Le Grand Parleur

Archive, juillet 2008

Mardi 29 juillet 2008 | Mise en ligne à 22h53 | Commenter Commentaires (18)

Vous rappelez-vous de l’essence à 56 ¢?

Ah, ma première automobile. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était en août 1986. Certes elle a nécessité un peu de travail de carrosserie — merci papa! —, mais ma Pontiac Acadian orange avait fière allure.

Il faut dire que j’avais investi dans une peinture neuve. Enfin, presque si on considère six ou sept canettes de peinture achetées chez Canadian Tire comme étant de la peinture neuve. Peu importe. La belle bande noire peinte au bas des portières donnait de la gueule à ma petite américaine construire en 1980. En prime, elle masquait les traces de rouille. Les couvres-sièges achetés également au «paradis des mécaniciens amateurs du dimanche» avaient eu comme effet d’enjoliver l’intérieur de ma grosse 4 cylindres, 4 vitesses manuelle, avec un seul rétroviseur latéral du côté du conducteur. Rassurez-vous, je n’ai pas mis d’essuie-glaces de couleur pastel — ils n’étaient pas encore sur le marché!

L’achat de cette petite deux portes (avec hayon arrière, svp!) me permettait d’accéder à L’IN-DÉ-PEN-DAN-CE! Cette liberté a été acquise au montant de 900 $. Une méchante affaire, vous vous dites sûrement!

Comment oublier toutes ces petites virées sur la rue Racine à Chicoutimi, fenêtres baissées, avec mon système de son Alpine qui crachait des airs de Loverboy par l’entremise de deux grosses boîtes de son installées dans le fond du hayon. Celles dans la cour du cégep pour épater mes camarades de classe. Ou encore ces fois où mon Acadian a servi de moyen de locomotion aux amis pour aller fraterniser avec les jolies Jeannoises à la plage du camping Belley au lac St-Jean. Je souris même en souvenir de ces visites — trop nombreuses quand on est au salaire minimum! — au garage de M. Thibault sur la rue Roussel à Chicoutimi-Nord.

Autre souvenir inoubliable de cette «époque»: le prix de l’essence. Dur à croire, mais il se détaillait 56 ¢ le litre. 56 ¢! C’est fou, non? Ne vous inquiétez pas, même à ce prix nos amis des grande pétrolières réussissaient à boucler leur fin de mois!

C’était l’époque où on faisait le plein d’essence libre de tout souci lié au tarissement des ressources énergétiques. Celle où on prenait le temps de discuter avec le monsieur ou la dame de l’autre côté de l’îlot d’essence. Du temps où personne ne se préoccupait des chiffres qui tournaient sur la pompe.

J’aimais ma petite Acadian, mais au printemps suivant, j’ai craqué pour une Ford Mustang 1980 blanche avec une discrète ligne rouge. Le bolide avait deux portes (avec hayon aussi), un toit ouvrant, des jantes en aluminium, des pneus sports et un beau trou dans le tableau de bord pour accueillir mon Alpine. Le moteur six cylindres de 3,3 litres ne m’a pas effrayé. À cette époque, qui se souciait de la consommation d’essence?

Vous rappelez-vous de votre première automobile? Et du prix à la pompe d’alors?

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Lundi 28 juillet 2008 | Mise en ligne à 15h58 | Commenter Commentaires (7)

Quelle est la légitimité de Michael Fortier?

Michael Fortier est un homme bien discret. Tellement discret qu’on entend peu parler de lui dans l’actualité. Pourtant, il est ministre du Commerce international dans le cabinet de Stephen Harper. Fait-il exprès pour se tenir si loin des projecteurs?

Non. Et oui. Non parce que M. Fortier n’a rien du Kid Kodak qu’est Denis Coderre, par exemple. Non aussi parce qu’il est habité par une grande sagesse, ce qui fait qu’il passe inaperçu, contrairement à un Maxime Bernier, par exemple. Toutefois, on commence à soupçonner M. Fortier de se faire tout petit pour ne pas avoir à briguer les suffrages.

On l’a presque oublié, mais Michael Fortier n’est pas un élu. Il doit sa place à la table des ministres au grand patron, son bon copain Stephen Harper. Le chef du gouvernement l’a nommé ministre responsable de la grande région de Montréal parce que tous les candidats de son parti dans cette région ont fait chou blanc lors des élections de janvier 2006.

