Le Grand Parleur

Archive, mai 2008

Jeudi 29 mai 2008 | Mise en ligne à 11h56 | Commenter Commentaires (6)

Un signe qui ne ment pas

enseigne_ultramar.jpg

photo Janick Marois

Voici une preuve que les hausses du prix de l’essence ne sont pas terminées. Croisé mardi sur une grande artère à Granby deux équipes en train de réparer l’enseigne d’une station-service. Une source nous indique que les fréquents changements de prix ces derniers mois ont eu comme effet de brûler les composantes électroniques dans l’enseigne. D’autres enseignes ont rendu l’âme pour la même raison.

Pour pallier au problème, les techniciens en électronique ont remplacées ces composantes par un système dernier cri. Grâce à un système de télémétrie, celui-ci est relié directement aux bourses internationales où le pétrole est transigé. Ainsi, chaque fois que le prix du baril monte, le prix à la pompe augmente simultanément.

On s’attend à ce que toutes les stations-d’essence optent pour cette technologie à court terme. Les sociétés pétrolières ont en effet calculé qu’elles perdent des milliards de dollars chaque année en raison du délai entre les hausses du prix du brut sur les marchés et leurs répercussions sur les prix à la pompe. Le nouveau système vient éliminer ce coûteux délai.

Petit détail important à noter: le système ne fonctionne que lorsque le prix du baril de pétrole est en hausse! En situation de baisse du baril de pétrole, le vieux système prévaudra. C’est donc dire que les dirigeants des stations-services continueront d’attendre que le concurrent de l’autre côté de la rue baisse son prix. Et celui-ci fera de même. Pourquoi changer un système qui fonctionne, concluent les grands patrons des pétrolières.

On n’arrête pas le progrès!

P.S.: Vous aurez sans doute compris que tout ceci n’est que le fruit de mon imagination sarcastique. C’est ma façon de me défouler sur le dos des pétro-voleuses!

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Mercredi 28 mai 2008 | Mise en ligne à 19h26 | Commenter Un commentaire

Les séparatistes de Bromont

What does Quebec want? La formule vous rappelle quelque chose? C’est la phrase fétiche lancée par nos compatriotes du Canada anglais chaque fois que le Québec formule une demande touchant les bases de la fédération. Cette phrase pourrait bien s’appliquer à la Ville de Bromont. Que veut-elle au juste?

Voilà qui est certes tordue comme comparaison, c’est bien vrai. Autant que la demande de Bromont de passer de la MRC de la Haute-Yamaska à celle de Brome-Missisquoi, remarquez bien. Plus ses promoteurs — la classe politique bromontoise, s’entend — expliquent pourquoi ils souhaitent voir leur ville migrer au sud, plus toute cette affaire apparaît comme étant un perte de temps, d’énergie et d’argent!

Le camp du Oui a lancé sa campagne la semaine dernière en vue du référendum du 8 juin. Soucieux de montrer que la question intéressait vraiment la population, ses organisateurs ont pris soin «d’inviter» beaucoup de «citoyens concernés» et de fabriquer une ambiance référendaire en embellissant la salle de belles banderoles arborant des slogans accrocheurs.

Toute cette mise en scène ne change rien à l’essentiel. Le dénominateur commun de tous les arguments des partisans du Oui, soit que Bromont peine à se développer économiquement en raison de la mauvaise foi de la Ville de Granby, ne tient pas la route. On baigne dans le ridicule, pour dire les choses franchement!

On vous fera grâce des arguments touchant la santé — le ministère concerné ne fait aucune distinction entre les MRC lorsque vient le temps de planifier son offre de services. Allons directement à l’argument préféré de la mairesse Pauline Quinlan: la répartition des votes à la MRC. La Ville de Granby possède quatre des 12 votes à la table des maires tandis que les huit autres membres de la MRC n’en compte qu’un chacun. Le système favorise doublement Granby puisque 70 % des citoyens de la MRC habitent la ville centre. Sa démographie fait qu’elle jouit d’un droit de veto puisque les décisions doivent être prises avec son consentement. C’est ce qu’on appelle la double majorité.

Ceci étant dit, la ville centre n’est pas le matamore dépeint par Mme Quinlan ces derniers mois. Granby n’a pas usé une seule fois de son veto depuis que le maire Goulet est en poste (2005).

Mme Quinlan a raison de dénoncer le système de votation. De là par contre à en conclure que Bromont s’en trouve pénalisée… Elle ne peut sérieusement prétendre que sa ville a souffert de ce système toutes ces années. Les faits sont que Bromont se développe à un rythme effréné, que les projets résidentiels y pullulent (la Ville branchée attire proportionnellement chaque année cinq fois plus de nouveaux résidants que Granby), signe que bien des gens veulent s’y établir pour profiter de sa qualité de vie, que ses secteurs commerciaux et industriels se tirent très bien d’affaire.

