Le Grand Parleur

Archive du 2 juillet 2008

Mercredi 2 juillet 2008 | Mise en ligne à 14h44 | Commenter Un commentaire

Les fous du hockey

Je dois le reconnaître: j’ai raté ma vocation. Si j’avais persévéré plus jeune, sans doute aurais-je pu faire carrière dans le hockey professionnel. Aujourd’hui, malgré un talent limité, je nagerai dans une mer de dollars. Comme des centaines de joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH), cela étant dit.

Ma carrière de hockeyeur a pris brusquement fin alors que j’avais à peine 9 ans. Une sérieuse blessure m’a contraint à accrocher mes patins. Mais rassurez-vous! La blessure n’était pas physique; c’est l’amour-propre qui a été blessé. Le temps d’une partie, j’ai laissé passer 18 rondelles! Vous rendez-vous compte? 18 buts! Le pire, c’est que je n’étais même pas le gardien de but régulier de l’équipe Moustique B de Chicoutimi-Nord. C’est l’entraîneur qui a décidé un soir que j’allais revêtir tout l’attirail de gardien. La rumeur veut qu’il en avait assez de m’entendre critiquer le gardien pour nos (nombreuses) défaites. Aussi a-t-il décidé de me donner une leçon d’humilité.

Comme leçon, elle a été efficace; je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Depuis lors, je n’ai plus jamais critiqué un gardien (sauf Carey Price ce printemps qui n’aurait même pas arrêté un ballon de plage!).

Ces pénibles souvenirs me sont revenus en tête hier alors que la valse des millions de dollars a repris dans la LNH. Les directeurs généraux, désireux de renforcer leur équipe, ont commencé à accorder des contrats faramineux à des joueurs autonomes. Les fonds semblent inépuisables puisque même les joueurs marginaux signent de lucratifs contrats. Imaginez. L’Avalanche du Colorado versera à Darcy Tucker 4,5 millions de dollars au cours des deux prochaines années. Tucker, on le sait, est une grande vedette offensive comme en fait foi sa fiche de 18 buts en 16 passes en 74 parties en 2007-2008 (je fais dans l’ironie, bien entendu!).

On entend déjà les amateurs s’interroger sur la santé mentale des directeurs généraux. Ils ont bien raison. Toutefois, c’est toute l’industrie qui est prise de folie. Cela inclut les partisans. Ce sont leurs dollars à eux qui permettent aux équipes de se lancer dans de telles surenchères. Les équipes se financent en vendant des droits de télédiffusion, en vendant des billets pour leurs parties, de la bière, des hot-dogs et du pop corn. Voyez comment vous contribuez à toute cette folie!

Il faut être un peu fou non pour payer 150 $ pour assister à une partie de hockey au Centre Bell dans les rouges? Et payer 8,50 $ pour un verre de Molson Ex, à moins d’avoir marché trois jours dans le désert, il ne faut pas avoir toutes ses billes non plus, n’est-ce pas?

Allez, bonne journée quand même.

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