Ah, ma première automobile. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était en août 1986. Certes elle a nécessité un peu de travail de carrosserie — merci papa! —, mais ma Pontiac Acadian orange avait fière allure.
Il faut dire que j’avais investi dans une peinture neuve. Enfin, presque si on considère six ou sept canettes de peinture achetées chez Canadian Tire comme étant de la peinture neuve. Peu importe. La belle bande noire peinte au bas des portières donnait de la gueule à ma petite américaine construire en 1980. En prime, elle masquait les traces de rouille. Les couvres-sièges achetés également au «paradis des mécaniciens amateurs du dimanche» avaient eu comme effet d’enjoliver l’intérieur de ma grosse 4 cylindres, 4 vitesses manuelle, avec un seul rétroviseur latéral du côté du conducteur. Rassurez-vous, je n’ai pas mis d’essuie-glaces de couleur pastel — ils n’étaient pas encore sur le marché!
L’achat de cette petite deux portes (avec hayon arrière, svp!) me permettait d’accéder à L’IN-DÉ-PEN-DAN-CE! Cette liberté a été acquise au montant de 900 $. Une méchante affaire, vous vous dites sûrement!
Comment oublier toutes ces petites virées sur la rue Racine à Chicoutimi, fenêtres baissées, avec mon système de son Alpine qui crachait des airs de Loverboy par l’entremise de deux grosses boîtes de son installées dans le fond du hayon. Celles dans la cour du cégep pour épater mes camarades de classe. Ou encore ces fois où mon Acadian a servi de moyen de locomotion aux amis pour aller fraterniser avec les jolies Jeannoises à la plage du camping Belley au lac St-Jean. Je souris même en souvenir de ces visites — trop nombreuses quand on est au salaire minimum! — au garage de M. Thibault sur la rue Roussel à Chicoutimi-Nord.
Autre souvenir inoubliable de cette «époque»: le prix de l’essence. Dur à croire, mais il se détaillait 56 ¢ le litre. 56 ¢! C’est fou, non? Ne vous inquiétez pas, même à ce prix nos amis des grande pétrolières réussissaient à boucler leur fin de mois!
C’était l’époque où on faisait le plein d’essence libre de tout souci lié au tarissement des ressources énergétiques. Celle où on prenait le temps de discuter avec le monsieur ou la dame de l’autre côté de l’îlot d’essence. Du temps où personne ne se préoccupait des chiffres qui tournaient sur la pompe.
J’aimais ma petite Acadian, mais au printemps suivant, j’ai craqué pour une Ford Mustang 1980 blanche avec une discrète ligne rouge. Le bolide avait deux portes (avec hayon aussi), un toit ouvrant, des jantes en aluminium, des pneus sports et un beau trou dans le tableau de bord pour accueillir mon Alpine. Le moteur six cylindres de 3,3 litres ne m’a pas effrayé. À cette époque, qui se souciait de la consommation d’essence?
Vous rappelez-vous de votre première automobile? Et du prix à la pompe d’alors?
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