Les détails entourant le changement du modèle d’affaires dans la gestion des Cataractes sont connus depuis 2006. Tout comme l’entente qui lie les Cataractes et la Ville au sujet de l’utilisation du Centre Bionest, le même genre de pacte qui unit la plus vieille concession de la LHJMQ aux autorités municipales depuis plus de quatre décennies.
À la différence que la Ville se paie maintenant une loge dans le nouvel amphithéâtre, qu’elle exige un loyer de plus de 60 000$ aux nouveaux actionnaires et que ces derniers sont maintenant entièrement responsables du bilan financier. S’il y a des profits, ils encaissent. S’il y a des déficits, ils fouillent dans leurs poches. Méchante différence.
Juste pour ça, la Ville de Shawinigan a fait une bien bonne affaire en refilant les Cataractes à la bande à Martin Mondou. Rappelez-vous qu’ avant ce changement de garde, la ville venait d’allonger 300 000$ pour maintenir l’équipe en vie et qu’elle était responsable de la dette qui dépassait le million$ de dollars. Malgré tout leur bon vouloir, l’armée de bénévoles qui tenaient l’équipe à bout de bras n’arrivaient plus depuis un bon moment à boucler leur bugdet. La concession était donc en faillite technique quand Martin Mondou est arrivé avec son plan pour sauver l’équipe.
À l’époque, plusieurs le regardaient de haut. Il a invité tous les membres du club Cataractes inc. à se joindre à lui, il a pourchassé les anciennes vedettes de l’équipe qui ont fait des millions$ chez les pros, il a fait les yeux doux à ses amis et à ses relations d’affaires. Or ça ne se bousculait pas aux portes pour participer à la relance de la concession. Trop risqué comme placement, se faisait-il répondre. Mondou a même dû ajouter un homme d’affaires de Québec -Réal Breton, maintenant président de l’équipe – pour compléter son montage financier.
Facile de laisser croire, cinq ans plus tard, que la Ville est trop généreuse à l’endroit de ces hommes d’affaires – qui ont pris un risque financier important en se lançant dans un secteur où plusieurs se cassent la gueule – quand on voit le succès de la franchise depuis leur arrivée en poste.
Un succès dû en bonne partie au déménagement dans le Centre Bionest, mais aussi à l’implication des actionnaires qui ont investi temps et argent. Le succès sur la glace a également aidé aux foules records enregistrées ces dernières années.
Les actionnaires font donc de l’argent? Tant mieux! Parce que s’ils opéraient à perte, la survie du hockey junior en Mauricie serait à nouveau menacée. Hockey junior qui, je vous le rappelle, engendre des retombées économiques de plus de six millions$ annuellement. Juste la semaine dernière, les Huskies de Rouyn-Noranda ont dépensé environ 9000$ en trois jours en Mauricie pour se loger et se nourrir.
La semaine prochaine, ce sera au tour des Saguenéens de Chicoutimi ou du Titan d’Acadie-Bathurst de s’arrêter pour trois jours et d’injecter de l’argent neuf dans notre économie…Quant à la Coupe Memorial, on parle d’au moins huit millions$ supplémentaires en retombées économiques.
L’entente est gagnante-gagnante. Elle a libéré la Ville d’un fardeau financier important, elle a préservé un moteur de son économie et elle a permis à un groupe d’hommes d’affaires de transformer un club moribond en une concession qui est maintenant citée parmi les plus solides de la LHJMQ. Qui, à part Mondou et ses partenaires, auraient eu l’audace de parier là-dessus?•
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