Le Québec à vélo

Le Québec à vélo - Auteur
  • Caroline Rodgers

    Caroline Rodgers est collaboratrice à La Presse depuis 2007. Elle signe des articles dans les sections Portfolio, Affaires, Carrières et emplois, Arts et spectacles et Voyage.
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    Mercredi 28 juillet 2010 | Mise en ligne à 15h17 | Commenter Commentaires (16)

    Quand le vélo-boulot s’organise

    On voit souvent des initiatives de type “journée sans ma voiture” ou “semaine du transport actif”, destinées à sensibiliser les gens aux modes de transport actif et au vélo utilitaire. Mais ce sont des actions de courte durée.

    Dans la région de Gatineau, on a décidé il y a déjà quelques années d’encourager plus de travailleurs à se rendre au boulot à vélo en créant un organisme, le Réseau Vélo-boulot. Celui-ci regroupe des membres qui s’engagent, entre la première semaine de juin et le 22 septembre, à aller au travail à vélo au moins une fois par semaine. En s’inscrivant volontairement (et gratuitement!), ils reçoivent une carte de membre qui leur donne droit à des rabais chez certains détaillants, et ils reçoivent régulièrement des invitations à des événements de type “5 à 7″ où ils peuvent échanger de façon informelle sur leur expérience quotidienne.

    Gaetan Provencher, l’un des organisateurs, fait la promotion du vélo depuis dix ans. Et il a bien des choses à dire! Ce n’est pas toujours facile, m’a-t-il expliqué, de revendiquer des changements et des améliorations auprès des instances gouvernementales ou de trouver du financement pour réaliser des projets. Souvent, les élus se disent intéressés à appuyer des projets et des initiatives favorisant le vélo, mais la machine administrative est lourde et difficile à faire bouger. Il y a de la résistance au changement un peu partout, que ce soit chez les fonctionnaires municipaux ou au ministère des Transports. Rien que pour faire installer un compteur de vélos, il a fallu se battre, m’a-t-il expliqué. Autre difficulté: les différents groupes pro-vélo sont disparates et dispersés. Il y a un manque de concertation, selon lui.

    Qu’à cela ne tienne, les gens du Réseau Vélo-boulot ne lâchent pas prise. Ils ont des idées! Par exemple, celle de collaborer avec le groupe Citizens for Safe Cycling, à Ottawa. Cet organisme de bénévoles a développé un site internet où les cyclistes peuvent rapporter les problèmes qu’ils rencontrent sur la route. Le Réseau Vélo-boulot veut adapter l’initiative en français et l’étendre à son côté de la rivière. Et il y a d’autres projets sur la table, si on peut trouver du financement!

    J’attire votre attention sur un bidule amusant du site : un calculateur Vélo-boulot qui permet de connaître votre dépense énergétique, ainsi que l’argent économisé en prenant le vélo plutôt que la voiture. Pratique!

    Autre données intéressantes : en 2008, ses membres (61% d’hommes et 39% de femmes) ont parcouru ensemble 1,4 millions de km, soit une moyenne individuelle de 1030 km. La moyenne d’âge était de 41 ans. Ils se sont engagés à utiliser leur vélo un jour par semaine dans une proportion de 14,3%, 2 jours/semaine à 18,9%, 3 jours/semaine à 26,7%, 4 jours/ semaine à 21,6%, et 5 jours/semaine, à 18,6%.

    Fait important à noter: environ 20% d’entre eux n’utilisaient pas ou presque pas leur vélo comme moyen de transport avant de devenir membres du réseau.

    Remarque: je me demande pourquoi il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes qui utilisent leur vélo pour aller travailler. Mais je n’ose pas émettre d’hypothèses là-dessus!

    Quoiqu’il en soit, c’est une bonne chose que des organismes bénévoles encouragent les gens à changer leurs habitudes, car le fait de prendre un petit engagement et d’être membre d’un réseau peut suffire, parfois, à donner un coup de pouce motivateur à ceux qui hésitent encore à tenter l’expérience du vélo-boulot.

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    • “je me demande pourquoi il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes qui utilisent leur vélo pour aller travailler. Mais je n’ose pas émettre d’hypothèses là-dessus!”

      Ah ! moi j’en ai une, dont j’ai un peu honte ! :P

      Je ne considère même pas aller au boulot à vélo à cause… de mes cheveux. Faire du vélo, ca fait suer, en dessou de mon casque, mes cheveux deviennent humide et indomptable… il me faudrait amener mon fer plat et mon séchoir à cheveux au travail , et me coiffer au travail le matin ! Parce que mes cheveux sont hyper-capricieux et je m’imagine mal passer toutes mes journées les cheveux ébouriffés…

      Je sais que c’est superficiel et que ce n’est sans doute pas la raison de tout le monde mais… c’est la mienne :P

    • @pinkeek: moi quand j’allais travailler à vélo je ne portais pas de casque. Et j’ai des cheveux qui sont faciles à replacer, même après 10 km au vent. Mais la coquetterie fait peut-être partie des éléments d’explication, en effet.

