Le Grand Parleur

Mercredi 26 août 2015 | Mise en ligne à 18h14 | Commenter Un commentaire

Le bon sens Poëti

Le MTQ, suite à l'intervention du ministre Robert Poëti, a installé la semaine dernière deux autres panneaux d'arrêt à l'intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille à Granby.

Le MTQ, suite à l'intervention du ministre Robert Poëti, a installé la semaine dernière deux autres panneaux d'arrêt à l'intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille à Granby.

On dit que la politique, c’est l’art du compromis. Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, l’a très bien compris. Moins d’une semaine après avoir constaté de visu les dangers qui guettent les automobilistes qui transitent par l’intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille à Granby, le MTQ a fait réduire la vitesse dans cette zone de 70 à 50 km/h et a fait installer des panneaux Arrêt aux quatre coins.

Ces derniers mois, à deux reprises, j’ai sévèrement critiqué le MTQ pour son inaction — son aveuglement, pourrais-je même dire — dans ce dossier. Des félicitations sont donc de mise pour M. Poëti.

D’abord parce que l’intervention rapide du ministre réduit maintenant considérablement les risques d’accidents mortels à cette intersection — il est incroyable, compte tenu de la vitesse des automobilistes sur Pierre-Laporte et de leur témérité à le traverser à partir de la rue Robitaille, qu’on ne compte aucune victime des accidents survenus ces dernières années. Ensuite, parce que M. Poëti a cru bon venir voir lui-même pourquoi le maire Pascal Bonin et le député François Bonnardel pestaient contre le MTQ dans ce dossier. L’ancien policier aurait pu se fier aux hauts fonctionnaires de son organisation qui concluent que l’intersection n’est pas dangereuse. Ceux-ci basent leur réflexion sur une statistique de la Société d’assurance automobile du Québec qui statut que seulement 0,7 accident pour chaque million de passages se produit à cet endroit alors que la moyenne québécoise est de 1,5 accident par million de passages. M. Poëti ne s’est pas contenté d’une jasette avec eux et ne s’est pas laissé distraire par la donnée de la SAAQ; il s’est pointé à l’intersection pour se faire lui même une idée.

On comprend à la rapidité de l’intervention d’équipes du MTQ pour installer des panneaux et un avertisseur de vitesse à l’intersection en question en plus de peinturer des lignes que leur patron opine qu’elle est en effet dangereuse, n’en déplaisent aux responsables de son ministère dans la région.

Il faut parfois se méfier de l’interventionnisme des élus. Parfois, ils se mêlent de dossiers sans connaitre leurs dessous. Dans le cas qui nous intéresse, on doit quand même souligner que la solution mise en place par le ministre, après près de six ans de discussions, de tractations, de missives, d’explications et de déclarations de la part des deux parties est un bon vieux système de quatre arrêts… Le bon sens de M. Poëti a prévalu.

Bravo au ministre d’avoir privilégié une visite terrain. Bravo à lui d’être venu en terre caquiste. Et bravo à lui d’être allé à contre-courant de l’attitude de ses mandataires régionaux trop collés sur de froides statistiques. Son intervention devrait inspirer ses collègues; on s’attend des ministres qu’ils s’élèvent au-dessus des querelles et considérations politiques, qu’ils soient à l’écoute et qu’ils agissent pour le bien-être de la population.

Pour la Ville, c’est un soulagement. Elle peut maintenant encourager sans gêne le développement résidentiel des deux côtés du boulevard Pierre-Laporte sans se demander si et quand une catastrophe routière se produira et incitera les familles à regarder ailleurs où s’établir.

Le MTQ ne peut être tenu seul responsable de cette affaire. La Ville a faussement présumé, en donnant le feu vert au développement résidentiel de ce secteur en 2010, qu’elle obtiendrait une subvention pour construire un carrefour giratoire à cette intersection pour la sécuriser. Le cas classique de mettre la charrue devant les bœufs.

Et parlant du carrefour giratoire, combien de temps, grâce à l’ajout de panneaux d’arrêt à cette intersection, la Ville vient-elle d’obtenir avant d’en aménager un? Le conseil planifiait investir la moitié des 6 millions de dollars prévus pour le projet. Les élus pourraient être tentés de dépenser cet argent ailleurs, laissant le système des quatre arrêts en place pour quelques années.

