On se demande bien comment Stéphane Dion pourra sauver sa peau. Rarement a-t-on vu autant de tuiles tomber sur la tête d’un chef de parti en si peu de temps. Et rien n’annonce la fin des intempéries. On plaint le pauvre chef du Parti libéral du Canada.
Les libéraux préparent les élections. Pas les prochaines que le premier ministre conservateur Stephen Harper pourrait déclencher cet automne (la fenêtre est en effet très belle, considérant les déboires de MM. Dion et Duceppe). Les organisateurs libéraux misent sur des élections ultérieures, sachant que leurs chances de reprendre les rênes du pouvoir à court terme sont nulles. Bel aveu de résignation.
Remarquez que M. Dion ne l’a pas facile. En plus d’avoir le charisme d’une cannette de Coke, me fait remarquer une collègue, d’avoir à traîner la paternité de la loi sur la clarté référendaire, des hyènes rôdent dans l’environnement de l’ancien professeur de sciences politiques. Ils ont pour nom Bob Rae, Michael Ignatieff, Gerald Kennedy. Tous des candidats défaits lors de la course à la chefferie qu’a remportée l’an dernier M. Dion.
D’autres prédateurs politiques, qui aspirent un jour à diriger le parti, profilent dans les rangs libéraux pour déstabiliser le chef, dont Denis Coderre, le député fédéral Guiness du nombre de chemises déchirées sur la place publique pour dénoncer une situation.
Si ces ambitieux manigancent pour un changement de garde à la tête de leur formation, ils prient en même temps que M. Dion se rende jusqu’aux élections. Les libéraux pourront alors attribuer leur déconfiture au travail de leur chef. On les entendra affirmer que M. Dion n’a pas été en mesure de passer son message aux électeurs.
Ça prend un coupable. Et il est déjà identifié.
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