Vous voilà rassurez: Gérard Bouchard et Charles Taylor ne distribuent pas de torgnoles aux Québécois de souche. Pas directement en tout cas. Voilà qui est bien dommage. Bon nombre de pure laine auraient besoin de se faire parler dans le casque, comme on dit au Saguenay!
Le Québec ne vit pas de crise d’accommodements raisonnables, concluent les deux universitaires chargés d’étudier la question. Certes quelques cas posent problème et nécessitent des balises, signalent-ils, mais on est bien loin du gouffre identitaire dans lequel souhaitent nous pousser des leaders politiques (à la recherche de leur propre identité). Le cirque des accommodements raisonnables est en grande partie l’œuvre des médias, note le tandem Bouchard-Taylor. Touché!
C’est gênant de le dire, mais les médias ont souvent tendance à exagérer la portée d’événements. On saute sur des histoires, on les coiffe de titres accrocheurs, on omet d’apporter dans les reportages les nuances qui s’imposent. Puis les autres salles des nouvelles relaient ces «histoires» comme des perroquets. Après, la confrérie se demande pourquoi sa crédibilité avoisine celle des vendeurs d’automobiles usagées et des politiciens (pas nécessairement dans l’ordre).
Dans le cas qui nous préoccupe, les conséquences de cette enflure médiatique, bâtie à partir d’un phénomène somme tout marginal, ont eu pour effet d’exciter la foule. Elle a servi à nourrir l’incompréhension et la colère de bon nombre de nos concitoyens dont la conception de la société québécoise se limite au fait français, catholique et blanc.
Personne ne peut nier que des témoignages et commentaires rendus lors des audiences de la Commission Bouchard-Taylor étaient empreints de racisme. Le mot est dur, c’est vrai. Comment qualifier autrement alors les âneries et stupidités entendues?
Le racisme est omniprésent dans la société québécoise. Pas plus qu’ailleurs, remarquez bien, mais quand même là. La honte m’envahi lorsque j’entends des gens attribuer aux immigrants tous nos problèmes. Entendu l’année dernière à la banque une dame d’une soixantaine d’année expliquer à la caissière que les immigrants étaient responsables du piètre état de nos routes. Pas de blague! Son raisonnement: parce qu’on verse à bon nombre d’entre eux de l’aide sociale, l’État a moins d’argent pour l’entretien des routes. Tabar…!
Probablement estomaquée, la dame derrière le comptoir n’a rien dit. Elle aurait dû la traiter de vieille folle raciste. Avec le recul, je regrette de ne pas l’avoir mis au défi de me faire la démonstration de sa théorie. Là, devant tout le monde. Je m’en veux d’avoir été trouillard.
La liberté d’expression est un droit reconnu dans la Charte québécoise des droits de la personne. Toutefois, la Charte ne confère à personne le droit de dire n’importe quoi sur n’importe qui. Il nous appartient à tous d’être vigilant et de dénoncer les propos et gestes à caractère raciste.
Des torgnoles se perdent!
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