Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Lundi 4 août 2008 | Mise en ligne à 14h46 | Commenter Commentaires (4)

    Syndicalisme et idées reçues

    Il est toujours de bon ton de critiquer les syndicats. Ça sonne tout aussi bien lors d’un barbecue que, par exemple, lors d’un congrès des jeunes du Parti libéral du Québec. À force de l’entendre, on finit par apprendre par cœurs l’argumentaire anti-syndical: les syndicats pressent le citron des entreprises et de l’État; ils tiennent la population en otage; et (le classique) ils protègent les fainéants. S’il existe ici et là des exemples de cas d’exagération et d’abus, on attend encore cependant des preuves concrètes que tout ça est érigé en système.

    Pourtant, à écouter les jeunes militants libéraux, la démocratie syndicale ne se porte pas bien dans la province. Aussi veulent-ils changer les règles régissant les syndicats. Ils ont lancé deux idées ce week-end à Sherbrooke lors de leur congrès: imposition d’un vote secret pour l’accréditation du syndicat et pour les mandats de grève.

    Rassurons tout de suite ces jeunes qui veulent changer le monde: sans être parfait, le processus d’accréditation des syndicats au Québec est très bien structuré. Il force les travailleurs concernés à se regrouper avant de s’adresser au ministère du Travail. Un arbitre s’assure ensuite que toutes les étapes ont été franchies avant qu’une accréditation ne soit octroyée. C’est un résumé rapide, certes, mais on doute que ce processus fasse défaut.

    Quant aux mandats de grève obtenus par des syndicats, et bien rassurons à nouveau les jeunes libéraux: une décision de cette importance est prise lors d’un scrutin secret. En 15 ans de carrière — et j’ai couvert quelques conflits de travail —, jamais n’ai-je vu ou entendu parler d’un vote de grève à main levée. Ceci dit, peut-être que nos jeunes amis libéraux ont des informations contraires…

    A-t-on vraiment des problèmes au Québec du fait que 40,5 % (donnée de 2006) de nos travailleurs sont régis par une convention collective (au Canada, ce sont 30,5 % des travailleurs et aux États-Unis 13,1 %, selon les données du ministère du Travail)? Les conflits de travail, surtout les grèves, pullulent-ils plus qu’ailleurs au Canada? Les syndicats sont-ils obtus à tous les changements?

    Non à toutes ces réponses.

    1. L’économie québécoise a progressé de manière plus significative ces dernières années qu’en Ontario qui ne compte pourtant que 28,2 % de travailleurs syndiqués.

    2. Les relations de travail se portent bien merci chez-nous; l’an dernier, seulement 51 conflits de travail ont été recensés (incluant des lock-out) au Québec. Et ce chiffre est en baisse: la moyenne de conflits de travail pour la période de 1998-2005 a été de 125.

    3. De nos jours, les syndicats cherchent davantage le partenariat avec les patrons que le conflit. Les employés de Bombardier à Mirabel n’ont-ils pas accepté récemment de rouvrir leur convention collective pour convaincre la multinationale de leur confier son projet Cseries?

    Voilà des preuves que le syndicalisme québécois n’est pas l’obstacle décrit par ses dénigreurs au développement d’une société prospère. Les syndicats ont pour la très grande majorité amorcé avec succès un virage dans la modernité.

    À ce compte, peut être les jeunes libéraux devraient-ils en faire autant en abandonnant leurs idées reçues sur les syndicats!


    • de la future graine de pourriture c’est jeune libéraux ils vont vieillir et vont essayé de ressemblé a leur chef
      les syndicat c’est indispensable qu’on le veulent ou pas il sont le pour essayé
      de amélioré la condition de vie
      si il n’aurait pas on ferait surement parti d’un pays du tier-monde surtout avec
      se qu’il on comme mentalité de dictateur il se gène pas pour mettre des baillons au contraire sa les amuses surtout que c’est pour donné des
      contrats en privé a leur amis payant

    • il est bon que les jeunes libéraux brassent la cage des syndicats. Comme dans toute association, il y a des fainéants, des profiteurs, des adeptes de la médiocrité. Heureusement que c’est une minorité. Le syndicat est une protection contre l’exploitation des travailleurs. Car les patrons, certains patrons ont l’ambition de faire bien de l’argent au détriment des ouvriers. Que de progrès ont été accomplis tout au long de ces années depuis que les syndicats ont pris en charge la protection des travailleurs. NoOus ne sommes plus en 1950 où M.L.N. Duplessis avait envoyée la police provinciale pour mater les travailleurs à Thetford Mines, cet anti-syndicaliste nationaleux. On a osé lui faire une statue près du Parlement. Les québécois ont la mémoire courte: Je me souviens pas…ET puis les orphelins de Duplessis, qui s’en rappelle…. c’est vraiment une honte …chaque fois que je circule sur la grande-allée j’éprouve une aversion envers ce triste sire…..
      arrakiri
      desorties

    • @ Michel Laliberté

      Je suis d’accord avec votre texte.

      Les jeunes (libéraux ou pas) devraient savoir que le syndicalisme est un outil moderne qui a changé le monde. Avant il n’y avait place que pour l’arbitraire. Les seuls ouvriers qui pouvaient s’en sortir gagnants étaient ceux qui avaient “une job steady pis un bon boss” comme disait Deschamps.

    • En général, les travailleurs syndiqués font de meilleurs salaires que la clientèle des normes minimales D’autres en profitent également car leur entreprise leur donne de meilleures conditions de travail de peur qu’ils se syndicalisent. De meilleurs salaires entrainent plus d’impôt à recevoir pour l’état. Ce n’est pas en abolissant les syndicats qu’on va améliorer quoi que ce soit. Aux USA, ils sont moins syndiqués et depuis plusieurs années les petits travailleurs voient leurs conditions de travail se détériorer et les chefs d’entreprise s’en mettre plein les poches. L’évasion fiscale est plus facile pour un big shot que pour un salarié. C’est ça la justice sociale dont ils se réclament. Je suis d’accord avec Charest d’avoir mis tout de suite des bémols à leurs propositions. Ces jeunes là, je n’en suis pas fière. Ce ne sont que les porte-paroles des préjugés les plus éculés. À vouloir régler un problème qui n’existe pas on risque d’en créer un vrai.

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