Steve Turcotte: Temps d'arrêt

Archive, octobre 2009

Mercredi 28 octobre 2009 | Mise en ligne à 10h12 | Commenter Commentaires (24)

Laissez le hockey tranquille!

Je suis rarement d’accord avec mon patron Louis Ménard. Une question d’âge, peut-être, ou de vécu, ou encore de valeurs… peut-être un amalgame de ces trois facteurs.

Mais là, j’ai l’impression d’être le seul dans mon coin quand il s’agit du débat sur les coups portés à la tête. Ces derniers jours, j’ai entendu des anciens joueurs, des anciens entraîneurs et plusieurs chroniqueurs déchirer leur chemise devant certaines percutantes mises en échec et les conséquences qu’elles peuvent avoir. Tenez, voyez ici l’opinion de Réjean Tremblay.

On va régler une chose: je veux bien qu’on bannisse les coups salauds. Une mise en échec par derrière, je serai le premier à applaudir si ça vaut 10 matchs de suspension. Un coup de coude ou un double-échec au visage, mettez le gars dans les estrades un mois si ça vous chante. Mais de grâce, ne touchez pas aux mises en échec!

Qui a dit que le sport d’élite devait être sans risque? À ce compte-là, pourquoi ne pas jouer avec… un puck mou! Comme ça, Ilya Kovalchuk ne serait pas à l’infirmerie pour un mois! Barrons aussi les Formule 1 à 120 km/h, il y a déjà eu des morts en masse dans le sport automobile. La boxe? Vite, on l’élimine sur-le-champ. Le patinage de vitesse sur courte piste? Banissons ces courses qui ressemblent parfois à du roller-derby. Et imposons au plus sacrant le port du casque en patinage artistique…

Les mises en échec font partie du hockey depuis toujours. C’est un élément stratégique, c’est aussi un moyen de changer le momentum dans un match. Et c’est spectaculaire.

Ceux qui s’insurgent depuis une semaine vont vous dire qu’ils n’en veulent qu’aux coups d’épaule à la tête. Ok… alors on fait quoi avec Zdeno Chara? On lui interdit de frapper parce qu’il est plus grand que les autres?

Le coup de Mike Richards sur David Booth méritait bel et bien une suspension parce que le capitaine des Flyers lève son épaule pour cueillir le visage de la jeune sensation des Panthers.

Mais pour toutes les mises en échec comme celle de Willie Mitchell sur Jonathan Toews, je dis bravo pour le synchronisme et tant pis pour celui qui avait la tête basse. C’est l’élément numéro un qu’on apprend chez les bantams quand on introduit la mise en échec…

Maintenant, pourquoi semble-t-il y avoir plus de ces percutantes mises en échec? Je vois deux raisons.
1) Les joueurs sont plus rapides et plus gros. Forcément, l’espace est plus restreint et les chocs, plus solides. Le bannissement de l’accrochage permet aussi aux patineurs de s’amener comme des trains. Peut-être qu’adopter une surface olympique pourrait aider…

2)Les joueurs sont si habiles de nos jours qu’ils peuvent capter toutes les passes. Par le passé, une remise dans les patins devenait un revirement. En 2009, la plupart des meilleurs joueurs n’ont aucune difficulté à récupérer la rondelle avec leurs pieds. Plus de passes captées, plus de chances de se faire frapper…

Je trouve que le débat frôle l’hypocrisie. Quand Guillaume Latendresse lamine un rival dans la rampe, tout le monde applaudit au centre Bell. Alex Ovechkin est perçu comme le meilleur joueur au monde parce qu’il possède une dimension physique dans son jeu qui échappe à Sidney Crosby et Evgeny Malkin. Plus près de nous, Mathieu Bolduc a été encensé le printemps dernier parce qu’il réussissait à épingler les rivaux des Cataractes au centre de la patinoire…

Mais là, il faudrait se mettre à la ringuette parce qu’il y a des risques à encaisser des coups d’épaule? Non merci.

C’est comme le débat des bagarres dans le hockey. Ceux qui vomissent sur les combats sont souvent les premiers à féliciter Maxime Talbot pour ses performances inspirées lors des dernières séries. Or l’ancienne vedette des Olympiques n’a pas que joué les héros dans le septième match de la finale, il a aussi changé l’issue de la série face aux Flyers en jetant les gants devant Daniel Carcillo. Allez relire les textes d’il y a quelques mois, tous ses coéquipiers étaient unanimes sur la raison principale qui expliquait l’élimination des Flyers. François Beauchemin avait eu le même impact il y a quelques années en acceptant l’invitation à valser de Jarome Iginla. Quelques semaines plus tard, ses potes et lui soulevaient la Coupe Stanley…

J’aime le hockey parce que c’est le sport de contact le plus rapide sur la planète, pour son intensité et sa fluidité. Soyons intransigeants avec les coups salauds, évitons les débordements. Mais pour le reste, de grâce, laissez le hockey tranquille.

