Le Grand Parleur

Archive, mai 2008

Jeudi 22 mai 2008 | Mise en ligne à 17h15 | Commenter Commentaires (7)

Pas de torgnoles aux pure laine!

Vous voilà rassurez: Gérard Bouchard et Charles Taylor ne distribuent pas de torgnoles aux Québécois de souche. Pas directement en tout cas. Voilà qui est bien dommage. Bon nombre de pure laine auraient besoin de se faire parler dans le casque, comme on dit au Saguenay!

Le Québec ne vit pas de crise d’accommodements raisonnables, concluent les deux universitaires chargés d’étudier la question. Certes quelques cas posent problème et nécessitent des balises, signalent-ils, mais on est bien loin du gouffre identitaire dans lequel souhaitent nous pousser des leaders politiques (à la recherche de leur propre identité). Le cirque des accommodements raisonnables est en grande partie l’œuvre des médias, note le tandem Bouchard-Taylor. Touché!

C’est gênant de le dire, mais les médias ont souvent tendance à exagérer la portée d’événements. On saute sur des histoires, on les coiffe de titres accrocheurs, on omet d’apporter dans les reportages les nuances qui s’imposent. Puis les autres salles des nouvelles relaient ces «histoires» comme des perroquets. Après, la confrérie se demande pourquoi sa crédibilité avoisine celle des vendeurs d’automobiles usagées et des politiciens (pas nécessairement dans l’ordre).

Dans le cas qui nous préoccupe, les conséquences de cette enflure médiatique, bâtie à partir d’un phénomène somme tout marginal, ont eu pour effet d’exciter la foule. Elle a servi à nourrir l’incompréhension et la colère de bon nombre de nos concitoyens dont la conception de la société québécoise se limite au fait français, catholique et blanc.

Personne ne peut nier que des témoignages et commentaires rendus lors des audiences de la Commission Bouchard-Taylor étaient empreints de racisme. Le mot est dur, c’est vrai. Comment qualifier autrement alors les âneries et stupidités entendues?

Le racisme est omniprésent dans la société québécoise. Pas plus qu’ailleurs, remarquez bien, mais quand même là. La honte m’envahi lorsque j’entends des gens attribuer aux immigrants tous nos problèmes. Entendu l’année dernière à la banque une dame d’une soixantaine d’année expliquer à la caissière que les immigrants étaient responsables du piètre état de nos routes. Pas de blague! Son raisonnement: parce qu’on verse à bon nombre d’entre eux de l’aide sociale, l’État a moins d’argent pour l’entretien des routes. Tabar…!

Probablement estomaquée, la dame derrière le comptoir n’a rien dit. Elle aurait dû la traiter de vieille folle raciste. Avec le recul, je regrette de ne pas l’avoir mis au défi de me faire la démonstration de sa théorie. Là, devant tout le monde. Je m’en veux d’avoir été trouillard.

La liberté d’expression est un droit reconnu dans la Charte québécoise des droits de la personne. Toutefois, la Charte ne confère à personne le droit de dire n’importe quoi sur n’importe qui. Il nous appartient à tous d’être vigilant et de dénoncer les propos et gestes à caractère raciste.

Des torgnoles se perdent!

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Mercredi 21 mai 2008 | Mise en ligne à 10h43 | Commenter Commentaires (5)

Le Pathfinder de Guillaume

Mon voisin Guillaume tenait une petite vente de garage ce week-end. Il a tour à tour déposé au bout de son entrée un ensemble de chambre pour enfants, un boîtier renfermant un arc de chasse et un taille-bordures à essence. Ah oui, il a également mis une grosse pancarte À Vendre sur le pare-brise de sa Nissan Pathfinder.

Guillaume en a marre du prix de l’essence — comme vous, moi, bref tout le monde. Remplir son véhicule soulage chaque fois son portefeuille de 100 $. Au bout du mois, 400 $ se sont ainsi envolés. Et ne croyez pas qu’il fait l’aller-retour Granby-Montréal une ou deux fois par semaine. Même pas. Il utilise son véhicule pour aller au travail et pour effectuer des commissions familiales. Son problème, c’est que son six cylindres est très gourmand!

