Le Blogue-Trotter

Archive de la catégorie ‘Maroc’

Jeudi 25 février 2010 | Mise en ligne à 8h28 | Commenter Commentaires (12)

S’engueuler dans le quartier des Habous

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Mosquée Moulay Youssef, quartier des Habous, Casablanca (Maroc)

ÉRIC CLÉMENT

 Je me suis levé en pleine forme, à tous points de vue. L’aube était brûmeuse. Un halo enveloppait Casablanca.

Je suis allé déjeuner puis je me suis préparé. En bas de l’hôtel (le Golden Tulip, ex-Farah), sur l’avenue de l’Armée royale, des employés municipaux s’affairaient à terminer la réfection du terre-plein central de l’artère:

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J’ai décidé de consacrer ma journée à l’architecture de Casablanca et à ses quartiers populaires. Rien qu’en face de mon hôtel, j’ai deux immeubles de style bien différents. Le mordoré Atlas building, dans lequel se reflète le Golden Tulip:

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Et celui, au coin de la place Zallaga, qui semble dater de l’époque du Protectorat français (1912-1956):

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Ayant continué de me promener dans ce quartier de Sidi Belyout, je suis tombé, rue Albdelkrim Diouri (ex-rue de l’aviateur Védrines), sur l’hôtel Volubilis.

De style Art déco et construit par l’architecte marseillais Marius Boyer en 1919. C’est le même architecte qui a fait l’hôtel de ville de Casablanca devenue le siège de la wilaya (unité administrative plus grande que la ville) située sur la place Mohammed V.

Cet hôtel était son premier projet dans la ville blanche, où il est mort en 1947.

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Non loin du Volubilis, cet immeuble qui m’a rappelé mes racines !

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Je n’ai pas osé entrer pour vérifier si on y sert du Beaujolais, de la cervelle de canut et des tabliers de sapeurs !

À propos de cochonnaille, j’ai constaté qu’on vend du “jambon halal” ici. Surprenant pour des musulmans, non ? Eh bien, vérification faite, le jambon était fabriqué avec… du veau.

En m’éloignant un peu plus du centre, en direction du quartier de la Gironde et de la nouvelle médina, je suis arrivé au moment de la prière de 13h à cette mosquée que j’ai trouvée superbe.

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Puis, près de la gare routière, je suis entré dans un secteur où il y avait un véritable festival de la barrière de sécurité. J’ai pensé qu’il s’agissait d’une caserne, d’autant que les murs étaient assez hauts.

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Ben non, ce n’était pas militaire mais…royal. Il s’agit du Palais du roi du Maroc à Casablanca.

Encore une fois, je n’avais pas ses coordonnées téléphoniques pour l’appeler et lui demander de bien vouloir me permettre de visiter les lieux en son absence.

J’ai insisté pour entrer. Ce n’est pas possible, m’a dit l’officier à la porte d’entrée. Mais vous pouvez photographier la porte d’entrée !, m’a-t-il proposé. Non, merci, c’est gentil. Ce ne sera pas nécessaire.

Dommage. J’aurai laissé au roi une petite bougie de Bleu lavande que j’ai apportée du Québec au cas où j’aurai un petit présent à donner. Pour lui donner un peu de lumière de chez nous.

Je me suis contenté d’essayer d’apercevoir la petite fenêtre par laquelle il arrive peut-être à contempler ses sujets. Pas facile. Ni pour moi, ni pour lui. Dommage, des murailles si hautes. Ce n’est pas pratique pour communiquer.

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Tout près, à l’entrée du quartier des Habous, il y avait un très beau portrait de Mohammed VI près d’une pharmacie.

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C’est de ce quartier des Habous dont je veux vous parler car c’est tout une découverte. Ça demeurera mon quartier préféré de Casa. Il y régnait une tranquilité comme celle que j’ai ressentie à Essaouira.

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Ici, la place près de la mosquée et de l’ancien palais du pacha (il vous faut un guide pour le visiter):

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On reproche souvent aux pays colonisateurs d’avoir profité plus que donné aux peuples qu’ils ont conquis ou “protégé”. Mais ce quartier est l’illustration que la France a aussi voulu améliorer les conditions de logement des Casablancais tout en respectant, dans ce cas, leur culture.

