Le Grand Parleur

Mercredi 29 octobre 2014 | Mise en ligne à 15h38 | Commenter Commentaires (4)

Décrocher des commissions scolaires

Voici la publicité de la Commission scolaire des Sommets, en Estrie. Elle va droit au but.

Voici la publicité de la Commission scolaire des Sommets, en Estrie. Elle va droit au but.

Les commissions scolaires du Québec joueront leur avenir dimanche. Si le taux de participation aux élections scolaires reste en bas de 10 %, Québec pourrait être tenté de jeter ce système aux poubelles et créer autre chose pour administrer nos écoles primaires et secondaires. Une idée qui se défend.

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, au début du mois, a lancé un message sans équivoque, soulignant que le taux de participation allait «devenir un critère pour le futur des commissions scolaires». Aux citoyens de décider, selon lui. «(…) Le message est très important : si vous croyez que les commissions scolaires sont importantes, on vous demande de l’exprimer en allant voter», a-t-il dit.

Pour une fois, le ministre Bolduc s’est exprimé clairement.

On ne peut pas dire que ça regarde bien pour les commissions scolaires. Dimanche, lors du vote par anticipation de la Commission scolaire Val-des-Cerfs, les travailleurs d’élection ont dû boire pas mal de café filtre pour rester éveillés; seulement 1457 personnes se sont pointés dans les 18 bureaux de vote, un anémique taux de participation de 1,37 % (environ 106 000 électeurs sont inscrits sur la liste électorale dans notre région).

La ferveur électorale a également été tiède sur le territoire de la commission scolaire des Hautes-Rivières (région de Saiant-Jean-sur-Richelieu) : 0,92 %

Le directeur général des élections du Québec, qui supervise le scrutin scolaire, ne compile pas les données du vote par anticipation. C’est sûrement pour ne pas décourager davantage les commissaires d’écoles et autres croyants. Nos collègues du quotidien Le Soleil ont toutefois recensé des taux pour la grande région de la capitale nationale. Rien de réjouissant: 0,5 % à la Commissions scolaire des Navigateurs (rive-sud de Québec) et 1,4 % à la Commission scolaire des Découvreurs.

On a beau tenter toutes sortes d’hypothèses pour expliquer pourquoi les gens ne votent pas pour élire leurs représentants dans les commissions scolaires, la réalité est implacable: le désintérêt à l’égard de ces organisations est généralisé. Le gouvernement s’en rend bien compte. Ne serait-ce que pour une question de légitimité, on ne peut continuer dans cette voie. Un changement radical est urgent.

Les promoteurs des structures scolaires actuelles suggèrent que les élections scolaires se tiennent en même temps que les élections municipales. Les électeurs, dans l’isoloir, choisiraient leur maire, leur conseiller municipal, le président de leur commission scolaire et leur commissaire scolaire.

Tenir les deux scrutins simultanément engendrait des économies réelles et récurrentes. En revanche, on créerait un intérêt artificiel pour les commissions scolaires auprès des électeurs. C’est une façon de détourner l’attention, d’éviter un débat sur la raison d’être et l’utilité des commissions scolaires. Autrement dit, on ne s’attaque pas aux raisons du manque d’intérêt de la population. En fait, quelles sont-elles ces raisons? Les électeurs ont-ils le sentiment d’un éloignement du centre de décision? Trouvent-ils le système trop complexe pour s’impliquer? Se sentent-ils concernés par les enjeux scolaires? Ont-ils l’impression de pouvoir faire une différence? Préfèreraient-ils que chaque école gère ses choses à sa façon? On n’en sait rien.

Voici une suggestion: qu’on organise les scrutins municipaux et scolaires en même temps en novembre 2017 (fin des mandats en cours des conseils municipaux), mais qu’on inclut aussi sur le bulletin de vote une question référendaire sur l’avenir des commissions scolaires. Une question du genre: «Doit abolir les commissions scolaires, oui ou non?» On sera alors définitivement branché.

Et si les électeurs avaient déjà répondu à cette question. Ne pas exercer son droit de vote, comme le font depuis des décennies les gens lors des scrutins scolaires, n’est-ce pas une façon de passer un message, de dire qu’on n’est pas d’accord avec les structures actuelles?

Dans l’éventualité où le taux de participation atteindrait dimanche 12 % ou même 15 %, ça va pousser des soupirs de soulagement dans les bureaux des commissions scolaires. Mais que ça soit 12 %, 15 % et, tiens rêvons un peu, 20 %, la légitimité des élus scolaires et de leur organisation sera au mieux souffrante.

On fait beaucoup de cas au Québec du taux de décrochage scolaire des jeunes. Avec raison. Ça demeure le plus important enjeu de notre système d’éducation. Que faire des commissions scolaires représente aussi un défi pour Québec. Parce que les électeurs ont clairement décroché de ces structures.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article

 

Jeudi 23 octobre 2014 | Mise en ligne à 19h05 | Commenter Aucun commentaire

Touchant hommage

Une saisissante caricature signée Bruce MacKinnon du Halifax Chronicle Herald.

