Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Lundi 27 octobre 2008 | Mise en ligne à 14h33 | Commenter Commentaires (23)

    Le décrochage, problème des vieux

    500 000 $! C’est le montant ahurissant que coûte à la société québécoise chaque décrocheur scolaire, selon la plus récente étude de l’économiste Pierre Fortin. Prenez quelques secondes pour vous imaginer ça: 500 000 $.

    Si vous pensez que la santé est le plus grand défi du Québec, détrompez-vous. C’est l’éducation. Là réside l’avenir. C’est là où le Québec doit mettre la pédale au plancher.

    Facile à comprendre: plus les jeunes décrochent des diplômes, mieux ils sont outillés à occuper de bons emplois, meilleurs seront leurs choix de carrière, meilleurs seront leurs revenus, meilleure sera leur santé (une personne sans diplôme coûterait 500 $ de plus par année au système de santé, estime le professeur Fortin).

    Ajoutons les effets de causalité d’une meilleure scolarisation des générations montantes: hausse des revenus de l’État et par ricochet hausse des sommes investies dans les services publics, dont la santé. La roue qui tourne, quoi!

    Au Québec, 640 000 personnes, âgées entre 20 et 64 ans et aptes à travailler, sont sans diplôme. 640 000! Voici une autre donnée à faire dresser les cheveux sur la tête: 12 % des Québécois de 30 ans n’ont pas de diplôme en poche. Comment espérer mieux qu’un emploi au salaire minimum dans de telles conditions? Ou éviter de vivre au crochet du bien-être?

    Comment en sommes-nous arrivés là? Comment le Québec peut-il se priver d’autant de ressources humaines? Comment faire en sorte d’aider les jeunes à investir dans leurs possibilités et talents? Comment, comment, comment?

    Des centaines, des milliers de professionnels s’ingénient à abaisser ces tristes statistiques. Mais excusez notre défaitisme, on doute que la situation s’améliore. Nous sommes trop obnubilés par les ratés de notre système de santé pour prêter attention à un problème encore plus criant: le sous-financement de nos écoles, cégeps et universités. Bref à la qualité de l’éducation.

    Soyons clairs: nos vieux leaders politiques, pris dans le pernicieux engrenage du court terme, ne s’intéressent pas assez au monde de l’éducation et à ses nombreux défis. Ils occupent beaucoup trop de leur temps à se soucier du sort des baby boomers vieillissants, réfléchissant aux gestes à faire pour moderniser le système de santé.

    On agit en aval, sans investir en amont. Triste société que celle qui abandonne ses jeunes. Une société à la dérive.


    • Ma blonde n’a pas son secondaire 5. Elle a changé de travail 3 fois cette année. Chaque fois, elle trouvait un emploi à 11$ l’heure. Pas pire pour une pesonne sans diplôme. Le diplôme c’est bien, mais l’expérience aussi. Combien de personne sont devenu riche sans diplôme? Pis dans 3 mois, elle va peut être avoir une augmentation de 2$ l’heure. Ce qui lui ferait 13$ l’heure. Des diplômé ne font même pas ce salaire.

      On a tellement mis l’accent sur l’université qu’on va manquer de plombier demain, parce que c’est une profession qu’on oublie de valoriser.

      Faut pas voir tout en noir.

    • @baghdadbob
      Faut même étudier pour être plombier… Moi je suis assez en accord avec cette étude, mais le chiffre me semble exagéré… est-ce à dire que si l’on donnait 400 000$ à chaque décrocheur en lui enlevant tous ses privilèges sociaux on se ferait 100 000$ ?

    • Pour avoir été décrocheur… Pour être retourné à l’Université à 25 ans, et pour avoir enseigné le reste de ma vie à des décrocheurs…
      C’est l’étude la plus platement insignifiante…. Les «vrais» décrocheurs «bougent» quand ils décrochent. Ils travaillent,habituellement.
      Le problème est que c’est beaucoup plus compliqué. Il y a des facteurs humains à considérer. Il y a aussi le fait que la société s’acharne tellement à garder des décrocheurs assis sur une chaise en classe – qui sont souvent des sources de revenus supplémentaires pour le directeur payé au salaire et au rendement – que ces gens-là finissent par être écoeurés.
      Le monde de l’éducation est complètement bousillé pour la venue du «client». Il a toujours raison… Et on devrait lui donner son diplôme.
      C’est ce que les enseignants sont souvent obligés de faire. On a besoin de main d’oeuvre, ça presse. Ça presse tellement qu’ils en sortent avec un diplôme mais…incompétents.
      Je connais un conseiller pédagogique qui avoue avoir eu des plaintes d’employeurs pour la qualité des diplômés.
      Les décrocheurs, il serait bon de cesser de s’acharner,de laisser vivre un peu une autre expérience que l’école pour y retourner, et savoir pourquoi on y retourne.
      Mes «mathématiques» de M. Fortin, sont hélas, des pommes et des oranges, des carottes. Tout mêlés.
      Calculer la vie humaine en fonction du travail d’un humain – comme un «don» de sa vie au service de l’État – c’est …. ce qui nous emmène à la crise actuelle.
      Coudon! On vit tu pour ramer dans une galère, ou pour le plaisir de voyager dans un bateau qui, sans être trop luxueux, nous permet de savourer la petite croisière de la vie?
      Note pour M. Fortin: 4/10. On dirait un travail d’un étudiant de secondaire 3.