En effet, le quartier des Habous (qui sont des fondations pieuses au Maroc) est une casbah définie comme un compromis entre habitation moderne et architecture arabomusulmane.

Les deux maîtres d’oeuvre du projet, Edmond Brion et Auguste Cadet, ont voulu mettre fin au quartier insalubre prééxistant (il en reste malheureusement encore à Casa).

J’ai appris ici que c’est dans cette ville qu’est né le nom Bidonville, qui avait baptisé un quartier auparavant appelé Gadoueville (Bouetteville en québécois). Le nom s’est ensuite généralisé en langue française pour désigner un quartier insalubre et pauvre.

Le projet du quartier des Habous permettait donc de créer un quartier musulman, avec bains, mosquées, marchés et ruelles, des cours centrales, tout en apportant des améliorations à l’hygiène des lieux et en en faisant un quartier très aéré.

Tout le long de cette rue, des arcades permettent ainsi de communiquer avec les rues parallèles.

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Voici quelques photos du quartier:

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Pendant que l’un travaille, l’autre fait sa prière:

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Arrivé place Moulay Youssef..

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…Aziz Errajraji, marchand de tapis, attendait des clients.

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Un peu désespéré, Aziz. Il a fini par me dire que, question touristes, c’était plutôt tranquille. Je crois que j’étais en effet le seul étranger dans le quartier à ce moment-là…

En tout cas, il est prêt à faire des bons prix pour ses tapis: 2500 dirhams pour celui de droite, rouge avec un dessin vert au milieu. Ça fait 340 $. Et c’est négociable.

Près de lui, il y avait un souk, avec notamment des lampes et des ustensiles de cuisines.

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Et, en pénétrant dans une minuscule petite place, j’ai assisté à un spectacle plutôt intéressant: le marché de la criée, ou dlala, en arabe.

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Des artisans ambulants vendent leurs vêtements et autres produits à des commerçants et des commerçantes. Le tout est géré par des encanteurs, qui font l’intermédiaire et lancent les enchères.

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Les vendeurs montrent les vêtements. Les encanteurs font monter les enchères.

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Belle ambiance.

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Cela dure une heure. Ça commence après la prière de 13h, vers 13h20.

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Parfois, les échanges sont musclés:

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Finalement, l’intermédiaire (au centre) a calmé les esprits. Un responsable a donné plusieurs coups de sifflet. La vente était terminée. Les commerçantes faisaient le bilan de leurs achats.

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À noter que pendant toute la vente, j’ai pu, discrètement, prendre des photos. On m’a vu, même si je l’ai fait discrètement, mais personne ne m’en a empêché.

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À la fin, un gars qui était soudain à côté de moi, a discuté un peu avec moi. Je lui ai dit ce que je faisais là et il m’a glissé: “vous avez dû prendre de belles photos”… il avait dû m’observer depuis un bon moment!

J’ai quitté le quartier, avec ses retraités jouant aux dames dans la rue, à l’ombre des tapis.

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Mercredi 24 février 2010 | Mise en ligne à 6h52 | Commenter Commentaires (10)

Marrakech en coup de vent

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Rue de Bab Irhli, quartier du Palais royal, Marrakech (Maroc).

ÉRIC CLÉMENT

Bonjour à tous. Je vous ai fait faux bond durant quelques jours. Désolé mais disons que des problèmes de santé m’ont coupé les jambes et empêché de profiter pleinement du temps que je voulais passer à Marrakech, la ville qui a donné son nom au Maroc.

Je n’ai donc pas visité les lieux prévus: la medersa Ben Youssef, les jardins de la Mamounia, les palais El Badi et de la Bahia, ou le nouveau musée de Marrakech. Mais bon, inutile de se lamenter, c’est comme ça. Ce sera pour la prochaine fois.

J’ai eu juste le temps de me promener pendant une demi-journée et j’ai quand même pu avoir un aperçu de la ville makhzen (impériale), phare du tourisme marocain et troisième ville du pays.