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Dimanche 25 octobre 2009 | Mise en ligne à 19h48 | Commenter Commentaires (14)

Quel week-end!

Je ne sais pas pour vous mais moi, j’ai adoré les deux duels entre les Cataractes et les Voltigeurs. Cet après-midi, sept bonne mises en échec ont été distribuées dans la première minute de jeu, 35 en première période même si les deux équipes en étaient à un troisième match en 48 heures!

Les Cataractes ont prouvé en fin de semaine qu’ils pouvaient compétitionner avec la meilleure équipe du plateau, de quoi rassurer bien des partisans qui étaient en mode panique il y a deux petites semaines.

Voici en vrac, quelques observations

- Raphaël Pouliot m’a impressionné ce week-end. Il était nettement plus allumé.
-J’ai eu peur pour Michaël Bournival en fin de match lorsque je l’ai vu jeter les gants et qu’un de ses coups a été amorti par le casque de son rival.

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Bravo pour ce signe de combativité mais les mains de Bournival valent de l’or et il devrait les réserver pour remplir le filet.
-Je suis devenu un fan inconditionnel de Sean Couturier. J’avais remarqué son éclosion en finale l’an dernier mais ce jeune homme a tout un avenir devant lui.
-Après un premier match ordinaire, Maxime Legault est redevenu… Maxime Legault face aux Voltigeurs. Les Cats ne sont pas la même équipe lorsque le 54 est en uniforme.

Bon voilà, ça fait le tour. J’ai bien hâte de lire vos observations sur le week-end…

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Samedi 24 octobre 2009 | Mise en ligne à 12h23 | Commenter Commentaires (8)

RIP Éric Cloutier

Voilà déjà un an qu’est décédé Éric Cloutier dans un accident de la route. Si vous n’êtes pas de Louiseville ou si vous n’avez pas joué dans la Ligue de hockey senior de la Mauricie, il est probable que ce nom ne vous dise rien. Et pourtant, ce jeune homme a bien failli porter les couleurs des Cataractes.

J’ai eu le bonheur de le diriger il y a trois ans. Je me souviens de notre première rencontre, il pratiquait avec une équipe junior B! Évidemment, il était bien trop fort pour cette ligue – il avait joué dans le midget Espoir trois ans auparavant -et je l’avais invité à joindre l’équipe senior A que je dirigeais.

Malgré ses 18 ans, il a eu un impact immédiat à la ligne bleue. Robuste à souhait, une bonne première passe, de l’ardeur au travail, il s’est même permis d’inviter Anthony Quessy à jeter les gants durant une mêlée à ses premiers coups de patin! Or Quessy était peut-être le joueur le plus craint de la ligue à cette époque et il était devant ses partisans. Comme coach, j’étais content que Quessy passe son tour!

eric_cloutier.jpg

En revenant dans l’autobus, je me suis assis avec le «Clou». J’ai écouté son histoire, comment il avait perdu goût au hockey dans le midget Espoir et comment il l’avait retrouvé dans le senior! Je lui ai dit que sa place n’était pas avec nous, qu’il méritait de jouer à un niveau bien supérieur et il accepté que je le recommande à Éric Veilleux.

Le coach des Cataractes est venu le voir jouer le week-end suivant à Saint-Marc-des-Carrières. La situation était bizarre car les rôles étaient inversés. Cette fois, c’est Veilleux qui m’épiait derrière le banc. Le pire, c’est qu’on avait encaissé une terrible dégelée! Mais Veilleux avait lui aussi vu le potentiel de Cloutier et il l’avait invité à pratiquer avec son club.

Cloutier a participé à quelques séances d’entraînement de façon sporadique parce que son horaire au cégep était très chargé. Le congé des Fêtes s’en venant à grands pas, Veilleux l’a invité à terminer la saison avec les Cats. Le coeur de Cloutier était déchiré entre ses études et le hockey et il a finalement décidé de refuser l’offre. «J’espère que tu ne m’en veux pas», m’avait-il dit. «J’ai 19 ans, je sais bien que je ne ferai pas carrière au hockey. L’expérience me tente beaucoup mais je préfère rester concentré sur mes études, ça va super bien. Et puis j’aime ça, le senior.»

Fâché, moi? Voyons donc! Je l’ai plutôt félicité pour sa maturité! En plus, nos séries s’en venaient et j’avoue que je préférais aller à la guerre avec lui plutôt que sans lui.

Quand j’ai appris son décès il y a un an, j’ai eu un choc comme tous ses amis. Je me suis rendu à ses funérailles avec mon fidèle compagnon Pit Lapierre mais nous avons été incapables d’aller transmettre nos sympathies à ses parents tellement ils semblaient ébranlés. On ne devrait jamais avoir à enterrer nos enfants. Comme jeune père de famille, j’ose à peine imaginer l’ampleur du chagrin avec lequel ils doivent vivre.

Je m’étais toutefois promis de trouver une façon de leur témoigner mes condoléances dans le futur, d’une façon ou d’une autre. Voilà, c’est fait… RIP Éric Cloutier

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