Certains syndiqués du milieu de la construction ont clairement dépassé les bornes cette semaine. Qu’on veuille protester contre un projet de loi en manifestant, ça peut à la limite se comprendre. Mais qu’on mette du même coup en danger la vie de ses collègues juste parce qu’on est aveuglés par l’idée de fermer le plus rapidement possible un chantier et de démontrer notre pouvoir et notre force, c’est digne de l’âge de pierre.
Si vous ne l’avez pas encore su, je vous invite à prendre connaissance de la nouvelle voulant que des manifestants syndicaux aient fermé une génératrice afin d’accélérer la fermeture du site de construction de Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent. Le hic, c’est que cette génératrice fournissait en oxygène et en chaleur les scaphandriers qui se trouvaient sous l’eau au moment des faits. (Lire la nouvelle ici).
À en croire les explications des ouvriers concernés dans cette histoire, les personnes sur le chantier étaient prêtes à coopérer, mais ne pouvaient remonter à la surface les scaphandriers en un clin d’oeil. Logique. Ce qui l’est moins, c’est que devant ce petit délai qui, semble-t-il, devait être trop contraignant, on ferme ainsi l’alimentation électrique sans même se soucier des conséquences qui auraient pu être dramatiques.
Pire! Plutôt que de reconnaître leur erreur et de chercher à démontrer qu’il s’agissait d’un cas isolé ou d’un dérapage qui n’aurait pas dû se produire, l’une des représentantes syndicales se serait présentée sur le chantier hier et aurait demandé à ma collègue de Radio-Canada Mauricie, Maude Montambault, de visionner et saisir ses cassettes et enregistrements, “pour voir ce que vous allez dire sur nous”, en refusant de donner sa version des faits à la journaliste . Bravo! Tirons sur le messager, histoire de bien envenimer le tout.
On s’entend que ce n’est certainement pas un représentant syndical ou même le président du syndicat lui-même qui a donné l’ordre de couper l’oxygène aux travailleurs. Sans doute le geste a été posé par un ou des individus qui se sont donnés pour mission de régler la question rapidement. N’empêche, quand une organisation veut faire entendre sa voix par de tels mouvements, aussi «spontanés» soient-ils, elle se doit aussi de contrôler son monde pour éviter de tels dérapages.
Les syndicats ont tout à fait le droit de vouloir faire entendre leur mécontentement face au projet de loi 33. Mais en agissant de la sorte, ils ne font que donner des munitions à la ministre Thériault pour aller de l’avant.
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