Plusieurs propriétaires de ces véhicules (qui font le bonheur des pétrolières) commencent à se réveiller. Comment puis-je affirmer cela? Avez-vous remarqué tous les gros cylindrés à vendre dans les stationnements des stations d’essence? Ils pullulent! C’est un signe, non?

Ces stationnements risquent bientôt de déborder. Ce matin, le prix du baril de pétrole a battu un nouveau record : 130 $ US (une chance que notre dollar soit à parité!). Donc si vous êtes à la recherche d’un gros véhicule — il y aura toujours des gens à contre-courant! —, le marché joue en votre faveur. Les vendeurs ne négocieront pas longtemps!

Pour la petite histoire, le Pathfinder de Guillaume est encore dans son entrée. Et la pancarte À Vendre est toujours bien visible!

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Mardi 20 mai 2008 | Mise en ligne à 11h28 | Commenter Commentaires (9)

Votre carte, vous l’avez signée?

Avez-vous signé votre carte de don d’organes? Ce petit geste peut sauver des vies. Je sais, je sais, on vous a sûrement déjà fait la morale sur le sujet. Mais lorsqu’on apprend que seulement 54 % des Canadiens sont sérieux lorsqu’ils disent qu’ils feront don de leurs organes, on ne peut que se gratter la tête en signe d’incompréhension.

Je vous en parle parce que le décès vendredi de Karèle Galaise-Séguin m’a amené à m’intéresser à la question. L’adolescente de 16 ans est morte suite à un mal mystérieux qui s’est attaqué à son cœur. Elle avait besoin d’une greffe du coeur pour espérer vivre (lire ici le reportage de ma collègue Cynthia St-Hilaire).

Un tour rapide de la salle de rédaction m’a permis de trouver trois collègues qui n’avait pas signé leur carte de don d’organes.

Pourquoi, leur ai-je demandé?

«On ne pense jamais qu’on va partir», m’a dit la première.

«Je l’ai signé. Mais ensuite, j’ai réfléchi et j’ai enlevé l’autocollant. Je ne sais pourquoi, mais l’idée d’être démembré…», a expliqué le second.

La troisième collègue a souri de gêne.

(Pour ceux que cela intéresse, l’autocollant à l’endos de ma carte d’assurance maladie est signé).

Un sondage Ipso-Reid, réalisé en 2006, révélait que plus de 90 % des Canadiens étaient d’accord avec les dons d’organes. À la question «Accepteriez-vous de donner vos organes?», 75 % des répondants ont dit oui. Puis lorsqu’on leur a demandé «Avez-vous pris des dispositions pour faire connaître votre volonté de donner vos organes?», soudainement seulement 54 % ont répondu par l’affirmative.

Pas facile à expliquer, mais on dirait que l’idée de se faire enlever des organes rend les gens nerveux.

Au Québec, selon le site internet de Québec-Transplant, on comptait 18,2 donneurs par million d’habitants (dpmh) en 2007. Au Canada, le taux est de 14,9 donneurs par dpmh. Les Européens sont beaucoup plus avancés que nous dans ce domaine. La France (23 donneurs par dpmh), l’Autriche (24,4 par dpmh) et l’Espagne (35,1 par dpmh).

L’Espagne sort nettement du lot. La raison: l’État considère que tous ses citoyens adultes veulent donner leurs organes à leur mort. Ils appellent ça le consentement présumé. Pour ne pas être considérés des donneurs, les Espagnols doivent signifier leur refus en signant un document prévu à cet effet.

Les campagnes de promotion des dons d’organes de Québec-Transplant connaissent du succès. Au fil des ans, le taux de donneurs a augmenté. Pas assez toutefois pour répondre ne serait-ce qu’à une petite partie de la demande.

Peut-être devions-nous considérer importer au Québec le concept du consentement présumé. Cela n’aurait pas garanti que Karèle survive. Elle aurait eu, en revanche, des meilleures chances de s’en tirer.

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