Ariane Krol
Je n’ai pas pu rester aux Iles assez longtemps pour assister aux réjouissances de la Mi-Carême, qui ont lieu du 14 au 16 mars à Fatima. De toute façon l’événement essentiellement privé, et non touristique, ce qui a sans doute contribué à garder la tradition vivante.
Le principe est simple. Les Mi-Carême, comme on les appelle, débarquent déguisés dans les maisons de gens qu’ils connaissent, et ceux-ci doivent deviner qui se cache derrière le masque. Simple, mais fascinant. On parle ici d’un village de moins de 3000 habitants sur un archipel qui, il y a quelques décennies encore, était passablement isolé. Réussir à ne pas être reconnu des gens qu’on croise tous les jours n’est pas un mince exploit. Et pourtant…

Photo fournie par Tourisme Iles-de-la-Madeleine
«Il y a deux ans, on était une vingtaine de membres de ma famille chez moi et maman s’est éclipsée sans qu’on s’en rende compte. Elle est allée se costumer, s’est faufilée dans un groupe de Mi-Carême qui arrivaient et personne ne l’a jamais reconnue», raconte Isabelle Cummings, membre du conseil d’administration du comité Mi-Carême.
Une fois les visiteurs démasqués, les hôtes leur offrent un petit quelque chose à boire et à manger. Souvent, les Mi-Carême vont sortir leurs instruments et jouer quelques morceaux avant de poursuivre leur route. «Le défi, c’est de garder nos maisons», dit Isabelle Cummings.

Photo fournie par Tourisme Iles-de-la-Madeleine
Chaque année, environ une quarantaine de familles acceptent de recevoir les Mi-Carême. Ce n’est pas une mince affaire. Il faut préparer la maison, acheter des breuvages, préparer les sandwiches, le sucre à la crème et autres douceurs qu’on offrira aux visiteurs. Il peut en venir entre 200 et 500 par soir, de 20h et jusque tard dans la nuit. Un moment de folie salutaire dans cette longue période de privations qu’était autrefois le Carême.
L‘Écomusée de la Mi-Carême, à Fatima, permet d’en apprendre plus sur cette tradition.

Photo fournie par Tourisme Iles-de-la-Madeleine