On voit souvent des initiatives de type “journée sans ma voiture” ou “semaine du transport actif”, destinées à sensibiliser les gens aux modes de transport actif et au vélo utilitaire. Mais ce sont des actions de courte durée.
Dans la région de Gatineau, on a décidé il y a déjà quelques années d’encourager plus de travailleurs à se rendre au boulot à vélo en créant un organisme, le Réseau Vélo-boulot. Celui-ci regroupe des membres qui s’engagent, entre la première semaine de juin et le 22 septembre, à aller au travail à vélo au moins une fois par semaine. En s’inscrivant volontairement (et gratuitement!), ils reçoivent une carte de membre qui leur donne droit à des rabais chez certains détaillants, et ils reçoivent régulièrement des invitations à des événements de type “5 à 7″ où ils peuvent échanger de façon informelle sur leur expérience quotidienne.
Gaetan Provencher, l’un des organisateurs, fait la promotion du vélo depuis dix ans. Et il a bien des choses à dire! Ce n’est pas toujours facile, m’a-t-il expliqué, de revendiquer des changements et des améliorations auprès des instances gouvernementales ou de trouver du financement pour réaliser des projets. Souvent, les élus se disent intéressés à appuyer des projets et des initiatives favorisant le vélo, mais la machine administrative est lourde et difficile à faire bouger. Il y a de la résistance au changement un peu partout, que ce soit chez les fonctionnaires municipaux ou au ministère des Transports. Rien que pour faire installer un compteur de vélos, il a fallu se battre, m’a-t-il expliqué. Autre difficulté: les différents groupes pro-vélo sont disparates et dispersés. Il y a un manque de concertation, selon lui.
Qu’à cela ne tienne, les gens du Réseau Vélo-boulot ne lâchent pas prise. Ils ont des idées! Par exemple, celle de collaborer avec le groupe Citizens for Safe Cycling, à Ottawa. Cet organisme de bénévoles a développé un site internet où les cyclistes peuvent rapporter les problèmes qu’ils rencontrent sur la route. Le Réseau Vélo-boulot veut adapter l’initiative en français et l’étendre à son côté de la rivière. Et il y a d’autres projets sur la table, si on peut trouver du financement!
J’attire votre attention sur un bidule amusant du site : un calculateur Vélo-boulot qui permet de connaître votre dépense énergétique, ainsi que l’argent économisé en prenant le vélo plutôt que la voiture. Pratique!
Autre données intéressantes : en 2008, ses membres (61% d’hommes et 39% de femmes) ont parcouru ensemble 1,4 millions de km, soit une moyenne individuelle de 1030 km. La moyenne d’âge était de 41 ans. Ils se sont engagés à utiliser leur vélo un jour par semaine dans une proportion de 14,3%, 2 jours/semaine à 18,9%, 3 jours/semaine à 26,7%, 4 jours/ semaine à 21,6%, et 5 jours/semaine, à 18,6%.
Fait important à noter: environ 20% d’entre eux n’utilisaient pas ou presque pas leur vélo comme moyen de transport avant de devenir membres du réseau.
Remarque: je me demande pourquoi il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes qui utilisent leur vélo pour aller travailler. Mais je n’ose pas émettre d’hypothèses là-dessus!
Quoiqu’il en soit, c’est une bonne chose que des organismes bénévoles encouragent les gens à changer leurs habitudes, car le fait de prendre un petit engagement et d’être membre d’un réseau peut suffire, parfois, à donner un coup de pouce motivateur à ceux qui hésitent encore à tenter l’expérience du vélo-boulot.
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