Le ridicule ne tue pas, dit-on. Cela pourrait être le slogan du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. L’organisme, qui gère toutes les licences de diffusion télévisuelle et radiophonique au pays, a donné hier son imprimatur aux «idées» présentées par Remstar pour sauver TQS. Comme démonstration de son inutilité, le CRTC n’aurait pu faire mieux!
Bien que quelques habitués des travaux du CRTC avaient prédit que TQS conserverait sa licence, la décision est stupéfiante. D’abord parce que les nouveaux proprios de TQS, les frères Rémillard, ont passé pour de rustres lors de leur comparution devant les membres du CRTC. Mais surtout parce que les frangins ont été incapables de produire un plan d’affaires digne de ce nom, les états financiers de TQS ou des garanties financières prouvant qu’ils avaient les reins suffisamment solides pour se lancer dans cette aventure.
Leur présentation bâclée leur a valu d’être grondés par les membres du CRTC. Le président de l’organisme, Konrad von Finckenstein, a même joué à l’instituteur fâché en rappelant aux Rémillard les «responsabilités» et les «obligations» d’un diffuseur. Malheureusement, il n’a jamais sorti sa règle!
Tout ça n’était en fait qu’un spectacle de mauvais acteurs. Malgré que les Rémillard n’aient démontré aucune once de sérieux dans leur préparation, le CRTC les autorise tout de même à prendre le contrôle de TQS. Aussi bien dire qu’il est plus facile d’obtenir une licence de télédiffusion qu’un emploi chez McDonald!
Le feu vert du CRTC ouvre donc la voie aux Rémillard pour se débarrasser des salles de nouvelles de TQS — ce qu’ils ont déjà fait par ailleurs! Toutefois, désireux de rassurer TOUS les groupes et TOUTES les personnes qui ont manifesté leur opposition à la disparition des salles de nouvelles de TQS lors d’audiences publiques, les membres du CRTC imposent un condition à Remstar: la production de contenu d’information locale (de deux heures par semaine à Montréal et Québec et de 50 minutes en région) via des émissions de commentaires et d’analyses (voir reportage ici). La belle affaire!
Commenter et analyser l’information locale, donc. Et où tous les «commentateurs» et «analystes» de TQS s’abreuveront-ils, pensez-vous? Chez les concurrents que sont Radio-Canada, TVA et (surtout) dans les quotidiens et les hebdomadaires. Ceux-ci devraient se passer le mot et facturer TQS pour leurs services de collecte et de vérification de l’information.
Imaginez-vous un seul instant à quoi ressembleront ces émissions, en vous rappelant que Remstar a récemment embauché le Dr Pierre Mailloux et le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron (remerciés par le passé de leurs services par TQS pour imbécillité extrême). À des spectacles de guignols!
Faudra aussi trouver des «commentateurs» et des «analystes» pour les émissions diffusées dans les marchés de Sherbrooke, Trois-Rivières, Québec et Saguenay. À ce compte, on suggère aux Rémillard de regarder du côté du CRTC; ils y trouveront une pépinière de «talents»!
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