J’étais logé chez mon amie Amina et ses filles Leila et Yasmina dans leur belle maison des Villas Marjanas, dans le quartier de Targa.

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La maison était spacieuse et très agréable. Voici leur salon marocain:

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Et leur salle à manger où l’on mange sur les divans ou sur de petits tabourets coussinés:

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La famille d’Amina:

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Et voici les maisons alentour de chez Amina:

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Pas pire, non ? Disons que ce n’était pas le pire quartier du coin…

Leila m’a ensuite conduit sur l’avenue Mohammed V, près de la place du 16 novembre, à partir de laquelle je me suis dirigé vers le centre ville et le quartier des palais. À partir de la place de la liberté, j’ai longé le quartier d’Hivernage, près du quartier de Guéliz, où sont construits de nombreux hôtels et qui date de l’époque du “protectorat” français (du début du 20ème siècle jusqu’en 1956).

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On voit ici les toits du palace de la Mamounia s’élevant au-dessus des remparts de la vielle ville et la circulation automobile, intense.

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Il n’y a définitivement pas assez de transport en commun. La pollution est terrible, le bruit aussi, avec les innombrables mobylettes…

Et en face de ce vacarme et de cette odeur de pétrole brûlé, au bord de l’Oliveraie de Bab el Jédid, dormait un chamelier:

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Du même point de vue, je voyais se profiler la silhouette du minaret de la mosquée de la Koutoubia, pure merveille de l’art hispano-mauresque…

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… construite il y a plus de huit siècles et que l’on ne peut pas visiter, comme toutes les mosquées marocaines (sauf Hassan II à Casablanca), à  cause d’un vieux réglement adopté par les Français, lors du Protectorat.

Voici la porte de Bab Ighli, qui permet d’entrer dans le quartier du Palais royal.

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Une orangeraie, près du mausolée de Sidi es Soheyli, un des sept saints (ou patrons) de Marrakech:

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On entre ensuite à l’intérieur du quartier du Palais royal mais pas dans le palais. J’avais oublié le numéro de cellulaire de Mohammed VI chez mon amie. J’étais bien déçu.

Il y a de grands espaces dans ce coin-là, appelés méchouar et où avaient lieu dans le temps des fantasias. Voici la porte faisant communiquer le méchouar intérieur au méchouar extérieur:

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La porte du Palais royal :

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Je me suis ensuite promené près de la porte de Bab Ahmar et son quartier populaire et je suis allé jusqu’au cimetière juif et le quartier de la Mellah, à côté du palais royal puisque les rois marocains tenaient à avoir les artisans juifs près d’eux.

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Près d’une tombe, il y avait un morceau de tissu. Je ne sais pas mais j’ai eu froid dans le dos.

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Puis, je me suis promené, voire perdu, dans les ruelles du Mellah, sinueuses, très fréquentées et malheureusement sillonnées par des deux-roues à moteur qui foncent en klaxonnant…Mais la promenade est dépaysante et les vendeurs achallants juste ce qu’il faut, sans être déplacés. Il faut toutefois ruser pour prendre des photos car les gens aiment pas trop ça.

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Puis, la nuit est tombée. Je suis monté sur une terrasse boire un lait aux pommes et avocat mais aussi pour visiter leurs toilettes…

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Du toit, on voyait la célèbre place Jemaa el Fna, où viennent les charmeurs de serpents durant la journée.

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Je me suis rendu sur la place. C’était bourré de monde. Beaucoup de touristes venus manger des escargots bouillis et des brochettes de moutons sur des bancs placés dans des échoppes de restaurants ambulants. Beaucoup d’animation. Beaucoup de fumée aussi.

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Un gars à qui je demandais un renseignement m’a conseillé de ne pas essayer. “Sinon, vous allez être malade”, m’a-t-il lancé. J’ai rien dit.

Sur la place, les Marrakchis viennent eux-aussi assister à des spectacles de musique, de guérisseurs, de joueurs de cartes, de diseuses de bonne aventure, etc.

