Le Blogue-Trotter

Archive de la catégorie ‘Pingualuit’

Jeudi 9 septembre 2010 | Mise en ligne à 7h40 | Commenter Commentaires (4)

Visite de musée à Kangiqsujuaq

Du haut des airs, le village de Kangiqsujuaq semble bien petit. Et il l’est. La population tourne autour de 600 personnes. Mais il est très joli, niché entre de grosses collines grises, sur le bord de la baie de Wakeham, d’un beau bleu profond sous le soleil de midi.

Arrivée à Kangiqsujuaq

Arrivée à Kangiqsujuaq

Le village est en bon état. Les gens de la communauté reçoivent des royautés liées à la mine Raglan, pas tellement loin d’ici, et de la future mine de Canadian Royalties. On y trouve notamment une résidence pour étudiants toute neuve, une piscine, et même un terrain de golf. Avis aux intéressés. Mais il ne faut pas s’attendre à une belle surface gazonnée. C’est une étendue de petites roches, dans laquelle on a mis ça et là des ronds de gazon synthétiques. C’est… particulier.

Petite vue rapide sur Kangiqsujuaq

Petite vue rapide sur Kangiqsujuaq

Nous laissons nos guides inuits ici au village. Nous avons vraiment passé des heures fascinantes avec eux. Mais avant le départ de notre vol pour Kuujjuaq, nous avons le temps de passer au centre d’interprétation du Parc national des Pingualuit, établi ici à Kangiqsujuaq (ce n’est pas souvent que le centre d’interprétation d’un parc se retrouve à plus de 80 kilomètres dudit parc !). Le détour en vaut vraiment la peine. Ce centre n’aurait pas à rougir s’il se trouvait au beau milieu d’une métropole. Il est petit, bien sûr, mais bien intéressant.

Une première salle en demi-cercle raconte rapidement, quelques artéfacts à l’appui, que la région est fréquentée depuis 4000 ans. Une autre salle permet d’en savoir un peu plus sur la faune de la région. Et notamment sur la faune ailée. Nous avions justement quelques questions à ce sujet. Sylvie avait vu deux plongeons catmarin près du lac Manarsulik, j’avais entendu le plongeon huard. Mais est-ce que le catmarin a les mêmes cris que le huard ? Nous pesons sur des boutons enfin d’entendre un enregistrement des deux oiseaux. La question est réglée : les cris sont on ne peut plus différents, il y avait donc, et du catmarin, et du huard.

Un présentoir porte sur les traces d’animaux. Il confirme que j’ai bien vu des traces de renard sur le bord du lac. Et des traces de lagopèdes. Mais je n’avais pas besoin de confirmation pour cela : les lagopèdes étaient très nombreux, au point de presque buter sur eux.

Une section porte évidemment sur la géologie de la région, et du fameux cratère du Nouveau-Québec, que nous avons maintenant vu sur presque toutes ses coutures (du haut des airs, les rebords ont l’air bien lisses, bien beaux. Au ras du sol, c’est de la grosse pierraille peu facile à négocier). On le surnomme ici «le lac venu de l’espace». Joli surnom : le cratère a effectivement été causé par une météorite tombée avant-hier (en termes géologiques), soit il y a 1,3 million d’années.

Dans une dernière salle, sur les populations inuites, je tombe en pamoison devant un superbe kayak traditionnel, long, aiguisé, et qui a bien servi. Derrière l’hiloire, la surface du kayak est rouge du sang des nombreux animaux qui ont ainsi effectué leur dernier voyage. Parlant de voyage, je dois mettre fin au mien, et retourner vers le sud. Vers Kuujjuaq, puis Montréal.

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Mercredi 8 septembre 2010 | Mise en ligne à 7h32 | Commenter Commentaires (6)

La petite aurore

Un des attraits du grand nord, c’est évidemment la possibilité de voir des aurores boréales. J’ai dû faire une quinzaine de voyages dans les régions arctiques, mais ma récolte d’aurores boréales est jusqu’ici très très mince.

C’est que la plupart de ces voyages ont eu lieu en plein été, alors qu’il faisait jour 24 heures sur 24. Bien difficile de voir des aurores.

J’ai bien fait un voyage printanier sur la Terre de Baffin il y a quelques années. Mais le terme «printanier» est trompeur. Il faisait -25, ou plus froid. Et nous faisions du camping. Alors, à 20h30, possibilités d’aurores ou pas, nous étions dans nos sacs de couchage de duvet. Et nous ne sortions plus de la tente, même pour faire pipi (il y a des bouteilles pour ça… bien que ça demande un peu d’entraînement).

Tout ça pour dire que je m’en promettais pour ce voyage-ci au Parc des Pingualuit : bonne latitude (61e parallèle), bonne période de l’année (le soleil se couche autour de 20h30), belle visibilité (aucune source de lumière à la ronde).

Mais encore faut-il de la chance. La première nuit, je me lève vers 2h30 du matin, rien. Le ciel semble être nuageux.

Le lendemain, une de mes co-voyageuses raconte que les aurores étaient spectaculaires… vers minuit. Grr.

Deuxième nuit, nuages.

Troisième nuit, ciel clair. Je me lève vers 2h00 : rien. Ma co-voyageuse, le lendemain encore, me dit que les aurores étaient superbes vers minuit. Re-grr.

Quatrième nuit, ciel clair. Mais je ne vois rien. Ma co-voyageuse n’a rien vu non plus.

Cinquième nuit, enfin, je vois quelque chose, des lueurs verdâtres. Mais il y a probablement des nuages de haut niveau, les aurores ne sont pas clairement définies. Mais c’est mieux que rien.

