Le Grand Parleur

Archive du 25 juillet 2008

Vendredi 25 juillet 2008 | Mise en ligne à 11h55 | Commenter Commentaires (10)

Les ignobles rôdent toujours

Deux nouvelles fort intéressantes ont marqué hier l’actualité: l’interdiction aux athlètes irakiens de prendre part aux Jeux olympiques de Pékin et, plus près de nous, les démarches d’Alfonso Gagliano pour acheter un vignoble.

Dans la catégorie des hypocrites, nous allons devoir ajouter à la (longue) liste les noms des membres du Comité international olympique. Ils y sont déjà, vous allez me dire, mais réinscrivons-les pour en être bien certain.

Donc le CIO, ce club autocratique, interdit à l’Irak d’envoyer une délégation d’athlètes en Chine (lire reportage ici). L’organisme reproche au gouvernement son «interférence» dans les mouvements sportifs et olympiques irakiens et au comité olympique irakien, ce qui est contraire aux règlements du CIO. Parmi les problèmes, le CIO note que le comité olympique irakien n’a pas organisé depuis cinq ans d’élections pour former son conseil d’administration.

Vous voyez sûrement comme moi l’énorme paradoxe de cet argument: à quand remonte la dernière fois où les Chinois ont pu choisir leurs dirigeants? On devrait poser la question aux gens du CIO, ceux-là même qui ont accordé l’organisation des jeux à la Chine. Ils pourraient peut-être nous expliquer pourquoi leur règlement sur la démocratie ne s’applique pas à un pays!

Un ignoble au vignoble

Aimez-vous mon intertitre? J’en suis assez fier, merci. Un collègue photographe m’en a suggéré un plus hard: Un crétin aux raisins. Très bon aussi, bien imagé, ne trouvez-vous pas?

On parle ici d’Alfonso Gagliano. L’ex-député, ex-ministre, ex-ambassadeur, ex-ami d’à peu près tous les libéraux fédéraux au pays (que voilà de solides amitiés!) veut se lancer dans l’industrie du vin. Sa famille et lui reluquent un vignoble à Dunham, dans les Cantons-de-l’Est.

Y’a pas de mal à se recycler, vous allez me dire. Il a droit de gagner sa vie, ajouterez-vous. C’est vrai. Mais lorsqu’on apprend qu’il réaliserait la transaction grâce à un prêt du gouvernement fédéral (lire reportage ici), et bien là on doit encore choisir entre le rire ou les pleurs.

On vit une époque formidable, vous le savez bien. Si tel n’était pas le cas, comment expliquer alors que l’État étudierait une demande de prêt d’un individu sévèrement blâmé par la Commission Gomery dans l’affaire du scandale des commandites?

Advenant que notre ami obtienne un prêt, qu’il achète le vignoble, il aura la difficile tâche de recruter de la main-d’œuvre en vue des vendanges. Pas facile à trouver, vous diront les viticulteurs du coin. Un collègue des sports a une suggestion pour M. Gagliano: il n’a qu’à passer un coup de fil à son bon ami (le seul qui lui reste?) Jean Lafleur.

Vous vous rappelez de l’ancien président de Lafleur Communications, celui qui a empoché des commissions de 36 millions de dollars grâce au programme des commandites? Et bien ce grand spécialiste de la fraude a déclaré faillite récemment (lire reportage ici). Parions qu’il a sûrement quelques heures à consacrer à M. Gagliano, son ancien contact au ministère des Travaux publics.

Allez, trinquons à leurs retrouvailles!

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