Les cyclistes de Gatineau sont en beau maudit. Avec raison. D’un côté, la Ville prétend vouloir favoriser la pratique du vélo et augmenter la part de ce dernier dans les déplacements.
Mais d’un autre côté, on commet le genre de bourdes qui donne envie de s’interroger sérieusement sur leurs intentions véritables, comme celle-ci : des avancées de trottoir qui réduisent l’accotement de plus de la moitié (sur trois artères différentes) et vont obliger les cyclistes à se rapprocher dangereusement des voitures qui roulent à leur gauche.
Les nouvelles installations sont censées réduire la vitesse des automobilistes et améliorer la sécurité aux abords des écoles, comme le mentionne le journaliste Patrick Duquette dans son article du Droit sur le sujet. Sur la rue Isabelle, les nouvelles avancées empiètent même sur une ancienne piste cyclable qui était là depuis belle lurette, en fait, du temps de l’ancienne ville de Hull.
Voici deux photos:


Gaetan Provencher, le président de Vélo-route trans-Québec, est en furie. Il m’écrit:
“Après 10 ans de lobbying (amateur) pour la Route verte et à améliorer la sécurité du réseau cyclable de Gatineau, je me demande si toutes ces heures en ont valu la peine. Qu’en 2010, un fonfon, un gningnégnieur ou un zurbanisse se permette de forcer un cycliste à converger vers une automobile en marche, ça me dépasse! La règle de l’art, le professionalisme et le gros bons sens indiquent, obligent, que le ralentisseur soit pourvu de rampes aux extrémités pour permettre aux cyclistes de rester en ligne droite et passer sur le ralentisseur de béton en toute sécurité. (…)
Les distingués conseillers et son honneur le maire vont nous dire que la priorité est de réduire la vitesse et que les correctifs seront fait plus tard. Est-ce que le prix pour faire ces correctifs est déjà inclus dans le contrat de l’entrepreneur? Celui-ci aura-t’il une semaine, un mois, 2 mois pour faire les corrections?
J’invite TOUS les cyclistes sain d’esprit à aller voir cette infrastructure et à envoyer à son honneur le maire et à ses distingués conseillers une lettre d’appréciation des efforts dépensés par son administration pour la sécurité des cyclistes, jeunes et vieux.”
Trois artères, ce n’est pas la fin du monde, me direz-vous. Mais cet exemple est symptomatique, je trouve, de ce qui se passe souvent dans les villes. Les élus tiennent un discours rempli de bonnes intentions, et ensuite, ceux qui sont chargés de prendre les décisions sur le terrain font des choses qui vont complètement à l’encontre. Par ailleurs, le conseiller municipal interviewé dans l’article de Patrick Duquette déclare: “la priorité présentement, c’est de ralentir le trafic. J’ai deux écoles élémentaires sur Frank-Robinson. Et il y a un problème d’excès de vitesse dans toute la ville.”
Cherchez l’erreur. Il y a un problème d’excès de vitesse, alors on crée un nouveau problème de sécurité au lieu d’être plus sévère envers les contrevenants. Je ne commenterai pas davantage cette décision super logique…
Des aberrations municipales, il y en a tellement que l’on pourrait tenir une chronique quotidienne juste là-dessus. Si vous avez d’autres exemples (en lien avec le vélo évidemment!), écrivez-moi.