Compte tenu des besoins de la Ville en guise de modernisation de ses infrastructures, une telle décision se défendrait.

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Vendredi 7 août 2015 | Mise en ligne à 17h38 | Commenter Commentaires (3)

L’indépendance des municipalités

photo Alain Dion La Voix de l'Est

photo Alain Dion La Voix de l'Est

Le gouvernement québécois devra, tôt ou tard, accepter de laisser les municipalités s’organiser. Ça veut dire que Québec devra modifier certaines lois les régissant pour leur permettre de s’occuper de leurs affaires et de se développer comme elles l’entendent.

La situation actuelle, où l’État exerce un contrôle règlementaire et fiscal maladif sur les municipalités, ne peut plus durer.

J’ai dû relire à deux reprises une lettre d’un sous-ministre envoyé au maire de Saint-Alexandre, Luc Mercier, pour être bien certain de comprendre que le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire interdit à la municipalité d’offrir un programme de congé de taxe foncière aux acheteurs d’une maison neuve. Le fonctionnaire informe le conseil que son programme est illégal et qu’il doit y mettre fin.

C’est du paternalisme étatique.

Les faits: 70 % des revenus des municipalités proviennent des taxes foncières. Et en dépit de nombreuses demandes ces dernières décennies, Québec refuse aux municipalités d’élargir leurs sources de revenus. Ça les pousse à faire preuve de créativité pour trouver d’autres moyens pour les augmenter.

Plusieurs municipalités dans notre région (Farnham, Waterloo, Sutton, Roxton Falls) proposent des programmes de congé de taxe foncière pour les nouveaux acheteurs lors des trois ou cinq premières années. Elles le font sans se cacher en l’annonçant sur leur site internet où sur des panneaux routiers. Les bénéfices de ces programmes sont nombreux, le plus grand étant que la valeur foncière imposable des municipalités augmentent ce qui leur rapporte plus de revenus. Le deuxième bienfait de ces programmes est qu’il permet à de nombreux jeunes ménages d’accéder à la propriété — le cogé de taxe peut faire la différence entre la décision d’acheter ou pas une nouvelle maison. Autre point positif, l’arrivée de ces jeunes familles fait que les écoles accueillent de nouveaux élèves et éloignent du coup les possibilités de fermeture. Tout le monde y gagne. Sauf que…

Au MAMOT, il appert qu’on ne se préoccupe pas des avantages de ces programmes, ni s’inquiète-t-on du manque d’outils des municipalités pour se développer et assurer des services à leurs citoyens. On ne semble pas se soucier de leur sort, préférant jouer les empêcheurs de tourner rond.

La relation entre l’État québécois et les municipalités est malsaine parce qu’inégalitaire. Le premier dicte toutes les règles et balise les pouvoirs à ce qui est convenu d’appeler ses créatures. Quand celles-ci font preuve d’initiative, le premier les rabroue avec des règles dont certaines défient le bon sens. L’interdiction d’accorder des congés de taxes foncières en est un exemple probant.

Pas facile pour les municipalités de veiller à leurs affaires dans un tel environnement. Elles font tout ce qu’elles peuvent pour se développer, assurer leur pérennité et améliorer la qualité de vie de leur population. Elles prennent même la relève d’autres entités publiques qui abdiquent leurs responsabilités. Les municipalités le font en versant de l’argent à des commissions scolaires pour garder des écoles ouvertes, en faisant don de terrains à des centres de la petite enfance pour y construire de nouvelles installations et en donnant des subventions à des cliniques pour que des patients sans médecins de famille puissent en consulter.

Aucun ministère, société d’État, société para-publique n’en fait autant pour les citoyens des municipalités. Aucun. Souvent, les actions des ministères, de plusieurs ministères en fait, ont plutôt comme effet de ralentir ou de tuer dans l’œuf les projets émanant de municipalités.

Égalité ou indépendance, clamait Daniel Johnson père pour faire pression sur le gouvernement fédéral pour laisser plus de place au Québec. À défaut d’être égales, les municipalités peuvent-elles être un peu plus indépendante vis-à-vis du grand frère?

