Il s’en trouve toujours pour tenter de déjouer le système pour empocher. C’est comme ça. Les derniers en lice: les garderies familiales privées qui touchent des subventions. Pas toutes, remarquez bien. Une petite poignée. Une petite poignée qui risque quand même d’affaiblir tout le système.
L’enjeu est (encore et toujours) monétaire. Ces garderies veulent facturer aux parents plus que le 7 $ par jour par enfant. Elles tiennent à ajouter des frais pour tenir compte des services qu’elles offrent en plus. Ces services de plus sont en fait des heures d’ouverture prolongées pour «accommoder» les parents.
Selon l’entente avec le gouvernement, les garderies subventionnées doivent offrir une plage de service de 10 heures. Autrement dit, être ouvertes 10 heures consécutives. Comme ça, on laisse le temps aux parents d’amener leur marmaille, de se rendre au travail, de bosser 7 heures, de reprendre le volant pour aller chercher la progéniture. Tout ça en 10 heures. Suffisamment de temps donc, pourrait-on conclure!
Et bien non. Parce que les propriétaires «dissidents» ont trouvé une astuce: ils ouvrent leur garderie à 6h. Faites le calcul. Ça veut donc dire qu’ils ferment à 16h. Comme on n’a pas encore trouver le moyen d’inventer du temps, on se retrouve avec un gros problème sur les bras. Connaissez-vous beaucoup de gens qui terminent de travailler à 15h ou à 15h30? De là est né ce mouvement, petit rappelons-le mais qui pourrait prendre de l’ampleur, exigeant d’être dédommagé pour tenir compte des parents qui se pointent à 16h30, 17h ou 17h30 pour récupérer leurs enfants. Une belle occasion d’affaires, se sont sûrement dit ces petits «entrepreneurs».
Leur stratégie frise la mauvaise foi. De un parce que les parents concernés sont pris en otage. Pensez-vous vraiment qu’ils peuvent s’opposer à cette demande quand on connaît l’ampleur de la pénurie de places à 7 $? Ils acceptent en silence, sachant que la garderie peut mettre fin au contrat en tout temps presqu’à sa guise. De deux parce que ces garderies ont eu l’immense chance d’être sélectionnées pour offrir des places subventionnées. Si les exigences étaient claires pour être acceptées, les conditions l’étaient également. Dont celle de ne charger que 7 $ par jour.
Soyons franc: les garderies privées subventionnées n’ont de privé que leur nom. Elles ne sont pas des PME au sens propre du terme. Dans les faits, elles offrent des services aux parents au nom de l’État. En contrepartie, elles obtiennent des subventions selon le nombre d’enfants qu’elles accueillent.
Le système ne leur plait pas? Libres à elles de cesser d’encaisser les chèques du ministère de la Famille (33 $ par jour par enfant) et de quitter pour véritablement passer dans le secteur privé. Comme ça elles pourront facturer ce qu’elles veulent à leurs clients. Et l’État n’aura rien à redire.
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