Le Grand Parleur

Archive, avril 2008

Mercredi 30 avril 2008 | Mise en ligne à 11h46 | Commenter Commentaires (2)

La psychose des algues bleues

photo-algues-bleues.jpg

photo  Alain Dion, La Voix de l’Est 

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs aura la gâchette moins rapide lorsque ses inspecteurs apercevront des algues bleues dans nos cours d’eau. Avant de lancer une mise en garde concernant la pratique de sports nautiques (natation, ski, canot, kayak, etc.), ils effectueront d’abord des tests pour savoir si l’eau contient des toxines. Le gros bon sens, vous vous dites sûrement. Nous aussi!

Cette nouvelle façon de faire rassurera les usagers de nos cours d’eau. Il doit être assez frustrant merci de se voir interdire l’accès à une plage pour la seule raison que des fleurs d’eau y ont été observées. Si les autorités doivent faire preuve de prudence, et on les en remercie, elles doivent par ailleurs être certaines de leur coup avant de lancer une mise en garde ou de littéralement fermer un lac. Cela veut dire pousser leur inspection plus loin.

La présence de cyanobactéries n’est pas automatiquement synonyme de danger. Il en existe des centaines de types, dont la moitié ne libère aucune toxine nuisible à la santé humaine. D’où la pertinence d’obtenir plus de données, et ce rapidement, avant de prendre une décision qui nuira à la réputation d’un lac ainsi qu’à l’image d’une région.

L’éclosion d’algues a sérieusement ébranlé l’industrie touristique des Cantons-de-l’Est ces dernières années. Les propriétaires de campings, de plages, ceux qui louent des embarcations, des chalets, tous ont subi des pertes importantes. Aucun de nos lacs n’a été épargné: Waterloo, Brome, Bromont, Gale, Roxton, Davignon, Selby, le réservoir Choinière, tous ont fait l’objet de mises en garde ou de restrictions d’usages.

On ne veut pas partir de chicane, mais il est difficile de ne pas noter que les autorités gouvernementales semblent stigmatiser les Cantons-de-l’Est. Jusqu’à l’an dernier, les algues bleues n’étaient un fléau que dans notre région. Excès de zèle des fonctionnaires du MDDEP en poste chez nous ou manque d’intérêt de leurs collègues ailleurs au Québec pour les détecter? Parions sur la deuxième explication.

Frustrées de la mauvaise presse reçue, les politiques de la région ont fait pression pour que les mêmes normes et surtout les mêmes efforts soient déployés partout au Québec pour détecter les cyanobactéries. Leur message a passé: l’an dernier, plus de 200 lacs à travers la province ont fait l’objet d’une mise en garde ou d’une interdiction d’y pratiquer une activité nautique.

Cela accompli, il reste maintenant au MDDEP à se doter d’un véritable plan d’attaque contre les cyanobactéries. Le nombre de tests d’eau doit être accru (leurs résultats connus à l’intérieur de 48 heures), le phosphore doit être banni de tous les produits domestiques, les agriculteurs doivent respecter les bandes riveraines. Bien entendu, l’argent devra être au rendez-vous pour réaliser tout ça!

Et au lieu de demander aux organismes de bassins versants, à deux semaines d’avis, d’organiser la distribution de dizaines de milliers d’arbres — une désolante opération de relations publiques le printemps dernier qui visait à masquer son incurie —, Québec devrait leur garantir un financement raisonnable et récurrent.

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Lundi 28 avril 2008 | Mise en ligne à 11h05 | Commenter Commentaires (3)

En mission avec des minounes II

Loin de moi l’idée de taper sur le même clou, mais la tentation est si forte. Ceux qui doutaient que nos soldats utilisaient parfois des minounes dans le cadre de leurs opérations, en voici une autre preuve. Un document obtenu par Le Devoir nous apprend que seulement 33 % des avions de recherche et de sauvetage des Forces canadiennes sont opérationnels en tout temps (lire le reportage ici).

La raison: la vétusté de appareils. En d’autres mots, ils passent plus de temps au garage pour être réparés que sur le tarmac en attendant un appel de détresse.

Les Forces canadiennes possèdent 6 Buffalo CC-115 affectés à des missions de recherche et de sauvetage. Ils ont été acquis en 1967, selon le site web des Forces canadiennes (consulter ici).

Quant aux Hercules CC-130, 19 ont été achetés entre 1964 et 1968 (source ici).

On admire souvent les belles automobiles des années 60 qui passent dans la rue. Leurs propriétaires ont sûrement passé un temps fou à les retaper, minutieusement, se dit-on. Si on n’envie pas toutes ces heures consacrées à redonner vie à ces belles d’autrefois, on aimerait toutefois posséder une telle bagnole.

Cela dit, je ne sais pas pour vous, mais voler dans un avion datant de 40 ans…

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Mercredi 23 avril 2008 | Mise en ligne à 15h22 | Commenter Commentaires (14)

Le bête calcul comptable de TQS

TQS n’a jamais été d’intérêt pour moi. Nous nous en sommes déjà parlés. Ça inclut sa salle des nouvelles. Ceci dit, on ne peut se réjouir de l’abandon par les nouveaux patrons de TQS de ce service. Au-delà des gens qui perdront leur emploi, il s’agit là d’un recul pour la diversité des sources d’information. En démocratie, ce n’est jamais une bonne nouvelle.

Produire de l’information coûte cher. C’est vrai pour les journaux et la radio, c’est encore plus vrai pour la télévision en raison des tonnes d’équipements et de toutes les ressources humaines nécessaires à la production des bulletins de nouvelles. Ça coûte cher donc et ça ne rapporte pas d’argent. Très peu du moins et pas directement. Ces colonnes de chiffres passent un peu mieux quand le patron est un ancien journaliste — il comprend le rôle central que joue un service d’information dans la société. Quand le patron est un comptable, toutefois, et bien là on a un problème. Il ne voit que les chiffres, ne considérant pas l’ensemble de la situation.

Pourquoi a-t-on un service des nouvelles au juste?, se sont demandés les nouveaux patrons de TQS. La lecture des résultats des cotes d’écoute des différents bulletins à leur antenne les a sûrement convaincus de tirer sur le bouchon.

Voilà un bête calcul comptable. Selon la même logique, Radio-Canada devrait abolir illico son service des nouvelles, ses cotes d’écoute étant à peine plus élevées que celles du Mouton noir. Heureusement, ils sont plus sensés que ça à la société d’État. Là on continue d’investir dans son service des nouvelles. La réalité est que l’ensemble de sa programmation en bénéficie. Ils utilisent, en quelque sorte, les bulletins de nouvelles et autres émissions d’information pour fidéliser leurs clients (téléspectateurs).

Alors, disions-nous, pourquoi une télé-généraliste doit-elle offrir un service de nouvelles à ses téléspectateurs? Ça va peut-être vous paraître ésotérique, mais que diriez-vous que c’est pour remplir une mission sociale de première importance, celle de veiller à ce que ses téléspectateurs apprennent des choses. Pour se donner une forme de crédibilité, si vous voulez.

Que nous réservera la grille horaire de TQS une fois dénudée des bulletins de nouvelles? On n’ose même pas l’imaginer. Pariez qu’on la remplira d’émissions qui font pleurer, de films de série B et de télé-réalités débiles qui abrutissent les téléspectateurs.

Tout ça ne coûte pas cher, calculent les nouveaux patrons de TQS. Ça ne vaut pas cher non plus, pourrait-on ajouter.

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