Le Grand Parleur

Archive, août 2008

Vendredi 8 août 2008 | Mise en ligne à 11h21 | Commenter Commentaires (12)

Boycott et vacances

Grosse journée aujourd’hui. En plus de ce petit blogue, je dois assurer la couverture d’un conflit de travail dans une usine de textile à Acton Vale et écrire un reportage sur un projet de traitement des eaux de lixiviat d’un dépotoir à Cowansville. Tout ça avant 17h pour être à la maison à 17h10 où la petite famille m’attend. On va tous alors sauter dans la familiale et mettre le cap sur Québec, puis sur le Lac-St-Jean. Trois semaines de vacances bien méritée, je pense!

N’allez pas croire que j’ai choisi ces semaines pour être en mesure de me gaver d’événements olympiques. Non, non, et non. C’est tout le contraire. Je ne veux voir, entendre ou discuter d’aucun exploit qui surviendra durant ces olympiades. C’est ma façon de boycotter les Jeux de Pékin.

On se demande encore pourquoi le Comité international olympique a octroyé ces jeux à la Chine. Nos apôtres du libéralisme économique auront beau nous répéter 100 fois que les échanges commerciaux se traduiront par plus de libertés au pays de Mao, les faits demeurent: il s’agit d’un pays sous l’emprise d’une dictature communiste qui viole sans sourciller les droits de ses citoyens. Rien à l’horizon n’est annonciateur de grands changements démocratiques.

Le CIO avait pourtant averti les autorités chinoises d’améliorer leur bilan des droits de la personne. Il les avait pourtant sommés de garantir que les journalistes venus de partout dans le monde pourraient faire leur travail sans entrave. Qu’on fait les dirigeants chinois? Ils ont endormi les membres du CIO avec de fausses promesses, sachant fort bien que le CIO jappait fort, mais qu’il ne mordrait pas (comprendre déménager les jeux ailleurs).

Encore hier, le président du CIO Jacques Rogge a affirmé avoir personnellement fait pression sur les leaders chinois pour que les médias aient les coudées franches. La belle affaire!

Tiens, je vous parie ceci: les policiers, militaires et autres sbires du régime vont se trouver assez souvent sur la route des journalistes qui s’intéressent de trop près à la question tibétaine ou au tremblement de terre au Sichuan qui a provoqué la mort de plus de 70 000 personnes.

Vous allez devoir me faire un rapport complet, puisque je me promets trois semaines sans télé ou ordi (je vais essayer en tout cas).

Bonne chance tout de même à tous les athlètes propres.

On reconnecte le 2 septembre.

Bonne fin d’été, chers amis!

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Mercredi 6 août 2008 | Mise en ligne à 11h17 | Commenter Commentaires (12)

L’illusion des photos-radar

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On dit qu’une photo vaut mille mots. Combien de mots alors vaut cette caricature du collègue Serge Paquette? Des dizaines de milliers, sûrement. Disons qu’elle frappe dans le mille, si je puis dire!

On remercie sincèrement les gens du ministère des Transports de s’ingénier à trouver des moyens d’améliorer notre bilan routier au Québec. L’augmentation des amendes liées aux excès de vitesse et l’interdiction d’utiliser un cellulaire au volant (sans dispositif main-libre) sont de bonnes mesures pour atteindre cet objectif. Toutefois, on tente de nous illusionner en plaidant que les radars-photo amélioreront la situation.

Nous en avons déjà parlé ensemble dans un blogue l’automne dernier. Encore aujourd’hui, je persiste à croire que le seul gain possible en ayant recours à des photos-radar est de gonfler les coffres de l’État.

Oui les émules de Jacques Villeneuve recevront une, deux, peut-être trois contraventions salées par la poste. Oui ils modifieront leur style de conduite. Mais seulement aux endroits où les photos-radar seront installés. Avec le temps — un mois ou deux — les délinquants auront bien pris note des secteurs où la modération leur permettrait d’économiser beaucoup de dollars. Une fois passée ces secteurs, le naturel reviendra au galop!