Comment Québec peut-il parler de partenariat avec les municipalités en ayant une emprise illimitée sur leurs initiatives?

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Mercredi 5 août 2015 | Mise en ligne à 15h57 | Commenter Commentaires (6)

78 jours, une bonne idée

photo quebec.huffingtonpost.ca

photo quebec.huffingtonpost.ca

Déclencher des élections 78 jours avant le scrutin n’est peut-être pas une si mauvaise idée. L’étonnement et la frustration passés, le cynisme sous contrôle, on peut voir ça d’un autre œil. Si on oublie la possible facture additionnelle de 114 $ occasionnée par une si longue campagne, on doit dire que ça nous laisse plus de temps pour lire, écouter, comprendre, comparer, analyser et réfléchir sur ce que proposent les partis afin de faire un choix éclairé. En autant qu’on se donne la peine d’y mettre des efforts.

D’ici à ce que tous les partis publient leur programme et précisent leurs engagements, allons-y de quelques souhaits:

1. Souhaitons que les formations politiques fédérales s’en tiennent aux sujets qui tombent sur la juridiction d’Ottawa. Ça exclut les sujets de santé, d’éducation et de formation de la main-d’œuvre. Ces trucs, les provinces s’en chargent puisqu’ils sont dans leurs champs de compétence.

Le fédéral s’occupe du commerce international, de l’assurance-emploi, de la défense nationale, des télécommunications, des relations diplomatiques, entre autres choses. Mais vous verrez, les partis fédéraux proposeront toutes sortes de mesures pour s’ingérer dans les champs des provinces au risque de créer des dédoublements de services et de programmes. Ils le font sans relâche dans le domaine de la santé et de l’éducation. Normal quand on y pense. Ce sont les deux secteurs qui touchent le plus les citoyens dans leur quotidien, et ce, peu importe où il se trouve dans ce vaste pays. Ça explique aussi pourquoi les finances des provinces sont mises à mal pour financer les coûteux services liés à ces secteurs alors qu’Ottawa est plus à l’aise financièrement (ses responsabilités sont moindres).

Les besoins sont dans les provinces et l’argent est à Ottawa, clament les provinces. La présente campagne le prouvera encore.

2. Espérons que tous les partis mettent autant d’efforts à expliquer leurs propositions qu’à dénigrer celles des autres. Veut-on appuyer un parti avec des bonnes idées ou un parti habile à déchiqueter celles des autres? Cherche-t-on un parti avec une vision ou un parti qui se définit en contradiction de la vision des autres?

3. On s’attend à ce que les chefs des partis répondent aux questions des journalistes. On savait le premier ministre Stephen Harper allergique aux scribes, mais l’attitude du chef néo-démocrate Thomas Mulcair à leur égard en ce début de campagne devrait inquiéter quiconque songe à lui confier le volant législatif du pays. N’est-ce pas lui qui critiquait récemment M. Harper de fuir les journalistes?

Nous ne sommes pas toujours commodes, c’est vrai, mais se rendre disponible et répondre à nos questions fait partie du travail de quiconque aspire à représenter des citoyens. On veut qu’ils le fassent avec franchise et intelligence.

Peut-on espérer une bonne campagne?

•••

Petit mot sur les hauts cris poussés par les partis d’opposition lors de l’entrée en vigueur de la prestation universelle pour la garde d’enfant (la PUGE accorde aux parents d’enfants de moins de six ans 160 $ par mois et 60 $ pour les enfants de 6 à 18 ans). Oui, ces prestations sont imposables. Et alors?

(Je décline ici un conflit d’intérêts: j’ai deux enfants de moins de 18 ans à la maison.)

Toutes les prestations sociales versées par le gouvernement fédéral sont imposables: celles de l’assurance-emploi, du régime de pension du Canada, de la pension de la sécurité de la vieillesse. Il s’agit d’un revenu. Et tout revenu est imposable.

En bout de ligne, lorsque Revenu Canada et Revenu Québec se seront servis, un montant du PUGE va rester. C’est déjà ça de gagner, n’en déplaise aux adversaires du gouvernement Harper…

En fait, que proposent-ils pour réduire le fardeau fiscal des familles?

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