Enrico Ciccone m’a lâché un coup de fil vendredi. Il voulait discuter de mon blogue le concernant (lire ici). L’ancien policier de la Ligue nationale de hockey, notamment avec le Canadien de Montréal, se demandait pourquoi je m’opposais à sa nomination sur un comité anti-violence de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
N’allez pas croire qu’il a cherché à m’intimider. Non. Le monsieur a été d’une grande gentillesse. Il voulait débattre d’idées. Et croyez-moi, il en a plusieurs pour enrayer la violence dans le hockey. Contrairement à ce qu’on pourrait penser — moi le premier —, Enrico Ciccone n’est pas contre l’idée d’interdire les batailles. La vraie question est de savoir comment les éliminer, estime-t-il. Son approche: rendre les équipes et les entraîneurs imputables du comportement de leurs joueurs.
Dans le junior, rappelle-t-il, les entraîneurs jouent un grand rôle dans le vie des joueurs. Or si la majorité jouissent de bonne réputation, signale Enrico, d’autres en traînent de mauvaise. C’est ceux-là que la ligue doit cibler. «Quand tu arrives dans la ligue, tu es intimidé. Tu as beau être grand et costaud, tu n’as que 16, 17 ans. Quand l’entraîneur te dit de te battre, tu te bats. C’est lui qui intimide. C’est lui le problème. C’est lui qui cause toute cette tension.»
Et c’est cette tension, insiste Enrico, qui provoque les coups salauds et les batailles. «Il faut enlever cette tension-là. On n’accepte pas ça dans nos cours d’écoles. On n’a pas à l’accepter sur une patinoire. Si on enlève ça, les bagarres vont disparaître», plaide-t-il.
La LHJMQ doit être conséquente avec sa volonté d’éliminer la violence. Pour y arriver, Enrico Ciccone imposerait des amendes aux équipes et aux entraîneurs dont les joueurs ont pêché. «Il ne faut pas pénaliser le jeune en l’envoyant 10, 15, 20 parties dans les gradins. Les équipes ne sont pas très riches. Après quelques amendes de 2000 $ ou de 3000 $, elles vont ajuster le tir, comme on dit.»
Enrico Ciccone ne cherche pas à nier le style de joueur qu’il a été dans le junior puis dans la LNH. «Ce n’est pas parce que je me battais que j’aimais ça. Je défendais mes chums. Mais je n’étais pas un joueur salaud.»
S’il pouvait reculer l’horloge du temps, il prendrait un autre chemin. Il ne retournerais pas dans la LHJMQ. Il irait plutôt jouer dans un collège américain — il dit avoir reçu des offres. «Et si j’avais un garçon, je ne l’enverrais pas non plus dans le junior. Pas en ce moment.»
Celui qui est aujourd’hui agent de joueurs, dont quelques-uns de catégorie junior, fait sa part pour améliorer les choses. «Je leur dit de garder leurs gants et de jouer intelligemment.»
Est-il possible d’enrayer complètement les batailles dans le hockey junior?
Enrico Ciccone le pense. Toutefois, précise-t-il, les deux autres ligues juniors au Canada (celles de l’Ontario et de l’Ouest) doivent les interdire aussi. Si ce n’est pas le cas, la LHJMQ serait pénalisée lors de la coupe Memorial (championnat canadien de hockey junior opposant les champions des trois ligues).
Si elle veut vraiment changer les mentalités dans ses rangs, la LHJMQ doit prendre les devant. Cela fait, comme dans une partie de hockey, les autres devront faire du rattrapage.

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maxi21
26 mai 2008
11h45
J’adhère entièrement au principe de l’imputabilité des coachs que Enrico dénonce. On le voit d’aileurs dans le dossier Moore-Bertuzzi où l’entraîneur, Marc Crawford a du se défendre d’avoir ordonner à ses joueurs de s’en prendre à Steve Moore. J’ajouterais aussi comme source de tension, le rôle joué par ces parents, qui sans demander directement aux jeunes de se battre (bien que cela arrive à l’occasion, j’en suis certain), contribuent à propager la violence dans le sport par leur comportement agressif.
jimmyproulx-roy
26 mai 2008
12h00
Pourquoi ne pas commencez à hausser les amendes reliés aux batailles du hockey? Si la somme est très élevée, peut-être que les joueurs vont dire à leur entreineur qu’ils n’ont pas vraiment les moyens pour se battre. En plus de laisser ça aller, nous montrons une mauvaise exemple à nos jeunes du vrai hockey. Alors que nous devrions leur présenter les plus belles stratégies, nous leur présentons de vrais combats à la télévision et dans les arénas. Serait-ce logique de montrer des scènes de combats aux enfants, alors que nous avons déjà asser de problèmes dans les gangs de rue par exemple?
maroisnobinette
27 mai 2008
14h53
Enrico est un chic type et ne faisait que ce que l’entraîneur lui demandait et je crois qu’il est sincère lorsqu’il dit qu’il est contre les bagarres au hockey professionnel tout comme moi.
mourialais_connaissant
27 mai 2008
21h42
Bon, je suis probablement un innocent mais je trouve que les bagares sont une bonne chose au hockey! C’est le moment le plus excitant pour les spectateurs pendant une game, et pendant une saison interminable de 82 matchs, ça en prend des choses excitantes pour maintenir de l’intérêt. Personne n’en meurt, c’est extrêmement rare que quelqu’un est blessé sérieusement, c’est QUOI le problème?? C’est qui la victime?? Demandez vous pas pourquoi le hockey ne pogne pas en Europe… Ya pas d’émotivité là bas.
cinephile41
28 mai 2008
10h31
Suite au visionnement du film Junior, j’ai déduis que les responsables des bagarres ou des ” foires ” à la Patrick Roy, sont effectivement les entraîneurs. Des hommes, qui ne pensent pas aux jeunes ( heureusement il y a des exceptions) mais à leur carrière ( ce que j’ai vu de Baie-Comeau était assez clair…). Des amendes salées à ces hommes faisant figure d’autorité devrait permettre d’éliminer les bagarres.