Pour être efficace, il faudrait penser installer les photos-radar ailleurs de temps à autre. Ou littéralement couvrir nos autoroutes de ces technologies, ce qui, avouons-le, est impensable. D’ailleurs, dans un tel cas, l’État pourrait difficilement nier qu’il s’agit d’une source de financement.

Conclusion: rien ne vaut une véritable présence policière sur nos routes. Ça c’est dissuasif!

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Lundi 4 août 2008 | Mise en ligne à 14h46 | Commenter Commentaires (4)

Syndicalisme et idées reçues

Il est toujours de bon ton de critiquer les syndicats. Ça sonne tout aussi bien lors d’un barbecue que, par exemple, lors d’un congrès des jeunes du Parti libéral du Québec. À force de l’entendre, on finit par apprendre par cœurs l’argumentaire anti-syndical: les syndicats pressent le citron des entreprises et de l’État; ils tiennent la population en otage; et (le classique) ils protègent les fainéants. S’il existe ici et là des exemples de cas d’exagération et d’abus, on attend encore cependant des preuves concrètes que tout ça est érigé en système.

Pourtant, à écouter les jeunes militants libéraux, la démocratie syndicale ne se porte pas bien dans la province. Aussi veulent-ils changer les règles régissant les syndicats. Ils ont lancé deux idées ce week-end à Sherbrooke lors de leur congrès: imposition d’un vote secret pour l’accréditation du syndicat et pour les mandats de grève.

Rassurons tout de suite ces jeunes qui veulent changer le monde: sans être parfait, le processus d’accréditation des syndicats au Québec est très bien structuré. Il force les travailleurs concernés à se regrouper avant de s’adresser au ministère du Travail. Un arbitre s’assure ensuite que toutes les étapes ont été franchies avant qu’une accréditation ne soit octroyée. C’est un résumé rapide, certes, mais on doute que ce processus fasse défaut.

Quant aux mandats de grève obtenus par des syndicats, et bien rassurons à nouveau les jeunes libéraux: une décision de cette importance est prise lors d’un scrutin secret. En 15 ans de carrière — et j’ai couvert quelques conflits de travail —, jamais n’ai-je vu ou entendu parler d’un vote de grève à main levée. Ceci dit, peut-être que nos jeunes amis libéraux ont des informations contraires…

A-t-on vraiment des problèmes au Québec du fait que 40,5 % (donnée de 2006) de nos travailleurs sont régis par une convention collective (au Canada, ce sont 30,5 % des travailleurs et aux États-Unis 13,1 %, selon les données du ministère du Travail)? Les conflits de travail, surtout les grèves, pullulent-ils plus qu’ailleurs au Canada? Les syndicats sont-ils obtus à tous les changements?

Non à toutes ces réponses.

1. L’économie québécoise a progressé de manière plus significative ces dernières années qu’en Ontario qui ne compte pourtant que 28,2 % de travailleurs syndiqués.

2. Les relations de travail se portent bien merci chez-nous; l’an dernier, seulement 51 conflits de travail ont été recensés (incluant des lock-out) au Québec. Et ce chiffre est en baisse: la moyenne de conflits de travail pour la période de 1998-2005 a été de 125.

3. De nos jours, les syndicats cherchent davantage le partenariat avec les patrons que le conflit. Les employés de Bombardier à Mirabel n’ont-ils pas accepté récemment de rouvrir leur convention collective pour convaincre la multinationale de leur confier son projet Cseries?

Voilà des preuves que le syndicalisme québécois n’est pas l’obstacle décrit par ses dénigreurs au développement d’une société prospère. Les syndicats ont pour la très grande majorité amorcé avec succès un virage dans la modernité.

À ce compte, peut être les jeunes libéraux devraient-ils en faire autant en abandonnant leurs idées reçues sur les syndicats!

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