Deux nouvelles fort intéressantes ont marqué hier l’actualité: l’interdiction aux athlètes irakiens de prendre part aux Jeux olympiques de Pékin et, plus près de nous, les démarches d’Alfonso Gagliano pour acheter un vignoble.
Dans la catégorie des hypocrites, nous allons devoir ajouter à la (longue) liste les noms des membres du Comité international olympique. Ils y sont déjà, vous allez me dire, mais réinscrivons-les pour en être bien certain.
Donc le CIO, ce club autocratique, interdit à l’Irak d’envoyer une délégation d’athlètes en Chine (lire reportage ici). L’organisme reproche au gouvernement son «interférence» dans les mouvements sportifs et olympiques irakiens et au comité olympique irakien, ce qui est contraire aux règlements du CIO. Parmi les problèmes, le CIO note que le comité olympique irakien n’a pas organisé depuis cinq ans d’élections pour former son conseil d’administration.
Vous voyez sûrement comme moi l’énorme paradoxe de cet argument: à quand remonte la dernière fois où les Chinois ont pu choisir leurs dirigeants? On devrait poser la question aux gens du CIO, ceux-là même qui ont accordé l’organisation des jeux à la Chine. Ils pourraient peut-être nous expliquer pourquoi leur règlement sur la démocratie ne s’applique pas à un pays!
Un ignoble au vignoble
Aimez-vous mon intertitre? J’en suis assez fier, merci. Un collègue photographe m’en a suggéré un plus hard: Un crétin aux raisins. Très bon aussi, bien imagé, ne trouvez-vous pas?
On parle ici d’Alfonso Gagliano. L’ex-député, ex-ministre, ex-ambassadeur, ex-ami d’à peu près tous les libéraux fédéraux au pays (que voilà de solides amitiés!) veut se lancer dans l’industrie du vin. Sa famille et lui reluquent un vignoble à Dunham, dans les Cantons-de-l’Est.
Y’a pas de mal à se recycler, vous allez me dire. Il a droit de gagner sa vie, ajouterez-vous. C’est vrai. Mais lorsqu’on apprend qu’il réaliserait la transaction grâce à un prêt du gouvernement fédéral (lire reportage ici), et bien là on doit encore choisir entre le rire ou les pleurs.
On vit une époque formidable, vous le savez bien. Si tel n’était pas le cas, comment expliquer alors que l’État étudierait une demande de prêt d’un individu sévèrement blâmé par la Commission Gomery dans l’affaire du scandale des commandites?
Advenant que notre ami obtienne un prêt, qu’il achète le vignoble, il aura la difficile tâche de recruter de la main-d’œuvre en vue des vendanges. Pas facile à trouver, vous diront les viticulteurs du coin. Un collègue des sports a une suggestion pour M. Gagliano: il n’a qu’à passer un coup de fil à son bon ami (le seul qui lui reste?) Jean Lafleur.
Vous vous rappelez de l’ancien président de Lafleur Communications, celui qui a empoché des commissions de 36 millions de dollars grâce au programme des commandites? Et bien ce grand spécialiste de la fraude a déclaré faillite récemment (lire reportage ici). Parions qu’il a sûrement quelques heures à consacrer à M. Gagliano, son ancien contact au ministère des Travaux publics.
Allez, trinquons à leurs retrouvailles!

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gilles_laplante
25 juillet 2008
14h26
Le problème c’est que M. Gagliano n’a jamais été condamné et donc l’administration se doit de le considérer comme n’importe quel autre individu. Si un programme gouvernemental existe pour obtenir un prêt pour l’achat d’un vignoble il y a droit comme n’importe qui. Et même condamné, je ne suis pas certain que ce serait un motif d’exclusion.
Pour ce qui est de sa main-d’oeuvre, il pourra toujours en faire venir de Sicile, il doit y avoir de la famille.
jolico
26 juillet 2008
01h47
Faudra éviter le vin rouge de Mystère Gagliano au cas où il ferait justement venir de la famille Sicilienne!
matelot2
26 juillet 2008
18h59
Je suis de la meme opinion que M.Gilles L. D’ailleurs M Gagliano meme si il avait deja ete condamne ne serait pas la premiere personne ignoble a posseder une vignoble qu’on pense Mr. Parizeau qui appartient la sienne en Europe ,oui monsieur au pays de la Vigne.La Douce Fronce.Et autre declaration qui m’a fait sursauter c’est que les journalistes voient du mal partout meme de l’hypocrisie la ou il n’en est rien.J’en suis venu a penser que sans doute le journalisme n’est plus la profession qu’elle etait auparavant . Se pourrait-il que ce ne soit que des oui-dire et rumeurs? Moi en tout cas soupsonne les journalistes d’etre trop avides de sensations , toujours a la recherche de cancans et faux temoignages.
marie-madelaine
28 juillet 2008
07h19
…si il ne doiteur sont rien à la société,pourquoi n’aurait-il pas le droit de changer de vocation ? et si son vin est bon, tant mieux,,si c’est une piquette, alors-là…
marie-madelaine
28 juillet 2008
07h23
oupps — s’il ne doit rien à la société, pourquoi n’aurait -il pas le droit de changer de vocation,? et si son vin est bon, tant mieux,,, si c’est une piquette , alors-là..
desorties
28 juillet 2008
09h09
la justice canadienne n’a pas condamné Monsieur Gagliano, donc aux yeux de certains c’est un saint homme…Donc ça ne me surprendrait pas qu’il obtienne un PRÊT pour acheter ses vignes.Le bon vin endort les consciences! N’oublions pas qu’il y a encore plusieurs Gaglianos dans notre grand pays…cependant un seul a été mis en accusation. Si “la justice a le bras long” elle a aussi des trous dans ses filets qui laissent passer les fraudeurs…les magouilleurs tous des saints hommes…
desorties
paul-hemiste
28 juillet 2008
11h10
Qu’il écrase ses raisins avec ses pieds, pas de problèmes. Si ca se ferait avec les mains j’aurais peur qu’elles soient sales….
1genesis
28 juillet 2008
15h24
@michel laliberté
Une vidange aux vendanges????
@marie-madeleine
”Sil ne doit rien à la société”
Peut-être ne lui doit-il rien, mais il a largement contribué à la pourrir et il ne doit qu’au laxisme proverbial de nos institutions judiciaires le fait de ne pas moisir en prison avec Cotroni ou d’autres bandits de son acabit.
la_belette_lachinoise
2 août 2008
11h33
pots de vin phase II
louwi
4 août 2008
16h47
Pour se rendre à son vignoble, il aura à défoncer la suspension de sa voiture sur les routes des cantons que ses chums de la clique libérale de l’asphalte ont contribués à rendre non carrossable en utilisant des matériaux de moins bonne qualité qu’ailleurs en Amérique du nord depuis des générations. Par contre, c’est plus pratique de mettre la faute sur les ingénieurs…