Image 13

Un touchant hommage au caporal Nathan Cirillo des Forces canadiennes abattu hier par un fou d’Allah. Une mort insensée.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Aucun commentaire  |  Commenter cet article

 

Mardi 14 octobre 2014 | Mise en ligne à 17h09 | Commenter Commentaires (9)

Duo de négligents

Combien d'accidents du genre se produiront avant que la Ville de Granby et le MTQ aménagent un carrefour giratoire à l'intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille? Photo Alain Dion

Combien d'accidents du genre se produiront avant que la Ville de Granby et le MTQ aménagent un carrefour giratoire à l'intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille? Photo Alain Dion

On l’a déjà dit et on le répète: des accidents graves, mortels même, se produiront tôt ou tard à l’intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille à Granby. Des drames semblent inévitables.

La conception de l’intersection est dépassée. Elle ne permet pas, et ce depuis une quinzaine d’années, une circulation sécuritaire. Et la situation va aller en empirant dans les semaines et mois à venir puisque des quartiers des deux côtés du boulevard poussent comme des champignons. L’intersection verra son achalandage s’accroître à une vitesse exponentielle. On comptera encore plus d’automobiles tentant de s’élancer sur le boulevard Pierre-Laporte à partir de la rue Robitaille et, parmi celles-ci, des autobus scolaire en direction et en partance de l’école Eurêka située sur le coin de l’intersection.

Une solution existe: l’aménagement d’un carrefour giratoire. La Ville estime les travaux à 6 millions de dollars (approches et tunnel pour piétons et cyclistes inclut). Ça semble exagéré à première vue. Mais le débat, pour l’heure, est ailleurs et se résume encore et toujours à qui va payer. La Ville est prête à assumer sa part. Pas le ministère des Transports pourtant «propriétaire» du boulevard Pierre-Laporte (prolongement de la route 241). La Ville s’est montrée incapable de le convaincre de s’impliquer financièrement dans le projet.

Alors c’est l’impasse. Rien ne bouge. En fait, alors que politiciens et fonctionnaires bavardent de ce dossier, un seule chose progresse: les probabilités d’accidents.

Au MTQ, on est d’accord avec l’aménagement d’un carrefour giratoire. On donne même le feu vert à la Ville. Pas question cependant d’y injecter des sous. «L’intervention vise à permettre un important développement immobilier. Pour cette raison, les frais de cet aménagement devront être assumés par la Ville de Granby», a expliqué Stéphanie Langelier, du MTQ, à ma collègue Marie-Ève Martel samedi.

L’argumentaire du MTQ est étrange. En 2009, à moins de deux kilomètres au sud du boulevard Pierre-Laporte, Transports Québec a investi 644 000 $, le même montant que la Ville de Granby, pour aménager un carrefour giratoire à l’intersection de la rue Bruce. Il était périlleux alors de traverser à cette intersection. Beaucoup moins, cela dit, qu’aujourd’hui à l’intersection de la rue Robitaille…

Le maire Pascal Bonin et le député de Granby François Bonnardel ont raison de refuser que le MTQ se désiste de ses responsabilités. Ils promettent de se battre, de faire pression, de faire de gros yeux. Ça fait partie de leur travail. Tout comme d’assurer la sécurité de leurs commettants.

Ne nous racontons pas d’histoire; advenant que le MTQ cède aux pressions et sorte des millions de dollars pour payer une partie des coûts du carrefour giratoire Pierre-Laporte/Robitaille, ça ne se fera pas avant un ou deux ans. Ça repousse les travaux loin dans le temps. Des travaux qui auraient dû être complétés lors de l’ouverture de l’école Eurêka en 2010…

La Ville de Granby demande depuis 1997 que le MTQ modifie cette intersection. Est-ce qu’elle a joué d’imprudence en planifiant le développement résidentiel du secteur avant d’avoir un engagement ferme que Québec paierait sa part pour rendre plus sécuritaire l’intersection? Connaissant la culture du MTQ à pelleter ses dossiers de demandes de subventions en avant, il appert que oui.

Le conseil municipal s’est conduit dans un cul-de-sac. Bien qu’il répugne aux élus de voir la Ville assumer seule la responsabilité d’assurer la sécurité à cette intersection, ils doivent se faire une raison et inclure le projet de carrefour giratoire dans le budget 2015 de la Ville. Le retarder tant que le MTQ n’y participera pas financièrement équivaut à de l’insouciance. Les usagers de Pierre-Laporte et les citoyens du secteur en paient le prix.

Heureusement pour la Ville et le MTQ, les futures victimes d’accidents ne pourront les poursuivre devant les tribunaux pour négligence. Notre système d’assurance automobile est basé sur le no-fault (sans égard de la faute). Les coupables sont pourtant bien identifiés!

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    novembre 2014
    L Ma Me J V S D
    « oct    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
  • Archives

  • publicité