Le Grand Parleur

Archive, février 2008

Vendredi 29 février 2008 | Mise en ligne à 13h30 | Commenter Commentaires (7)

Jouer avec le système

Il s’en trouve toujours pour tenter de déjouer le système pour empocher. C’est comme ça. Les derniers en lice: les garderies familiales privées qui touchent des subventions. Pas toutes, remarquez bien. Une petite poignée. Une petite poignée qui risque quand même d’affaiblir tout le système.

L’enjeu est (encore et toujours) monétaire. Ces garderies veulent facturer aux parents plus que le 7 $ par jour par enfant. Elles tiennent à ajouter des frais pour tenir compte des services qu’elles offrent en plus. Ces services de plus sont en fait des heures d’ouverture prolongées pour «accommoder» les parents.

Selon l’entente avec le gouvernement, les garderies subventionnées doivent offrir une plage de service de 10 heures. Autrement dit, être ouvertes 10 heures consécutives. Comme ça, on laisse le temps aux parents d’amener leur marmaille, de se rendre au travail, de bosser 7 heures, de reprendre le volant pour aller chercher la progéniture. Tout ça en 10 heures. Suffisamment de temps donc, pourrait-on conclure!

Et bien non. Parce que les propriétaires «dissidents» ont trouvé une astuce: ils ouvrent leur garderie à 6h. Faites le calcul. Ça veut donc dire qu’ils ferment à 16h. Comme on n’a pas encore trouver le moyen d’inventer du temps, on se retrouve avec un gros problème sur les bras. Connaissez-vous beaucoup de gens qui terminent de travailler à 15h ou à 15h30? De là est né ce mouvement, petit rappelons-le mais qui pourrait prendre de l’ampleur, exigeant d’être dédommagé pour tenir compte des parents qui se pointent à 16h30, 17h ou 17h30 pour récupérer leurs enfants. Une belle occasion d’affaires, se sont sûrement dit ces petits «entrepreneurs».

Leur stratégie frise la mauvaise foi. De un parce que les parents concernés sont pris en otage. Pensez-vous vraiment qu’ils peuvent s’opposer à cette demande quand on connaît l’ampleur de la pénurie de places à 7 $? Ils acceptent en silence, sachant que la garderie peut mettre fin au contrat en tout temps presqu’à sa guise. De deux parce que ces garderies ont eu l’immense chance d’être sélectionnées pour offrir des places subventionnées. Si les exigences étaient claires pour être acceptées, les conditions l’étaient également. Dont celle de ne charger que 7 $ par jour.

Soyons franc: les garderies privées subventionnées n’ont de privé que leur nom. Elles ne sont pas des PME au sens propre du terme. Dans les faits, elles offrent des services aux parents au nom de l’État. En contrepartie, elles obtiennent des subventions selon le nombre d’enfants qu’elles accueillent.

Le système ne leur plait pas? Libres à elles de cesser d’encaisser les chèques du ministère de la Famille (33 $  par jour par enfant) et de quitter pour véritablement passer dans le secteur privé. Comme ça elles pourront facturer ce qu’elles veulent à leurs clients. Et l’État n’aura rien à redire.

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Mercredi 27 février 2008 | Mise en ligne à 11h50 | Commenter Commentaires (3)

Le journalisme sportif, une science… inexacte

Que va-t-on faire des gants bleu-blanc-rouge de Marian Hossa? Peut-être que les journalistes affectés à la couverture du Canadien ont des suggestions. Parce que côté imagination, avouons-le, ils sont difficiles à accoter.

Ils ont beau critiquer l’échec de Bob Gainey d’attirer Marian Hossa à Montréal, il n’en demeure pas moins qu’ils sont les responsables du psychodrame qui secoue le Québec depuis hier. Ils ont créé cette crise de toute pièce.

C’est vrai que l’ami Bob a dit ce week-end qu’il aimerait inclure un joueur d’impact à son équipe. Grande révélation? Soyons sérieux: quel directeur général de la LNH n’aimerait pas compter sur un tel joueur? C’est une vérité de la Palisse!

Les journalistes et commentateurs qui rôdent dans l’entourage du Canadien parlent de la venue de Hossa depuis quelques semaines. Ce sont eux qui ont suscité des attentes élevées chez les partisans du tricolore. Ils les ont bourrés de grands reportages scientifiques (excusez le cynisme) et d’analyses à l’emporte-pièce alimentées par les bruits de coulisses de la ligue. Les rumeurs et informations provenant de sources anonymes sont rapidement devenus des faits. L’abc du journalisme en a sérieusement pris pour son rhume.

On comprend les amateurs d’être en beau fusil contre l’ami Bob. Ceci dit, on est content de voir par ailleurs qu’ils fustigent aussi les journalistes sur les ondes et sur le net (voir les commentaires des internautes sur le blogue de François Gagnon ici). Ils sont déchaînés.

Toutefois, ne comptez pas sur les journalistes fautifs pour reconnaître leurs torts. C’est comme prédire la coupe Stanley au Canadien cette année; c’est prendre ses rêves pour la réalité.

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Mardi 26 février 2008 | Mise en ligne à 23h25 | Commenter Commentaires (4)

Bob et Stéphane: la même barque?

Je veux vous parler ce soir d’un directeur général. D’un directeur général qui promet de frapper un grand coup, mais qui se défile lorsque les occasions se présentent. Avez-vous une petite idée de qui il s’agit? De Bob Gainey? Non. Non. De Stéphane Dion.

Vrai que l’ami Bob a déçu des dizaines de milliers de partisans du Canadien aujourd’hui en se faisant soutirer sous le nez Marian Hossa. Mais ça c’est une autre histoire. Peut-être y reviendrai-je un jour. Parlons plutôt du directeur général du Parti libéral du Canada.

Comme je le prédisais hier, le chef libéral ne se lancera pas en campagne électorale dans les prochaines semaines (est-ce des applaudissements pour moi?). Il a décidé d’appuyer le budget des conservateurs. Le troisième budget si vous comptez bien. M. Dion dit avoir pris sa décision en partie sur le fait que les Canadiens (les électeurs, on s’entend!) ne veulent pas d’élections. C’est du moins ce qui ressort d’un sondage paru hier. Toutefois, le chef de l’opposition critique le contenu du budget, qualifiant ses mesures de «gestion imprudente» de l’économie. Un «budget qui accomplit très peu», selon lui.

Son critique en matière de Finances, John McCallum, va plus loin. Les conservateurs ont fait «un pas dans la bonne direction, mais pas de manière très efficace ou très compétente», a-t-il déclaré.

Donc si on comprend bien, le budget «accomplit très peu» et ce «pas dans la bonne direction» n’est pas fait «de manière très efficace ou compétente». Je fais ici appel à votre mémoire: rappelez-vous les voix qui s’élevaient chez les libéraux lorsque Stephen Harper a annoncé il y a quelques semaines une aide d’un milliard de dollars pour l’industrie manufacturière. Insuffisant, un scandale, scandaient-ils. Aujourd’hui, jour de budget, ils n’effleurent même pas ce sujet. Donc malgré tout cela, les libéraux acceptent le budget.

C’est extraordinaire, vous ne trouvez pas? Les libéraux disent sans détour que les conservateurs sont incompétents, mais qu’ils les appuieront quand même! Comme message c’est fort. Du genre on n’a pas la volonté ni la capacité de remplacer le gouvernement.

Qu’en penserait Bob?

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