Le Grand Parleur

Archive du 2 octobre 2008

Jeudi 2 octobre 2008 | Mise en ligne à 17h48 | Commenter Commentaires (4)

Dion, champion d’un soir

On se demande parfois sur quelle planète habitent les analystes politiques. Avez-vous regardé le débat des chefs hier soir? Comment peuvent-ils conclure à un match nul ou à de minces victoires de MM. Harper ou Duceppe? Peut-être rechignent-ils à le reconnaître, mais le champion incontesté de l’exercice est Stéphane Dion.

Le chef libéral a étonné hier par sa maîtrise des dossiers. Chacune de ses interventions étaient pertinentes, construites avec des mots et des phrases clairs, et livrées de manière respectueuse de ses adversaires. Il est le seul, du début du débat à sa fin, a avoir profité de son temps de parole pour expliquer ce que les libéraux entendaient faire pour l’économie, l’environnement, la loi et l’ordre, la sécurité alimentaire. Les téléspectateurs ont appris beaucoup de choses. Ont-il assisté à l’éclosion d’un leader?

Oui, mais M. Dion n’avait rien à perdre, a-t-on entendu dire. Il n’avait pas de pression. Personne n’avait d’attente à son endroit. Et puis après? En bout de ligne, on retiendra qu’il a livré ses messages. Il est le seul à l’avoir fait.

Reste à savoir si sa performance se traduira par des votes. C’est là la vraie question.

Et les autres chefs? Bof! À part l’expérimenté chef du Bloc québécois Gilles Duceppe — il participait à son cinquième débat —, les trois autres semblaient perdus par moment. Était-ce une question de langue? Bien qu’ils suivent toujours des cours de français — on les en félicite —, il leur reste (beaucoup) de chemin à parcourir avant d’être à l’aise avec la deuxième langue officielle. Surtout s’ils veulent prendre part à d’autres débats pour séduire les francophones.

Clairement, la formule de la table ronde n’a pas plu à Stephen Harper. Le débat avait à peine commencé que le premier ministre a rondi les épaules, comme s’il venait de réaliser que la formule ne lui permettrait aucun répit des attaques des quatre autres participants. Ses adversaires ont passé toute la soirée en avantage numérique. Et disons que M. Harper n’a pas effectué tous les arrêts, pour poursuivre sur cette analogie sportive.

Le premier ministre ne le dira pas, mais il s’est sûrement ennuyé de la vieille formule des débats, celle où les leaders des partis d’opposition devaient parfois s’affronter. Hier soir, il aurait apprécié souffler quelques minutes de temps à autre.

On imagine M. Harper à sa sortie des studios hier soir exigeant de voir illico la personne de son parti qui a négocié cette formule de débat. C’est foort probablement la seule fois de la soirée où personne ne lui a donné la réplique…

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mars 2011
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité