Lundi matin, j’ai eu la chance de visiter l’usine Devinci à Chicoutimi. C’est dans cette usine même qu’a été fabriqué mon propre vélo, de modèle Sydney.
Ce jour-là, une séance de photos des nouveaux modèles 2011 devait avoir lieu pour le prochain catalogue. Mais moi je n’ai pas eu l’autorisation de les photographier, comme vous pouvez vous en douter. Tout ce que je peux vous dire à leur sujet, c’est qu’il y aura de nouveaux modèles de vélos de montagne avec un nouveau système de suspension.
Au moment de ma visite, les employés étaient en pleine production des vélos en libre-service pour la ville de Londres. Depuis que le Bixi a été créé, 25 nouveaux employés ont été embauchés à l’usine. On se réjouit donc à chaque fois qu’une nouvelle ville signe une entente pour avoir les petits frères des Bixi dans ses rues, car cela permet de continuer à faire travailler tout ce personnel. Il y a, en tout, une centaine d’employés.
Avant l’arrivée des vélos en libre-service, la production des Devinci se déroulait de septembre à février. Maintenant, le travail se poursuit pratiquement à l’année et on a dû commencer à faire l’entreposage des vélos ailleurs, car on a besoin de plus d’espace pour la production. Et alors qu’auparavant, les employés ne travaillaient que de jour, il y a deux quarts de travail depuis l’apparition des vélos en libre-service.
On fabrique au total presque 20 000 vélos annuellement, soit entre 200 et 300 par jour. La plupart des étapes de la production sont faites à Chicoutimi, mais certaines pièces arrivent de l’Asie pour être transformées sur place, tandis que la peinture se fait chez un sous-traitant à Jonquière. L’aluminium utilisé provient de Rio Tinto Alcan, situé à environ un kilomètre de là.
Je m’attendais à voir davantage de systèmes automatisés dans l’usine, mais en fait, beaucoup d’opérations sont faites par des travailleurs: soudeurs, opérateurs de machines à contrôle numérique, et ainsi de suite. Ce qui frappe, c’est que la plupart d’entre eux sont des jeunes. C’est donc une bonne chose pour le Lac St-Jean, qui souffre davantage que d’autres régions du Québec du chômage et de l’exode des jeunes. Le taux de chômage est historiquement plus élevé que dans l’ensemble de la province. En 2009, il était de 10% en moyenne, alors qu’il était de 8,5% pour l’ensemble du Québec. J’avais déjà écrit sur la situation économique de la région dans la section Affaires de La Presse, que vous pouvez lire ici.
Pour le système en libre-service de Londres, on fabriquera en tout 8000 vélos. Ceux-ci, de couleur marine, ont déjà commencé à être livrés, car le système doit entrer en fonction dès la fin du mois de juillet dans la capitale britannique. Je ne vous décrirai pas toutes les étapes de la production, ce qui serait fastidieux. Mais j’ai noté quelques détails intéressants. David Régnier-Bourque, le jeune agent de communication natif de la région de Montréal qui a déménagé à Chicoutimi il y a cinq ans pour travailler chez Devinci, m’a expliqué que les vélos en libre-service pour Londres comportent des spécifications différentes de ceux de Montréal. La ville de Londres avait notamment des exigences anti-terroristes! C’est-à-dire que les vélos ne doivent comporter aucun orifice qui pourrait permettre d’insérer des explosifs! De plus, la peinture est une peinture spéciale anti-graffitis.

Une fois que les rayons sont vissés aux roues, ces dernières sont envoyées dans une machine qui teste et corrige la précision de l'ajustement

Ligne d'assemblage du vélo en libre-service. On constate en visitant l'usine que beaucoup d'employés sont jeunes.
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