    • @baghdadbob, j’ignore dans quel groupe d’âge vous vous trouvez, votre blonde et vous, mais je peux me douter qu’il s’agit de la vingtaine. Pardonnez-moi si je ne peux pas m’exciter pour le fait que votre blonde ait une job à $11 l’heure: je crois que mon ancienne femme de ménage faisait au moins ça chez Remue-Ménage. J’espère que vous n’avez pas d’hypothèque ni de paiement de “char”!!

    • Ouais, moi je serais malheureux à 11$/hre…

    • @jolico

      Une maison (acheté il y a 1 an) , une auto (2007). Faut dire, que je gagne 20$ l’heure dans un bureau avec un DEC collégial sans rapport avec le travail de bureau.

      Certaines personnes ne sont pas faites pour aller à l’école. Mais vont toujours bien se débrouiller malgré tout. Faut arrêter de faire dire au chiffre ce qu’ils ne veulent pas dire.

    • mon père gaGne au alentours de 35$ l’heure (aluminerie) et sans avoir fini son secondaire. Ça veux-tu dire qu’il coûte quand même 500 000$ à la société ? Ou c’est lui qui aide à faire vivre la société.

    • Le gouvernement a cré les U du Q dans les régions pour favoriser les intellos; en même temps on a cré la BULLE-UNIVERSITÉ-GONFLABE qui a eu comme conséquence de faire ACCROIRE aux parents et aux jeunes que “si tu ne fréquentes pas l’université tu es IDIOT”.

      Le ministère de l’éducation voulait SIMPLEMENT remplir les U du Q qu’il avait créé.

      On a oublié les CHOIX et GOÛTS des JEUNES qui auraient VOULUS se diriger vers le professionnel malgré leurs capacités intellectuelles élevées.

      Plusieurs de ces JEUNES décrochent parce que l’INTELLECT n’est pas fait pour EUX.

      Trois disciplines obligatoires: français, mathématiques et anglais pour fonctionner.
      En parallèle une initiation au professionnel en sec.1 et 2 pour compléter un métier en 3,4 et 5.
      Pour certains, les techniques niveau cégep seraient disponibles.

    • Les chiffres me laissent aussi très perplexe…

      À la question “Comment faire en sorte d’aider les jeunes à investir dans leurs possibilités et talents?”, bien évidemment investir dans l’éducation, revoir les structures scolaires (entre autre les Cégep), et arrêter de brainwasher les élèves du secondaire dans leurs cours d’éducation choix de carrière afin de les inciter à s’inscrire à des programmes techniques ou professionnels. Peu d’information donné sur les programmes de niveau universitaire.

      Il faudrait aussi que le Ministère de l’Éducation, dans le cadre de ce cours, cesse de “vendre” des programmes (une façon de remplir les classes au Cégep) et offre plutôt la possibilité d’en apprendre plus sur les diverses possibilités de carrière, peu importe le niveau de scolarité.

    • Il reste que c’est très, mais très laid ce qui s’en vient. Il y a une toute petite élite de gens scolarisés pour assumer la relève. Déjà qu’on sait que la population active ne sera pas suffisante pour combler les besoins de la population totale dans 15-20 ans…

      Les causes sont multiples… Les parents de plus en plus accaparés par le coût de vivre ont décroché peu à peu de leur rôle traditionnel d’éducateur pour refiler une partie de cette responsabilité à l’école. D’un autre côté cette même école alors qu’elle devait transmettre des conaissances, se fait demander d’inculquer aussi des valeurs. Donc elle a réformée l’enseignement, c’est catastrophique… c’est un désastre annoncé…

      Il y a aussi les nouvelles réalités… ça coûte tellement cher et ça accapare tellement que les familles ont rétrécies: 1 enfant c’est la norme. Mais cet enfant grandit en se faisant tout donner puisqu’il est seul. Ça forge les caractères capricieux et soupe au lait, comment faire pour décrocher un diplôme puisque ça demande de l’effort et qu’ils ont appris à avoir sans efforts?