Sixième (et dernière) nuit, bingo ! Les lueurs du soleil ne se sont pas encore éteintes à l’ouest que je vois déjà de grands rubans verts traverser le ciel, changeant lentement d’aspect. Au sud, des rideaux, verts encore, s’étirent d’un horizon à l’autre. Youpi ! Et en plus, le vent n’est pas trop fort ce soir, je peux donc rester dehors quelques minutes pour les admirer. Je rentre pour me réchauffer quelque temps, ressors, les rubans ont changé de place, le ciel est encore différent. Entre ces rubans, je peux voir les étoiles d’été, les brillantes Véga, Arcturus et Altaïr. Je distingue Cassiopée dans la voie lactée. Est-ce Mars, qui brille de façon un peu rougeâtre à l’ouest ? À l’est, c’est Jupiter, c’est sûr. (C’est là tout ce que je sais de l’astronomie : je me suis munie du Petit planétaire et du Ciel du mois du Planétarium de Montréal avant de partir).

C’est une façon superbe de finir le voyage. Mais, désolée, pas de photos des aurores. Un, je n’ai pas apporté de trépied. Deux, je n’ai pas les connaissances techniques pour prendre de telles photos. Oh, j’ai bien essayé en mettant l’appareil sur la galerie et utilisant le retardateur, mais j’ai dû mal lire le manuel de 276 pages de mon appareil (ça ne s’invente pas) et j’ai failli tout le bousiller. Il ne fonctionnait plus du tout ! Heureusement, j’ai trouvé comment revenir aux réglages de départ, ce qui fait que j’ai pu prendre ces photos du cratère à notre départ en avion. C’est votre prix de consolation…

Le voici, le voilà, le cratère.

Le voici, le voilà, le cratère.

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Mardi 7 septembre 2010 | Mise en ligne à 7h16 | Commenter Commentaires (2)

Le poisson qui mangeait des souris

Désolée pour ce silence qui aura duré quelques jours, mais je suis partie du refuge principal du parc des Pingualuit, au lac Manarsulik, pour aller passer trois nuits au camp rustique du canyon de la rivière Puvirnituq, dans la section nord du parc. Qui dit rustique dit absence d’internet. Mais le camp est équipé d’un bon poêle, ce qui est le plus important pour les randonneurs.

Déjà, ce n’est pas une mince affaire pour s’y rendre : nous faisons les premiers 10 kilomètres en canot à moteur sur le lac Manarsulik, puis nous faisons les 10 derniers kilomètres à pied, dans la toundra, avec nos gros sacs à dos. Normalement, à ce temps-ci de l’année, la toundra est bien sèche et c’est facile d’y marcher. Mais il a beaucoup plu cet été et la toundra est encore bien humide. Nous devons parfois sauter d’une roche à l’autre, ou d’une motte d’herbe à l’autre, pour garder les pieds secs. Ça met en forme.

En chemin vers la rivière Povurnituq

En chemin vers la rivière Povurnituq

Peu à peu, la toundra ondulante s’ouvre sur la vallée et le canyon de la rivière Puvirnituq. Les perspectives sont très belles. Le paysage est moins austère qu’aux abords du cratère des Pingualuit. C’est un superbe endroit pour faire de la randonnée, et nous nous en donnons à cœur joie.

La section nord du parc des Pingualuit

La section nord du parc des Pingualuit

Il y a un autre avantage ici : nos guides inuits, Elijah et Elijah, n’ont pas de carabines, et nous pouvons donc nous approcher des caribous.

Voici d’ailleurs la recette pour s’approcher d’un caribou : s’asseoir, rester immobile, et le caribou, curieux comme pas un, viendra faire son tour.

Caribou curieux.

Caribou curieux.

Nous jouons aussi à cache-cache avec une hermine, dans un champ de cailloux. La mignonne bête apparaît dans un trou ici, disparaît avant que nous ayons le temps de faire une mise au point, réapparaît un peu plus loin, disparaît encore, réapparaît à nos pieds, disparaît, etc., pendant un bon 20 minutes. Nous essayons de prendre des photos, mais tout ce que nous finissons par avoir, ce sont des photos de pierre. Bref, c’est l’hermine qui gagne.

Après une de ces randonnées, Elijah et Elijah décident d’aller taquiner la truite dans la rivière Puvirnituq, pas loin de notre camp.

Ils reviennent avec des visages satisfaits. Nous devinons qu’ils ont eu du succès. Effectivement, Elijah sort d’un sac de plastique un touladi (une truite grise, me dit Sylvie, qui s’y connaît en poissons) d’une quarantaine de centimètres et le place sur le sac, sur la table.

«Ce n’est pas tout», dit-il en prenant un autre sac de plastique et en étalant le contenu à côté de la truite.

«Voici ce qu’il y avait dans son estomac».

Nous reconnaissons alors un petit poisson en excellent état, un «ugly fish» (ou poisson-crapaud, me dit Sylvie). Et puis… trois souris à différents stades de digestion ! Il ne reste pas grand-chose de la première, mais la troisième est dans un état presque parfait : on voit bien les petites pattes, et même les moustaches ! Nous voici donc devant une truite mangeuse de souris !

(Avis: vous devriez passer outre à la prochaine photo si vous êtes en train de manger).

La truite continue à révéler ses secrets.

La truite continue à révéler ses secrets.

Nous parvenons difficilement à comprendre comment ce poisson a gobé trois souris. Une, ça pourrait être un hasard, la souris est tombée à l’eau, et hop, la truite l’avale. Mais trois ?

Elijah n’a jamais entendu parler d’une telle affaire.

En soirée, il raconte sa pêche miraculeuse par radio à un ancien de son village, Kangirsujuaq.

«Penses-tu que ce poisson est mangeable ?», taquine l’ancien.

Pour la petite histoire, nous avons effectivement mangé la truite. Elle était très bonne. Et n’avait pas d’arrière-goût de souris…

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