Le Grand Parleur

Archive, mars 2008

Lundi 31 mars 2008 | Mise en ligne à 11h25 | Commenter Commentaires (8)

Doit-on tout interdire au volant?

Il y a de ces interdits qui font sourciller. Le cellulaire au volant, par exemple. Demain, 1er avril, vous — je dis vous parce que je fais partie de cette minorité sans cellulaire — ne pourrez plus utiliser votre cellulaire alors que vous conduisez. En fait vous pourrez continuer de parler avec vos amis et collègues, mais avec un dispositif permettant de libérer vos mains, et ce afin qu’elles soient sur le volant.

Je ne sais pas pour vous, mais je doute qu’on améliore le bilan routier avec cette mesure. S’il est vrai que cellulaire et volant ne sont pas exactement fait pour être combinés, on peut dire la même chose d’un bon café, d’une bouteille de jus, d’un muffin, d’une trousse de maquillage, d’une cigarette, d’une bonne émission de radio, d’une toune entraînante et même d’un compagnon (ou compagne) de route verbo-moteur. Le dénominateur commun de ces choses: elles causent (à divers degrés) des distractions alors qu’on doit porter toute notre attention sur la route.

C’est drôle à dire, mais l’interdiction du cellulaire au volant aura un impact positif sur ceux qui ne les utilisent pas. Combien de fois avez-vous pesté ou vu un autre automobiliste agiter les bras et multiplier les jurons (certains jurons se lisent très bien sur les lèvres, avez-vous déjà remarqué?) en voyant l’automobiliste qui les précède parler au cellulaire? Ces «habitudes» de communication sont-elles des sources de distractions pour vous? Ou pire, provoquent-elles chez-vous de la colère menant à des fausses manoeuvres?

Allez, reconnaissez qu’il est frustrant d’attendre que l’automobiliste «fautif» devant vous démarre lorsque le feu tombe au vert. Que c’est frustrant que le conducteur «fautif» devant vous prenne deux secondes de plus à un arrêt. Que c’est frustrant de se faire dépasser en trombe sur l’autoroute par une émule de Jacques Villeneuve, mais quelques minutes plus tard de devoir désactiver votre régulateur de vitesse parce que le pilote Nascar en devenir roule maintenant à pas de tortue le cellulaire collé à l’oreille

L’avenir dira quels seront les bienfaits de cette mesure. Pour l’heure, les seuls qui en bénéficient sont les tiroirs-caisses des boutiques d’accessoires de cellulaires. Ils sonnent allégrement!

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Vendredi 28 mars 2008 | Mise en ligne à 12h34 | Commenter Commentaires (4)

Cinq minutes pour hypocrisie

Il était beau à voir Gilles Courteau assis ce matin aux côtés de la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne. C’était quelque chose d’entendre le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec endosser le souhait de la ministre que les bagarres dans le hockey mineur soient interdites. On applaudit ce beau patinage de fantaisie! On lui impose toutefois cinq minutes pour hypocrisie.

Soyons clair: la LHJMQ n’a nullement besoin d’une loi, d’un décret ministériel, d’une commande politique, d’un sondage, d’un focus group, d’un signe de Dieu, d’un appel du Dalaï Lama pour agir. Il lui suffit de modifier ses règlements, prohibant les bagarres, et l’affaire est ketchup! C’est terminé! On n’en parle plus! On passe à autre chose!

Ça serait si facile. Mais rien n’est facile lorsqu’il est question de la LHJMQ. On veut bien changer nos règlements, disent en substance ses dirigeants. En autant que les deux autres ligues juniors majeurs au Canada (celles de l’Ontario et de l’Ouest) embarquent aussi. Ça explique pourquoi Hockey Canada et les patrons des deux ligues juniors ont été invités à débattre de la question par M. Courteau.

On se retrouve donc avec une (autre) table de concertation, en quelque sorte, pan-canadienne celle-là. Pariez que tout ce beau monde va patiner en rond! Et que notre commissaire participera au manège en se mordant les lèvres pour ne pas échapper un rire. Il gagne du temps, il noie le poisson, il parie que les chrétiens choqués finiront pas oublier toute l’affaire.

Le hockey québécois peut-il être distinct sur ce point? Non répondent les «experts» de 110 %. Entendu l’autre jour l’argument que ça pénaliserait nos équipes lors de la coupe Memorial (tournoi annuel consacrant le champion canadien). Elles ne feraient pas le poids contre les formations de l’Ouest et de l‘Ontario qui ont recours aux bagarres. Bref, nos équipes seraient intimidées.

