Peut-être Gilles Duceppe avait-il raison. Connaissons-nous vraiment Stephen Harper? Savons-nous ce dont est capable le premier ministre pour arriver à ses fins?
Le pays se dirige en pleine récession — peut-être sommes-nous déjà dedans — et M. Harper trouve le moyen de lancer de vicieuses attaques politiques pour écraser ses adversaires en se cachant derrière un énoncé politique.
Existe-t-il un autre chef de gouvernement dans une démocratie stable qui aurait profité d’une période où des centaines de milliers de Canadiens craignent pour leur avenir et pour celui de leurs proches pour s’attaquer ainsi à ses adversaires? Il y a tant à faire pour rassurer les gens. C’est à se demander si M. Harper est sain d’esprit.
Comment le ministre des Finances, Jim Flaherty, peut-il sérieusement justifier l’abandon du financement des partis politiques par le gouvernement en plaidant la nécessité de se serrer la ceinture? Cette mesure entraînera des économies de 28 millions de dollars. Une bagatelle lorsqu’on sait que le budget fédéral est de 145 milliards.
Si le gouvernement tient tant à économiser des sous mal investis, pourquoi ne pas demander au Parti conservateur de rembourser les quelque 300 millions dépensés cet automne pour organiser d’inutiles élections fédérales?
Il est vrai que les subventions de 1,95 $ versées aux partis politiques pour chaque vote reçu lors du dernier scrutin déplaisent à une partie de la population. L’argent pourrait mieux servir ailleurs, plaident-ils. Mais considérez ceci: les 28 millions de dollars permettent aux partis mal financés de poursuivre leur travail d’opposition au gouvernement. Et ça, ça n’a pas de prix. Surtout quand une idéologie malsaine guide le gouvernement en place.
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