      C’est assez complexe comme problématique.

    • La scolarisation n’est pas valorisée dans beaucoup de familles québécoises.

      “Pourquoi étudier ? je veux devenir une star!”

      Voilà comment on en est arrivés là.

    • Voyons, voyons, tout heureux que sa blonde gagne $11 de l’heure et troixième
      emploi dans un an. Quand elle va avoir un gros $13 dans quelques temps, celle qui a un diplôme de technicienne ou autre va avoir $25 de l’heure. C’est une Joke
      ton histoire ? Petite vie toute sa vie, sacré beau raisonnementde de ta part mon gars. Vous regarderez passer la parade toute votre vie.

    • Je suis d’accord avec BaghdadBob, je connais beaucoup de diplomés universitaires qui travaillent dans des commerce de détail pis qui font pas 25$/heure, les bonnes jobs c’est souvent une question de contact, quand tu connais les bonnes personnes, le “pushing” bien avant le diplome.

    • Le marché est aux DEC. Un tech dans mon domaine va chercher 80 000$ là où je travaille…c’est ben plate pour les bacheliers j’avoue. Mais c’est hautement technique notre manière de vivre.

      Le pushing ça a toujours fonctionné…mais ce qu’il y a de plate avec ça, comme avec travailler dans un multinationale c’est que les gens sont pognés après. Ils vont se chercher 50-60 000 $ mais ils savent très bien que s’ils laissent leur job c’est fini, ils ne retrouveront jamais aussi payant. Donc il y en a beaucoup qui font de l’argent mais sont frustrés de leur vie parce qu’ils ne s’écoutent pas.

      J’ai connu une femme dont le mari s’est suicidé après avoir perdu son job (AMC munitions à Valcartier je crois). C’est ça la pression que ça met ne pas avoir de formation.

    • @teddybear : Oui….et? Je pense que c’est normal que chacun connaisse des personnes qui ont un diplôme universitaires et qui sont payé au salaire minimum. Cependant, faudrait pas penser que c’est la moyenne des gens! Ceux que je connais et qui sont allés à l’université font en moyenne 70 000$ par année après 2 ans de travail. Disons que ça augmente une moyenne nest-ce pas?

      Je connais aussi du monde qui ne sont pas terminés leur secondaire et qui font autour de 60 000$. Comme quoi les exceptions ne font pas la règle….

    • À mon avis, ce genre d’études relève davantage de l’astrologie que de l’économie…

    • @ BaghdadBob,

      Comme je dis à tous les jeunes décrocheurs qui se présentent chez moi pour du travail, fini ton Sec V, va te chercher un DEP ou DEC parce qu’à 18 ans c’est le fun 11-13$/hre mais à 30 ans avec des petits, pas de maison, un vieux char, pas d’argent `part la paie, c’est plate pis c’est long la vie.

      Le pire c’est que d’après les statistiques la CSVDC, 42% des garçons ne finissent pas Sec V. C’est épeurant. C’est 95% de la main-d’oeuvre manuelle disponible dans notre région.

      Mais comme on dit, si on est venu au monde pour un p’tit pain …

      La pauvreté, malheureusement, n’a rien à voir avec ces statistiques. Plutôt la volonté et la valorisation du travail. Que se soit d’être plombier ou technicien en laboratoire, les deux peuvent gagner très bien leur vie.

      Dans d’autre provinces du Canada, ils ont la certification des métiers par l’entremise du travail. Le candidat doit travailler 10 mois et aller à un collège pour 2 mois et cela pendant 3 à 4 ans. De cette façon, le candidat (jeune ou vieux) restera au travail (car c’est conditionnel) et il peut obtenir sa certification 1ere, 2e, 3e année et finalement 4e et certification. Avec une certification, la personne peut travailler à de bon salaire.

      L’expérience sans certification ne vaut rien. Demandez cela à ceux qui ont perdus leur emploi après 20 ans de travail à la même place.

      Cessez de rêver en couleur.

    • Si je compdrends bien l’étude, il faudrait qu’on soit tous médecin, avocat, notaire, etc.??? Ainsi, le gouvernement nagerait dans les surplus budgétaires.

      Alors il faudrait faire comme l’Arabie Saoudite en important de la main d’oeuvre “cheap labor” de l’Asie?? parce que presonne ne voudrait travailler dans les jobs à petits salaires.