Ça n’a aucun bon sens comme argument puisqu’il s’agit d’un tournoi à la ronde. Les quatre équipes en lice ne jouent qu’une fois l’une contre l’autre en ronde préliminaire. Aucune équipe ne peut donc «préparer» le prochain match en rudoyant l’adversaire.

Autre argument qui ne tient pas la route: les équipes de la LNH bouderont les hockeyeurs québécois, incapables de se «défendre». Pourtant, ça n’empêche pas les dépisteurs professionnels de faire de l’oeil aux joueurs des équipes universitaires aux États-Unis. Là bas, faut-il le rappeler, les  bagarres sont interdites.

Remarquez, l’intimidation au hockey fonctionne, n’en déplaisent aux adeptes de la non-violence. Regardez où se trouvent nos Saguenéens (excusez le parti pris, c’est une question de solidarité entre Saguenéens). Même s’ils étaient établis largement favoris contre les Remparts de Québec, ils sont au bord de l’élimination. Depuis qu’il a été sauvagement agressé par Roy fils, notre gardien, Bobby Nadeau, n’a pas réussi à reprendre le dessus.

Cette constatation ne fera rien pour encourager les jeunes plein d’adrénaline à respecter leurs adversaires. Surtout pas quand ils perdent!

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Mercredi 26 mars 2008 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Commentaires (4)

Le Joe Clark des libéraux

Le destin de Stéphane Dion ressemble étrangement à celui de Joe Clark. Comme l’ancien chef du Parti conservateur, M. Dion doit affronter chaque jour la grogne dans son parti. Et la politique étant ce qu’elle est, c’est-à-dire fourmillant de gens dépourvus d’honneur et de courage, tout ça se passe dans son dos. De bien mauvais augure pour lui.

Les similitudes entre les deux hommes sont étonnantes. Tous deux ont accédé à la tête de leur parti dans des circonstances similaires. Rappelez-vous de M. Clark. En 1976, il s’était faufilé entre Brian Mulroney et Claude Wagner lors de la course à la chefferie du Parti conservateur. Les observateurs étaient tellement surpris qu’un quotidien ontarien avait même titré le lendemain Joe Who?

M. Dion doit lui aussi son élection en tant que chef du Parti libéral à la faveur d’une course à trois. Michael Ignatieff et Bob Rae étaient clairement les candidats de tête. Toutefois, de part et d’autre, les militants de deux candidats ne voulaient rien savoir de l’autre.

M. Dion s’est retrouvé au dernier tour de vote grâce à l’appui des partisans de Gerald Kennedy, le quatrième aspirant. Dans leur cas, on peut parler d’un appui tactique; ils se doutaient bien que M. Dion ne réussirait pas à asseoir son autorité sur le parti. Une nouvelle course à la direction serait donc à prévoir à court terme. Tout indique qu’ils ont visé juste!

Contrairement au chef libéral, M. Clark a goûté au pouvoir en tant que leader. C’était en 1979 alors qu’il a réussi à former un gouvernement minoritaire. Malheureusement pour lui, tout ça n’a duré que 9 mois, le manque d’emprise de M. Clark sur son parti entraînant sa chute et le retour de Pierre Elliott Trudeau dans le siège du conducteur.

Finalement, en 1983, après maints jeux de corridor, Brian Mulroney est revenu à la charge. Il s’est imposé devant son tombeur de 7 ans plus tôt.

Voyez comment le parcours de MM. Dion et Clark concordent:

1. Tous deux ont remporté la course à la chefferie de leur parti par défaut
2. Tous deux ont été incapables d’asseoir leur autorité sur leurs troupes
3. Tous deux ont du composer avec d’anciens rivaux complotant dans leurs rangs
4. M. Clark a été évincé par son ancien rival, cela ne saurait tarder pour M. Dion — surtout que trois de ses députés reluquent activement son poste!

On garde de M. Clark le souvenir d’un excellent ministre, sans aucun doute l’un des meilleurs de l’ère Mulroney. C’est probablement ce qu’on dira dans quelques mois de M. Dion; il a été un bon et fidèle ministre de Jean Chrétien et de Paul Martin. Bien meilleur en tout cas que les arrivistes autour de lui qui travaillent à avoir sa tête.

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