    • @pinkeek

      Merci d’avouer ce que plusieurs femmes n’avoueront pas ! Pendant longtemps, je n’ai pas utilisé le vélo pour aller au travail pour les raisons que vous exposez. Puis j’ai vécu quelques années en Europe, où la culture du vélo est totalement différente: pas de casque et talons hauts ! Depuis ce temps, je suis convertie. Mais je roule pépère.

    • Autre piste possible…

      C’est pas tous les lieux de travail qui ont des endroits convenables pour se laver et changer.
      Une petite ride c’est pas trop pire, mais pour ceux qui ont de longues distances, c’est pas évident.

      Les scientifiques ont beau dire qu’une femme ne transpire pas de la même manière qu’un homme (et surtout ne sent pas aussi fort), quand t’es tout trempe pendant une couple d’heures, ou que l’air climatisé te fait geler parce que t’es “en nage” disons que j’aurais tendance à pas me sentir bien dans ma peau.

      J’ai peut-être tort, si oui éduquez-moi.

    • Ben cou’donc! Je demeure à Gatineau, je vais travailler à vélo 5 fois/semaine (minimum) de la mi-avril à la mi-octobre… et je n’avais jamais entendu parler de cet organisme! Ou bien c’est un organisme très discret, ou bien je devrais peut-être commencer à lire les hebdos locaux (misère).

      Ce que je lis religieusement, cependant, c’est ce blogue, et j’apprécie toujours quand on sort de Montréal… ce qui arrive régulièrement, soyons honnête.

    • Moi aussi, en ville je roule habillée … comme à Amsterdam ou à Copenhague, et je roule matante.

      Un commentaire un peu hors propos – un cycliste (sans doute habillé en “cycliste de route”, dans un peloton) a été tué par un dit véhicule récréatif à St-Joachim, près de Québec. Les faits émergent lentement, pas de commentaire sur le cas. Sauf pour dire que les suspects habituels voudront encore sévir contre les cyclistes…

    • Un autre commentaire, si vous me permettez: ma copine a commencé il y a deux ans à aller travailler à vélo, 28 kms aller-retour, avec casque svp, elle qui sans exagérer a la hantise des cheveux plats. Je lui donnais deux semaines au gros max, mais à ma grande stupéfaction elle a persévéré. Mon message: si elle le fait, vous aussi mesdames vous le pouvez.

    • @cjulie,

      vous voulez dire que vous roulez mémère, non?

    • @julie : on peut appeler ça du slowbiking. Et c’est la plus belle façon de rouler en ville. On profite du paysage et on arrive au boulot tout frais et dispo. ;0)

    • Je vais travailler en vélo, 5 jours par semaine, beau temps mauvais temps, d’avril à novembre. Comme je suis un homme, je n’ai pas à me soucier de mes cheveux puisque les annonces de shampoing ne me sont d’aucun effet. Alors je peux vivre pleinement ma vie 14 kilomètres aller, 16 kilomètres retour. Je roule pépère le matin, et je clanche les jeunes au retour.

      En char, maintenant, je ne suis même plus capable d’écouter la radio. Je trouve ça tellement criard comparé au chui-chui-chui-chui de mon dérailleur.

    • C’est vraiment une belle table ronde ce blogue sur le vélo. On apprend tellement sur les us et coutumes des vélomanes. Merci à la blogueuse en chef et tous les participants.

    • @dcsavard
      Euh oui vous avez raison !!!
      @boulangero
      Le “slowbiking” c’est super comme expression !

    • Bravo pour toutes ces initiatives. Néanmoins devant celà, je demeure toujours perplexe sur la capacité des individus à réfléchir par eux-mêmes. Toutes ces campagnes Vélo-Boulot de Vélo-Québec et celle présentée ici pour faire participer les citoyens…Je m’explique.

      On ne devrait pas avoir “besoin d’aide” pour comprendre que se déplacer à vélo c’est: économique, écologique, bon pour la forme, etc. On voit souvent ici des commentaires de personnes qui selon ce qu’elles écrivent ont peur du traffic, trouvent tel endroit dangereux pour rouler, etc… Ne dit-on pas que l’on a peur de ce que l’on ne connaît pas ou mal?
      Faîtes confiance et surtout essayez au moins une fois…Le risque zéro n’existe nulle part, pas même à la maison…

    • ça serait quand même mieux une expression en français
      mais ça sonne pas bien le “vélolent”

    • Je roule 5 jours par semaine pour aller travailler. Je n’ai pas la hantise des cheveux.. par contre, j’ai la hantise des odeurs.. j’ai tjrs mon savon, ma serviette et du linge de rechange (pantalon et chandail) dans mon classeur…

    • Faut effectivement ne pas avoir une très longue distance à parcourir ou bénéficier de sérieuses facilités d’hygiène sur son lieu de travail pour pouvoir aller travailler à bicyclette… surtout en été… parce que j’ai eu à côtoyer des disciples de Shimano sur mes lieux de travail et ça sentait fort les effluves de fond de vestiaire par moments… Désagréable et dégoûtant.

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