Voilà qui est pas mal comme développement social et économique pour une ville captive de la MRC de la Haute-Yamaska et sous le joug de la Ville de Granby!

Mme Quinlan va gagner son référendum. Vous pouvez parier que son équipe va être très active sur les téléphones et présente sur les routes pour faire sortir le vote. Malheureusement pour la mairesse, ce dossier ne revêt aucun intérêt pour l’ensemble de ses concitoyens. Qu’ils habitent le territoire de la MRC de la Haute-Yamaska ou celui de Brome-Missisquoi ne changera rien à leur vie. Et ils lui signifieront à leur façon en vaquant à leurs occupations le 8 juin. Quelle sera alors la légitimité d’une victoire alors qu’à peine 20 % des électeurs (une prédiction hautement optimiste!) auront fait l’effort de se pointer au bureau de scrutin?

Restera à la ministre des Affaires municipales Nathalie Normandeau de sonner la fin de cette trop longue récréation. Enfin, pourrait-on dire. Parce que ce conflit de gros egos blessés pénalise toute la région!

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Lundi 26 mai 2008 | Mise en ligne à 10h42 | Commenter Commentaires (5)

L’appel d’Enrico

Enrico Ciccone m’a lâché un coup de fil vendredi. Il voulait discuter de mon blogue le concernant (lire ici). L’ancien policier de la Ligue nationale de hockey, notamment avec le Canadien de Montréal, se demandait pourquoi je m’opposais à sa nomination sur un comité anti-violence de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

N’allez pas croire qu’il a cherché à m’intimider. Non. Le monsieur a été d’une grande gentillesse. Il voulait débattre d’idées. Et croyez-moi, il en a plusieurs pour enrayer la violence dans le hockey. Contrairement à ce qu’on pourrait penser — moi le premier —, Enrico Ciccone n’est pas contre l’idée d’interdire les batailles. La vraie question est de savoir comment les éliminer, estime-t-il. Son approche: rendre les équipes et les entraîneurs imputables du comportement de leurs joueurs.

Dans le junior, rappelle-t-il, les entraîneurs jouent un grand rôle dans le vie des joueurs. Or si la majorité jouissent de bonne réputation, signale Enrico, d’autres en traînent de mauvaise. C’est ceux-là que la ligue doit cibler. «Quand tu arrives dans la ligue, tu es intimidé. Tu as beau être grand et costaud, tu n’as que 16, 17 ans. Quand l’entraîneur te dit de te battre, tu te bats. C’est lui qui intimide. C’est lui le problème. C’est lui qui cause toute cette tension.»

Et c’est cette tension, insiste Enrico, qui provoque les coups salauds et les batailles. «Il faut enlever cette tension-là. On n’accepte pas ça dans nos cours d’écoles. On n’a pas à l’accepter sur une patinoire. Si on enlève ça, les bagarres vont disparaître», plaide-t-il.

La LHJMQ doit être conséquente avec sa volonté d’éliminer la violence. Pour y arriver, Enrico Ciccone imposerait des amendes aux équipes et aux entraîneurs dont les joueurs ont pêché. «Il ne faut pas pénaliser le jeune en l’envoyant 10, 15, 20 parties dans les gradins. Les équipes ne sont pas très riches. Après quelques amendes de 2000 $ ou de 3000 $, elles vont ajuster le tir, comme on dit.»

Enrico Ciccone ne cherche pas à nier le style de joueur qu’il a été dans le junior puis dans la LNH. «Ce n’est pas parce que je me battais que j’aimais ça. Je défendais mes chums. Mais je n’étais pas un joueur salaud.»

S’il pouvait reculer l’horloge du temps, il prendrait un autre chemin. Il ne retournerais pas dans la LHJMQ. Il irait plutôt jouer dans un collège américain — il dit avoir reçu des offres. «Et si j’avais un garçon, je ne l’enverrais pas non plus dans le junior. Pas en ce moment.»

Celui qui est aujourd’hui agent de joueurs, dont quelques-uns de catégorie junior, fait sa part pour améliorer les choses. «Je leur dit de garder leurs gants et de jouer intelligemment.»

Est-il possible d’enrayer complètement les batailles dans le hockey junior?

Enrico Ciccone le pense. Toutefois, précise-t-il, les deux autres ligues juniors au Canada (celles de l’Ontario et de l’Ouest) doivent les interdire aussi. Si ce n’est pas le cas, la LHJMQ serait pénalisée lors de la coupe Memorial (championnat canadien de hockey junior opposant les champions des trois ligues).

Si elle veut vraiment changer les mentalités dans ses rangs, la LHJMQ doit prendre les devant. Cela fait, comme dans une partie de hockey, les autres devront faire du rattrapage.

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