    • et ceux qui n’ont pas les aptitudes pour faire médecine, ou devenir ingénieur en aérospatial, on les expulse?

    • Faudrait pas oublier qu’une fois leur diplôme universitaire en poche, certaines personnes vont travailler aux États-Unis, par exemple. Il est où le gain pour notre société? Faudrait-on interdire aux Québécois d’aller gagner plus d’argent ailleurs?

    • Certains commentaires m’attristent. Je ne veux pas me donner en exemple mais allons voir. J’etais orphelin a 12 ans. Je savais que la seule facon de m’en sortir etait de m’instruire. J’ai fait un cours classique en lavant de la vaisselle pendant 7 ans pour 700 pensionnaires , a tous les jours. Mais j’etais heureux meme si je ne gagnais pas 11$ de l’heure car le bonheur ne se mesure pas a son revenu. J’ai meme fait un Ph.D et j’ai eu une carriere passionnante. Je suis un privilegie. Mais je ne crois pas que l’universite reponde aux besoins de tous. Mon frere n’a pas fini son secondaire et il est millionnaire. C’est un entrepreneur genial. Alors le monsieur Bob qui est fier de sa femme qui gagne 11$ de l’heure, je lui leve mon chapeau. Le bonheur c’ est cela. Juger les autres sur ses propres valeurs conduit a des exces Je crois que toutes les voies sont ouvertes pour tous, quelque soient les desirs, leur reve. Mais il faut avoir un reve, une passion. Bob je vous admire car il y a des millionnaires malheureux. Ne lachez pas.

    • J’ai jamais dit que j’étais fier d’elle (même si c’est vrai). Ce que je voulais dire, c’est que les gens croient que sans diplôme, on ne peut rien faire. C’est faux. Sinon, vu le nombre de personne sans diplôme, le Québec serait l’équivalent du Tiers Monde. Jacques Dermers ne savait pas lire et écrire. Et puis? A-t-il eu une vie minable?

      L’important, ce n’est pas ce que l’on gagne, mais ce que l’on dépense. J’ai mieux avoir 40 000$ de revenu et en dépensé 30 000$, que gagner 100 000$ et en dépensé 125 000$. Au bout du compte, quand je lis que certaines personnes possèdent des maisons de 400 000$, mais qu’ils n’ont pas de meuble faute d’argent, je me dis que je suis riche. J’ai pas la plus belle maison, mais c’est chez moi et je suis capable de la meubler. Je suis capable de mettre 15 000$ de rénovation en 1 an. Je ne suis pas pris à la gorge. Je ne suis pas stressé parce que je suis trop endetté. Au lieu d’avoir 2 autos, on se débrouille avec une.

      Mais c’est trop facile. Les gens sont pris au piège de la consommation.Grosse maison, 1 voiture et 1 fourgonnette, les 2 enfants, le chien.

    • M. BaghdadBob,

      Vous interprêtez à votre façon ce qui se dit.

      L’argument ici est bien de voir si nous devrions être en accord avec le décrochage scolaire. Comme je l’ai dit, 42% des garçons de notre région, ne finissent pas leur secondaire. Ceci représente 95% de la main d’oeuvre manuelle.

      Aujourd’hui, les jobs sont trouvables, mais ne sont pas nécessairrement les plus payantes. Et dans 5 ans … le manuel sera fait ailleurs, comme en Chine. Si vous êtes satisfait de gagner 11$ de l’heure, c’est votre affaire. Moi ce qui me met le feu … c’est qu’avec un salaire de 20-22 000$ vous vivrez toujours de l’aide des autres.

      On s’entend que 45% des Québécois ne paient pas d’impôt, un autre 20-25% en paient pas beaucoup et le reste paie pour tous ceux qui n’en paie pas.

      Les soins de santé, l’éducation, les crédits pour les moins nantis, les garderies à 7$, les HLM, crédits pour enfants, etc, etc, etc,. Ç’est qui les caves ici ?

      Si on veux que notre société soit plus équitable et que le gouvernement paie pour tout … attendez-vous pas que l’on paie 30-40% d’impôt et qu’on vous dise merci.

      Voyez-vous, j’ai complèté mon Sec V (sans diplôme), je suis en affaire depuis 24 ans et aujourd’hui je gagne très bien ma vie. Mais j’ai dû passé à travers des années très difficiles pour y arriver. Je ne suis pas sûr que je referrais le même parcours.

      L’ignorance coûte 5 fois plus que l’éducation. À vous de choisir.

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