En se présentant les mains vides à l’entretien qu’il a provoqué avec Martin Mondou, Justin Darchen et Claude Lessard mercredi, Réal Breton a facilité la décision des Cataractes concernant leur veto, qu’ils ont annoncée après le match face aux Tigres.
L’ex-président des Cataractes connaissait la réticence de ses ex-partenaires vis-à-vis la possibilité de scinder leur marché. Dans ce contexte, c’était suicidaire d’arriver à la réunion sans étude économique prouvant la viabilité de deux équipes en Mauricie selon les paramètres actuels de la LHJMQ. De plus, si Breton a manifesté le désir d’acheter le veto, il n’a déposé aucune offre ni même évoqué de scénarios plausibles pour en arriver à une entente négociée.
Peut-être gardait-il ces deux éléments pour une prochaine rencontre? Erreur stratégique si c’est le cas, car les Cataractes ont saisi l’occasion pour lui fermer la porte au nez hier soir.
Ça peut paraître curieux pour des hommes d’affaires de trancher alors qu’ils ne savent pas encore ce qui pourrait être placé sur la table par les promoteurs du dossier trifluvien. Mais les actionnaires shawiniganais avaient une patate chaude entre les mains depuis un peu plus d’une semaine et ils avaient hâte de s’en défaire, alors ils ont sauté sur l’occasion pour livrer un message clair et essayer d’enterrer le projet.
À partir de là, rien n’empêche Breton et ses partenaires de revenir à la charge et de déposer un magot pour tenter de les faire changer d’idée. Si c’est l’avenue qu’il emprunte, il devra être discret car hier, les actionnaires n’ont pas caché avoir été irrité par la façon dont le dossier a été rendu public. Est-ce qu’un montant faramineux pourrait faire plier les Shawiniganais? Possible, mais peu probable, si vous voulez mon avis.
Breton peut aussi mettre ses menaces à exécution et plancher sur le projet d’une concession de la Ligue américaine. C’est le risque que les Cataractes acceptent de prendre, eux qui ont décidé de miser sur le fait qu’ils détiennent un produit unique en Mauricie, qui a fait ses preuves. Si jamais le nouveau Colisée de Trois-Rivières finit par se bâtir, si jamais les Nordiques reviennent à Québec et si jamais ceux-ci veulent implanter leur club-école dans la cité de Laviolette, ils devront alors se battre pour des spectateurs et des commanditaires contre un produit différent dans leur cour. Mais avec autant d’étapes aussi délicates les unes que les autres, ce n’est certainement pas pour demain!
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