Le Grand Parleur

Archive, octobre 2008

Jeudi 30 octobre 2008 | Mise en ligne à 23h52 | Commenter Commentaires (10)

Deux femmes, deux destins

La politique est encore un monde dominé par les hommes au Québec. Rares sont les fois où une politicienne tient le haut du pavé de l’actualité. Et bien deux d’entre elles ont réussi à faire les manchettes la même journée. Pour des raisons fort différentes, remarquez bien.

Alors que l’ex-lieutenante gouverneure Lise Thibault peinait à justifier son rythme de vie princier à l’époque de son règne, Louise Harel annonçait son départ de la vie politique.

L’absence de Mme Harel affectera non seulement les députés du Parti québécois, mais également l’Assemblée nationale où elle était très appréciée, tous partis confondus.

J’ai eu la chance de rencontrer la députée d’Hochelaga-Maisonneuve à quelques reprises. Une grande dame, qui a toujours fait preuve de compassion, d’intégrité et de progressisme. On lui doit notamment la Loi sur la formation de la main-d’oeuvre ainsi que la Loi sur l’équité salariale.

Oui, elle nous manquera.

Quant à Mme Thibault… N’en ajoutons pas. La représentante déchue de la reine au Québec devra continuer son patinage artistique encore longtemps avant de convaincre ne serait-ce qu’une seule personne au Québec qu’elle n’a pas mal agi. Espérons que ses patins sont bien affûtés!

Lire les commentaires (10)  |  Commenter cet article






Mercredi 29 octobre 2008 | Mise en ligne à 10h52 | Commenter Commentaires (2)

Une bonne candidate pour l’ADQ?

Mario Dumont aurait dû recruter Lyne Denechaud pour porter les couleurs de l’ADQ en 2006 dans la circonscription d’Iberville. Contrairement à son candidat vire-capot, André Riedl, elle connaît la signification du mot loyauté.

On vous parle de Mme Denechaud parce qu’elle a démissionné lundi de son poste d’attachée politique du député Riedl. En résumé, Mme Denechaud s’inscrit en faux de la décision de son ex-patron de faire le saut chez les libéraux. Elle ne veut nullement y être associée.

Voici ce qu’elle a dit en entrevue hier à ma collègue Marie-Ève Lambert (son reportage ici) pour expliquer son geste: «Iberville a voté ADQ, pas libéral, dit-elle. La population s’est sentie trahie par le choix de M. Riedl de changer de camp. Je crois qu’il s’agit d’une question de respect envers les citoyens d’Iberville, pour lesquels j’ai travaillé pendant 18 mois, que de rester fidèle au parti qu’ils ont choisi pour les représenter à l’Assemblée nationale.»

Plus loin, Mme Denechaud en rajoute: «On ne détruit pas pour construire. Si on n’a plus les mêmes convictions, on se retire tout simplement.» Touché!

Félicitations, Mme Denechaud! Votre courage et vous convictions vous honorent. Vous êtes le genre de personne qu’on devrait envoyer à l’Assemblée nationale.

M. Dumont a-t-il votre numéro de téléphone?

Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article






Lundi 27 octobre 2008 | Mise en ligne à 14h33 | Commenter Commentaires (23)

Le décrochage, problème des vieux

500 000 $! C’est le montant ahurissant que coûte à la société québécoise chaque décrocheur scolaire, selon la plus récente étude de l’économiste Pierre Fortin. Prenez quelques secondes pour vous imaginer ça: 500 000 $.

Si vous pensez que la santé est le plus grand défi du Québec, détrompez-vous. C’est l’éducation. Là réside l’avenir. C’est là où le Québec doit mettre la pédale au plancher.

Facile à comprendre: plus les jeunes décrochent des diplômes, mieux ils sont outillés à occuper de bons emplois, meilleurs seront leurs choix de carrière, meilleurs seront leurs revenus, meilleure sera leur santé (une personne sans diplôme coûterait 500 $ de plus par année au système de santé, estime le professeur Fortin).

Ajoutons les effets de causalité d’une meilleure scolarisation des générations montantes: hausse des revenus de l’État et par ricochet hausse des sommes investies dans les services publics, dont la santé. La roue qui tourne, quoi!

Au Québec, 640 000 personnes, âgées entre 20 et 64 ans et aptes à travailler, sont sans diplôme. 640 000! Voici une autre donnée à faire dresser les cheveux sur la tête: 12 % des Québécois de 30 ans n’ont pas de diplôme en poche. Comment espérer mieux qu’un emploi au salaire minimum dans de telles conditions? Ou éviter de vivre au crochet du bien-être?

Comment en sommes-nous arrivés là? Comment le Québec peut-il se priver d’autant de ressources humaines? Comment faire en sorte d’aider les jeunes à investir dans leurs possibilités et talents? Comment, comment, comment?

Des centaines, des milliers de professionnels s’ingénient à abaisser ces tristes statistiques. Mais excusez notre défaitisme, on doute que la situation s’améliore. Nous sommes trop obnubilés par les ratés de notre système de santé pour prêter attention à un problème encore plus criant: le sous-financement de nos écoles, cégeps et universités. Bref à la qualité de l’éducation.

Soyons clairs: nos vieux leaders politiques, pris dans le pernicieux engrenage du court terme, ne s’intéressent pas assez au monde de l’éducation et à ses nombreux défis. Ils occupent beaucoup trop de leur temps à se soucier du sort des baby boomers vieillissants, réfléchissant aux gestes à faire pour moderniser le système de santé.

On agit en aval, sans investir en amont. Triste société que celle qui abandonne ses jeunes. Une société à la dérive.

Lire les commentaires (23)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mai 2008
    L Ma Me J V S D
    « avr   juin »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité