Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 28 mars 2008 | Mise en ligne à 12h34 | Commenter Commentaires (4)

    Cinq minutes pour hypocrisie

    Il était beau à voir Gilles Courteau assis ce matin aux côtés de la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne. C’était quelque chose d’entendre le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec endosser le souhait de la ministre que les bagarres dans le hockey mineur soient interdites. On applaudit ce beau patinage de fantaisie! On lui impose toutefois cinq minutes pour hypocrisie.

    Soyons clair: la LHJMQ n’a nullement besoin d’une loi, d’un décret ministériel, d’une commande politique, d’un sondage, d’un focus group, d’un signe de Dieu, d’un appel du Dalaï Lama pour agir. Il lui suffit de modifier ses règlements, prohibant les bagarres, et l’affaire est ketchup! C’est terminé! On n’en parle plus! On passe à autre chose!

    Ça serait si facile. Mais rien n’est facile lorsqu’il est question de la LHJMQ. On veut bien changer nos règlements, disent en substance ses dirigeants. En autant que les deux autres ligues juniors majeurs au Canada (celles de l’Ontario et de l’Ouest) embarquent aussi. Ça explique pourquoi Hockey Canada et les patrons des deux ligues juniors ont été invités à débattre de la question par M. Courteau.

    On se retrouve donc avec une (autre) table de concertation, en quelque sorte, pan-canadienne celle-là. Pariez que tout ce beau monde va patiner en rond! Et que notre commissaire participera au manège en se mordant les lèvres pour ne pas échapper un rire. Il gagne du temps, il noie le poisson, il parie que les chrétiens choqués finiront pas oublier toute l’affaire.

    Le hockey québécois peut-il être distinct sur ce point? Non répondent les «experts» de 110 %. Entendu l’autre jour l’argument que ça pénaliserait nos équipes lors de la coupe Memorial (tournoi annuel consacrant le champion canadien). Elles ne feraient pas le poids contre les formations de l’Ouest et de l‘Ontario qui ont recours aux bagarres. Bref, nos équipes seraient intimidées.

    Ça n’a aucun bon sens comme argument puisqu’il s’agit d’un tournoi à la ronde. Les quatre équipes en lice ne jouent qu’une fois l’une contre l’autre en ronde préliminaire. Aucune équipe ne peut donc «préparer» le prochain match en rudoyant l’adversaire.

    Autre argument qui ne tient pas la route: les équipes de la LNH bouderont les hockeyeurs québécois, incapables de se «défendre». Pourtant, ça n’empêche pas les dépisteurs professionnels de faire de l’oeil aux joueurs des équipes universitaires aux États-Unis. Là bas, faut-il le rappeler, les  bagarres sont interdites.

    Remarquez, l’intimidation au hockey fonctionne, n’en déplaisent aux adeptes de la non-violence. Regardez où se trouvent nos Saguenéens (excusez le parti pris, c’est une question de solidarité entre Saguenéens). Même s’ils étaient établis largement favoris contre les Remparts de Québec, ils sont au bord de l’élimination. Depuis qu’il a été sauvagement agressé par Roy fils, notre gardien, Bobby Nadeau, n’a pas réussi à reprendre le dessus.

    Cette constatation ne fera rien pour encourager les jeunes plein d’adrénaline à respecter leurs adversaires. Surtout pas quand ils perdent!


    • Cher M. Laliberté,

      J’ai trouvé intéressant que vous parliez de la coupe Memorial dans votre texte sur la violence au hockey. Cela m’a permis de me rappeler l’importance qu’avait eu un certain Georges Laraque dans la conquête de ce championnat canadien par les Prédateurs de Granby, en mai 1996.

      Il y avait beaucoup de talent dans l’équipe de Michel Therrien et des frères Morrissette. Laraque n’est certainement pas le seul élément qui avait permis aux Preds de gagner le titre tant convoité, qui avait échappé au Québec au cours des 25 années précédentes – on se demande bien pourquoi les «gros» joueurs de l’Ouest et de l’Ontario avaient toujours raison des bons p’tits Québécois. Mais nier que ses solides mises en échec et sa seule présence physique aient considérablement aidé l’équipe granbyenne serait une grave erreur.

      Ceci dit, le coeur du débat se trouve ailleurs. Ce qui m’étonne le plus dans tout ce qui se dit et s’écrit cette semaine sur les événements du Samedi Saint, c’est qu’on veuille bannir les bagarres après une non-bagarre…

      Je ne vais pas jouer à l’autruche ou à la vierge offensée, comme bien des gens ont fait cette semaine, surtout ceux qui n’ont pas assisté à un match de hockey cette année, en disant qu’une bagarre (j’ai bien écrit une bagarre, pas 10 batailles ou une émeute) peut avoir sa raison d’être entre deux joueurs consentants.

      Je pense qu’on fait fausse route en parlant d’éliminer la bagarre. Éliminons les gestes stupides, comme celui de Jonathan Roy, par le biais de suspensions plus sévères, je suis tout à fait d’accord.

      Je vous rappelle qu’au moment où le geste qui a soulevé les passions a eu lieu, plusieurs autres bagarres se déroulaient; à Gatineau, un gardien de but s’est fait plaquer plus solidement qu’au football, un geste selon moi beaucoup plus dangereux que celui de Chicoutimi. Pourtant, pratiquement personne n’a parlé des autres événements.

      Y aurait-il des gens qui cherchent à se faire du capital politique? J’ai de la difficulté à croire cela…

    • “Le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Gilles Courteau, a indiqué que son circuit avait entamé, il y a plusieurs mois, un processus de consultation auprès de ses partenaires, dont Hockey Canada et la Ligue canadienne de hockey, concernant les bagarres dans le hockey junior canadien. Il entend remettre son rapport à la ministre dans les délais prévus”
      Si c’est ce que l’on appelle hypocrisie, j’encouragerais M. Courteau d’en faire preuve plus souvent afin d’enrayer ce fleau qu’est la violence au hockey. C’est plus serieux que l’on pourrais le supposer de prime abord et cela fait beaucoup afin de prouver au jeunes joueurs que la violence dans le sport c’est OK. Bravo a Mme Courchesne& M.Courteau pour toutes les efforts qu’ils deploeront dans le futur afin d’arriver a leur but premier. Du vrai hockey sans matches de boxe ni de coup de jarnac afin de clouer son adversaire au plancher…pardon. sur la glace.Soit dis en passant On se rend compte en examinant le resultat final que Quebec contre Chicoutimi que les premiers on bien reussi a intimider leur adversaires. Bravo Quebec pour votre bon travail. Ca donne de tres beaux titres dans les journaux ,et sa sert a alimenter notre appetit pour les petites sensations fortes dont nos “faibles d’esprits” ont besoin pour se faire du “fun” LOL

    • Il y a deux spectacles lors d un match de hockey.Le jeux et les bagarres. Et les actionnaires le savent. Alors bull shit avec les voeux pieux.Tout ce bla bla n est que pure farce.

    • Mon père qui jouait dans une ligue de campagne quand il était jeune racontait, que dans son temps le score importait très peu, mais qu’il ne fallait pas perdre la bataille.(Il aurait 100 et 2 mois aujourd’hui)

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