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C’est très sympa et assez sécuritaire. On s’aperçoit que certaines personnes veillent au grain. Il y a quelques mendiants mais pas trop. Il y a aussi des garçons qui vous lancent des regards invitants et vous suivent un peu. Pour voir votre réaction. Toute sorte de monde donc.

C’était l’heure de la prière, des croyants sont entrés dans la mosquée de la place, d’autres ont continué de se promener et de jaser ensemble, par grappes, devant les restaurants ou près des entrées des nombreux souks.

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Puis, je suis entré dans un souk qui vendait beaucoup de chaussures.

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J’ai été attiré par une musique arabe entraînante. Je me suis approché d’un kiosque et j’ai jasé avec le vendeur, Aboulmachaûl Khalifa, très sympa, qui m’a fait un prix (?) pour son CD.

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J’ai ensuite rejoint mes amis marocains au restaurant Salam, 2, avenue Prince Moulay Abdellah, le meilleur resto de poissons à Marrakech. Il appartient à M. El Bertaai, poissonnier de son état, qui a décidé d’ouvrir un restaurant de poissons au sol-sol de sa boutique il y a quatre mois.

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“Les gens de Marrakech se méfient du poisson, m’a-t-il dit, car on est loin de la mer, alors ils n’ont pas confiance, mais moi, comme je vends du poisson depuis 30 ans, ce n’est pas pareil, alors, ils viennent ici.” 

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Comme c’est un restaurant de quartier situé en dehors de la zone touristique (il est à Bab Doukkala), il n’est pas très cher et est fréquenté surtout par des Marocains. Pas d’alcool dans le resto.

On a mangé comme des rois. Les cuisiniers de M. El Bertaai sont en plus des artistes, comme en témoigne cette salade des îles composée d’avocats, de maïs, de coeurs de palmier et de saint-pierre !

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Et les plats de langoustines, crevettes, calmars, saint-pierre, sole, dorade, rouget, sardines, lotte, tous aussi bons les uns que les autres…

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C’est pendant le repas que les choses se sont de nouveau compliquées pour mon système digestif. Je pense que la veille, j’avais fait une autre bêtise alimentaire, mais bon, ce n’est pas grave. Je retournerai un jour à Marrakech pour finir la visite et découvrir peut-être d’autres médicaments.

Juste pour terminer deux photos de la palmeraie, un peu en dehors de la ville où des maisons sont en gestion locative.

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C’est beau mais c’est aussi pas donné, de 1600 à 7000 dirhams la nuit pour deux personnes fin mars au Palmeraie Golf Palace, soit de 150 $ à 460 $ par nuit et par personne.

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Samedi 20 février 2010 | Mise en ligne à 19h06 | Commenter Commentaires (8)

Fumer du saumon au Maroc

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ÉRIC CLÉMENT

Quand j’ai mangé au restaurant El Minjah, vendredi soir, son propriétaire, Kamal Ottmani, m’a dit son admiration pour un Breton qui s’est installé il y a une dizaine d’années à Essaouira pour fumer du saumon.

“Essaouira c’est ça, vous voyez, m’avait dit M. Ottmani. Le travail de Thierry est exemplaire. Il apporte un quelque chose de plus ici. Fumer du saumon au Maroc, faut le faire. Il mérite une médaille ce gars-là!”

Peut-être que la France lui décernera un jour son fameux poireau (le mérite agricole remis aux professionnels de l’alimentation)…

Je me suis donc rendu rencontrer le “Breton”. Sophie et Thierry Deshayes ont créé Les Fumaisons d’Essaouira après avoir vécu pendant près de vingt ans dans l’Océan indien. Ils importent du saumon de Norvège, moins cher que celui d’Écosse et celui du Canada à cause des taxes. Leur saumon arrive à Essaouira par avion. Et là, ils le fument de façon artisanale avec du bois d’hêtre, du genevrier, du romarin et de l’olivier. J’ai pu goûter le produit: plus gras que le saumon canadien, tranché plus épais et très goûteux.

