand base-t-on nos décisions au Québec sur ce que fait le Canada anglais?

Au fait, M. Bachand, serez-vous au travail le 2 janvier?

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