Ce qu’on oublie également, c’est que la nomination de M. Fortier était alors accompagnée de l’engagement qu’il se porte candidat le plus tôt possible lors d’une élection complémentaire. Les observateurs n’ont pas fait grand cas lorsqu’il a «sauté» l’élection complémentaire à Outremont quelques mois plus tard. Aucune chance dans ce bastion libéral, calculait-on dans les officines du parti. Remarquez, ça n’a pas empêché les néo-démocrates de faire élire leur homme, Thomas Mulcair…

Qu’à cela ne tienne, des élections complémentaires auront lieu le 8 septembre dans les circonscriptions de St-Lambert et Westmount-Ville-Marie. Pas besoin de sortir la carte électorale: ces deux circonscriptions se trouvent dans la grande région de Montréal, que M. Fortier, rappelons-le, représente officieusement dans le gouvernement Harper. Peu importe, encore une fois, le ministre non élu ne se présentera pas devant des électeurs.

Question: quelle est la légitimité politique de M. Fortier?

On sait que M. Fortier défendra les couleurs conservatrices lors des prochaines élections générales dans la circonscription de Vaudreuil-Soulanges. Celle-ci se trouve à l’auuuuuutre bout de l’île, très, mais très loin du centre-ville Montréal. Un gros 47 kilomètres. Manifestement, le ministre non élu préfère la campagne à la ville.

C’est là que l’expression «grande région de Montréal» prend tout son sens pour les conservateurs..

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Vendredi 25 juillet 2008 | Mise en ligne à 11h55 | Commenter Commentaires (10)

Les ignobles rôdent toujours

Deux nouvelles fort intéressantes ont marqué hier l’actualité: l’interdiction aux athlètes irakiens de prendre part aux Jeux olympiques de Pékin et, plus près de nous, les démarches d’Alfonso Gagliano pour acheter un vignoble.

Dans la catégorie des hypocrites, nous allons devoir ajouter à la (longue) liste les noms des membres du Comité international olympique. Ils y sont déjà, vous allez me dire, mais réinscrivons-les pour en être bien certain.

Donc le CIO, ce club autocratique, interdit à l’Irak d’envoyer une délégation d’athlètes en Chine (lire reportage ici). L’organisme reproche au gouvernement son «interférence» dans les mouvements sportifs et olympiques irakiens et au comité olympique irakien, ce qui est contraire aux règlements du CIO. Parmi les problèmes, le CIO note que le comité olympique irakien n’a pas organisé depuis cinq ans d’élections pour former son conseil d’administration.

Vous voyez sûrement comme moi l’énorme paradoxe de cet argument: à quand remonte la dernière fois où les Chinois ont pu choisir leurs dirigeants? On devrait poser la question aux gens du CIO, ceux-là même qui ont accordé l’organisation des jeux à la Chine. Ils pourraient peut-être nous expliquer pourquoi leur règlement sur la démocratie ne s’applique pas à un pays!

Un ignoble au vignoble

Aimez-vous mon intertitre? J’en suis assez fier, merci. Un collègue photographe m’en a suggéré un plus hard: Un crétin aux raisins. Très bon aussi, bien imagé, ne trouvez-vous pas?

On parle ici d’Alfonso Gagliano. L’ex-député, ex-ministre, ex-ambassadeur, ex-ami d’à peu près tous les libéraux fédéraux au pays (que voilà de solides amitiés!) veut se lancer dans l’industrie du vin. Sa famille et lui reluquent un vignoble à Dunham, dans les Cantons-de-l’Est.

Y’a pas de mal à se recycler, vous allez me dire. Il a droit de gagner sa vie, ajouterez-vous. C’est vrai. Mais lorsqu’on apprend qu’il réaliserait la transaction grâce à un prêt du gouvernement fédéral (lire reportage ici), et bien là on doit encore choisir entre le rire ou les pleurs.

On vit une époque formidable, vous le savez bien. Si tel n’était pas le cas, comment expliquer alors que l’État étudierait une demande de prêt d’un individu sévèrement blâmé par la Commission Gomery dans l’affaire du scandale des commandites?

Advenant que notre ami obtienne un prêt, qu’il achète le vignoble, il aura la difficile tâche de recruter de la main-d’œuvre en vue des vendanges. Pas facile à trouver, vous diront les viticulteurs du coin. Un collègue des sports a une suggestion pour M. Gagliano: il n’a qu’à passer un coup de fil à son bon ami (le seul qui lui reste?) Jean Lafleur.

Vous vous rappelez de l’ancien président de Lafleur Communications, celui qui a empoché des commissions de 36 millions de dollars grâce au programme des commandites? Et bien ce grand spécialiste de la fraude a déclaré faillite récemment (lire reportage ici). Parions qu’il a sûrement quelques heures à consacrer à M. Gagliano, son ancien contact au ministère des Travaux publics.

Allez, trinquons à leurs retrouvailles!

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