L’entreprise, qui emploie trois autres personnes, produit environ 30 tonnes de saumon fumé par an, soit pas grand chose par rapport aux géants industriels. “En Bretagne, il y a des usines qui fument 75 tonnes de saumon par jour ! dit-il. Avec leur technologie industrielle, ils fument en deux heures leur poisson alors que moi, ça me prend entre 6 et 7 heures.”

Voici un de ses deux fumoirs:

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Du coup, il vend toute sa production au Maroc, pour les restaurants, les hôtels et les particuliers qui viennent acheter leur poisson fumé directement à l’entreprise située près de la porte Bab Doukkala, en face du vieux cimetière juif, fermé aujourd’hui à cause du shabbat.

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“On ne serait pas compétitifs au niveau du prix si on exportait, continue Thierry Deshayes. Nous, on fait tout à la main, on tranche le saumon à la main, on fait le désarêtage à la main, on surveille la nuit les fumoirs, l’hygrométrie, la température, un travail artisanal qui n’existe plus en Europe ou quasiment. Tout est mécanisé maintenant.”

Thierry et Sophie fument aussi de l’ombrine, un poisson à la chair excellente qu’ils salent pendant 24 heures.

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Ils fument aussi de l’anguille à l’occasion et vendent toutes sortes de produits de poissonnerie qu’ils importent : pétoncles, oeufs de saumon, fruits de mer, tarama, chair de crabe de Thaïlande, hareng fumé français, etc.

“Du hareng fumé avec de l’huile et des pommes vapeur, hummm, que c’est bon !”, dit Thierry Deshayes.

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Pourquoi être venu à Essaouira ? La ville a connu une phase architecturale au XVIIIe siècle très française. C’est en effet à un architecte français, Théodore Cornut, que le sultan de l’époque fit appel. Cornut avait été retenu prisonnier par le sultan et fit les plans de la ville d’Essaouira sur le modèle de…Saint-Malo. Alors Thierry se sent un peu chez lui.

De plus, comme en Bretagne, il y a beaucoup de vent, la mer est froide et l’hygrométrie est intéressante pour faire fumer du poisson, dit-il.

“J’aime cette vie, dit-il. J’ai les mains dans le saumon toute la journée. Ici, à Essaouira, c’est calme, c’est paisible. On est bien. Et financièrement, ça marche bien.”

Les Marocains mangent-ils beaucoup de poisson fumé ? ”Ils en mangent de plus en plus, surtout avec les pubs sur les omega 3″, dit-il, avant d’ajouter que le produit demeure un produit de luxe, hors de portée de la plupart des familles d’Essaouira. Il vend son saumon 310 dirhams le kg, soit 40 $ le kilo, alors que l’ombrine coûte 155 dirhams, soit 20 $ le kilo.

Sinon, la tempête d’avant-hier a fait un disparu à Essaouira, a-t-on appris ce matin. Un surfeur qui pratiquait son sport dans la rade, en face de mon hôtel, a été porté disparu le soir-même. Et hier, on a retrouvé sa planche…

Ce matin, je n’ai vu qu’un surfeur en action, même si le temps était nuageux et pas trop venteux, comme hier. Par contre, des jeunes avaient profité de la marée basse pour se tracer un terrain de soccer sur la plage:

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Je me suis promené en dehors de la médina et j’ai vu cet enfant, pas peureux, assis sur le rebord d’une fenêtre, sa maison étant collée à la vieille muraille de la ville.

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Je me suis aussi promené au marché de légumes où j’ai rencontré une joyeuse équipe, autour d’Ahmed Draïzi, très heureux de jaser avec un “sahafi” (journaliste):

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À côté du marché aux légumes, il y a une demi-douzaine de vendeurs de poules. Pas possible de faire des photos. Ah, des fois, les gens sont mal à l’aise avec les appareils photos. Je n’ai pas insisté. Je ne voulais pas rester trop longtemps de toute façon, je ne vous explique pas l’odeur qu’il y avait dans ce coin du marché…

Puis, j’ai vu un beau dessin fait sur une boîte de fusibles, près de la place Moulay El Hassan:

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Demain, dernier jour à Essaouira avant Marrakech…à bientôt…

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